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Gilets jaunes : perte d'un dixième du PIB français

La crise des Gilets jaunes a eu comme conséquence une perte d'un dixième de point du produit intérieur brut (PIB) de la France, au cours du quatrième trimestre, ce qui conduit, pour l'ensemble de l'année 2018, à une croissance limitée à 1,5%, soit très nettement en dessous des 2,3% pour l'année 2017.

Malgré l'impact du mouvement des Gilets jaunes, la croissance française reste acceptable

Les chiffres présentés par l'Institut national de la statistique (INSEE), et notamment la hausse de 0,3% du PIB entre octobre et décembre, sont moins défavorables que ceux anticipés par les principales entités de prévision, à commencer par la Banque de France, qui avait prédit 0,2% de dégradation. Pour le gouvernement, il s'agit d'une "bonne nouvelle" relative puisque la France a obtenu de meilleurs résultats que son principal partenaire, l'Allemagne, compte tenu des vents défavorables dus à la situation internationale. Pour autant la croissance annuelle a été supérieure à celle de la période 2012-2016. Malgré la détérioration de l'environnement international et l'impact du mouvement des Gilets jaunes, la croissance française reste acceptable, "notre politique donne des résultats", a écrit le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, sur son compte Twitter. Quand les résultats sont très moyens, un très mauvais élève les trouve corrects.

L’impact des Gilets jaunes a surtout été ressenti sur la consommation qui a vraiment reculée au quatrième trimestre, après avoir augmenté de 0,4% au cours des trois mois précédents, avec une baisse de 1,2% des achats de produits manufacturés, après +0,6% au troisième trimestre, et de 0,4% sur l'énergie. "La consommation a été inférieure aux prévisions", a reconnu l'INSEE, qui a déclaré que, en outre, moins de voitures avaient été vendues en raison de la mise en œuvre des nouvelles normes européennes limitant la pollution, et que les coûts énergétiques avaient diminué, en raison d'un mois de décembre relativement plus doux qu'en 2017.

Le ministère de l'économie s'est efforcé d'interpréter ces chiffres pour affirmer que la France retrouve sa compétitivité

Le ministère de l'Économie a estimé que les manifestations des Gilets jaunes pourraient également affecter l'investissement, dont le taux de progression est passé de 1% au troisième trimestre à 0,2% au quatrième. Par ailleurs le secteur extérieur a contribué, pour la période allant d'octobre à décembre, au PIB à hauteur de deux dixièmes de point, grâce notamment aux exportations, dont la progression s’est accélérée, +2,4% après +0,2% au troisième trimestre. En revanche, les importations se sont redressées, +1,6% après un mauvais -0,7%. Les exportation ont progressé principalement dans les secteurs de l'aéronautique et de la marine.

Le ministère de l'économie s'est efforcé d'interpréter ces chiffres pour affirmer que la France retrouve sa compétitivité, en soulignant que l'impact des Gilets jaunes est "beaucoup plus faible" depuis le début de 2019. Les barrages routiers et leurs effets économiques négatifs ont fortement diminué et les manifestations du samedi sont moins mobilisatrices. Par conséquent, bien que les incertitudes de la situation internationale soient importantes, les grands instituts conjoncturels prévoient une croissance maximale de 1,5% en 2019, le gouvernement français maintient son objectif de 1,7% pour l'exercice 2019. L'opposition au gouvernement de Macron considère ce chiffre comme étant sur-évalué, en tablant sur une croissance française de 1,4% maximum.

Sur l'ensemble de 2018, la croissance française de 1,5% est une nouvelle fois due à la demande intérieure

Derrière ce rebond, le gouvernement constate que les Français ont commencé à intégrer les réductions des cotes de salaires appliquées à partir des états de paie d'octobre ainsi que les annonces faites le 10 décembre par le président Emmanuel Macron en faveur du pouvoir d'achat et qui coûtera 12 milliards d'euros au Trésor public. Ces mesures, qui visaient en premier lieu à éteindre le feu allumé par les Gilets jaunes, serviront à stimuler la consommation, principal atout de l’économie française, comparée à une Allemagne beaucoup plus dépendante des marchés extérieurs, soumise maintenant aux tensions commerciales.

Sur l'ensemble de 2018, la croissance française de 1,5% est une nouvelle fois due à la demande intérieure, consommation et investissement. Le commerce extérieur a contribué pour six dixièmes, cinq de plus qu'en 2017, tandis que la variation des stocks baisse de quatre dixièmes.

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