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Musée pour les victimes du terrorisme : une absurdité d'Emmanuel Macron

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Prendre en considération les mémoires de victimes des faits douloureux de notre Histoire nous contraint de ne pas s'astreindre à nommer le nom des auteurs de ces faits. Pourtant, les subterfuges employés aujourd'hui pour ne pas désigner le nom du fléau qui sévit partout dans le monde relève d'une prouesse médiatique d'une criante mauvaise foi.

Il y a trois ans, le 13 novembre 2015, 130 personnes perdaient la vie à l'occasion d'une vague d'attentats à Paris revendiqués par l'État islamique. Ce mardi, des cérémonies d'hommage aux victimes se sont déroulées, sans Emmanuel Macron, qui était absent, une première pour un président de la République. Pour ne plus commémorer ces attentats, ancrés dans la mémoire collective, Macron a eu la solution : la création d'un musée.

Le 19 septembre, à l'Hôtel des Invalides, lors de la 21ème édition de l'Hommage National aux Victimes du Terrorisme, il a annoncé la mise en place d’un certain nombre de mesures, plus ou moins symboliques, comme par exemple la création d’une journée de commémoration en hommage aux victimes de terrorisme. Mais une mesure en particulier a frappé de stupeur l’auditoire. L'annonce de la mise en oeuvre d’un nouveau musée destiné à la commémoration ... d'un conflit en cours.

On touche le fond du déraisonnable

Ce musée a quelque chose de surréaliste. Mettre en chantier un musée mémoriel pour honorer la mémoire des victimes du terrorisme en cours démontre à quel point nous sommes arrivés dans le fatalisme, la soumission et la résignation. On va pouvoir commémorer nos morts des attentats passés tout en préparant les stèles des morts à venir. Une nouvelle forme de mausolée qui permet d'honorer les victimes d'une guerre en cours contre un ennemi à qui on évite de donner un nom et qui vit parmi nous.

On touche le fond du déraisonnable, les abysses du ridicule, le sommet de l'absurdité. Sauvegarder un patrimoine menacé par la disparition des acteurs, par l’avenir incertain de certaines collections, par le danger de voir s’effacer dans notre paysage quotidien les traces de notre Histoire, on comprend et on approuve. Mais visiter un sépulcre en attente de stocks de victimes d'un attentat comme celui du Bataclan ou de Nice, c'est le comble de l'indignité.

Il est plus crucial de combattre le danger terroriste jusqu'à son extinction et avec détermination avant de décider de son entrée dans l’Histoire.

Le refus de dire ce qui cause le terrorisme contemporain partout sur la planète entretient le déni des réalités

Le président affirme qu’il existe un "continuum de l’action terroriste" au fil des années, qui induit une uniformité du terrorisme indifférente aux causes et aux individus qui l’ont mis en œuvre. Les victimes doivent être honorées et chéries mais n'ont pas comme vocation d'écarter la nation de ce qu’elle pourrait vouloir sur le plan des valeurs et des actions à mettre en œuvre.

Courant juillet, un rapport sénatorial alarmant fustigeait "l’inaction coupable des pouvoirs publics". Il en ressort que le danger islamiste n'a pas disparu. Le Sénat a mis en évidence de nombreuses analyses précises et a étayé son rapport de quelques recommandations judicieuses à prendre en considération pour améliorer l’action contre le terrorisme.

Le refus de dire ce qui cause le terrorisme contemporain partout sur la planète entretient le déni des réalités. L'Islam fait peur. Afin de dissoudre les raisons évidentes pour lesquelles le terrorisme peut surgir partout dans nos rues, les actions nationales sont bannis au profit des réactions de victimisation comme principe d'auto-défense. On défile habillé de blanc, une fleur à la main, pour crier "Plus jamais ça". L'ennemi en tremble encore. Le spectacle que donne la "mémorite aiguë" est désolent.

Faire de la mémoire un acte de communication politique est un des moyen inventé pour détourner le peuple des réalités périlleuses au profit des images montrant les peurs, les souffrances, les bons sentiments et les explications "pas d’amalgame" des commentateurs.

Tout en poursuivant le combat contre toutes formes de terrorisme, notre devoir est de faire honneur et rendre hommage aux victimes, de donner un sens à leur mort, plutôt que de les circonscrire et les enclore d’emblée dans le lieu symbolique d’un passé unifié et imaginaire, au musée.

Nous devons refuser l’appropriation et de l’instrumentalisation politiques amplifiées par ce musée-mémorial des victimes du terrorisme. Chaque français s’efforcera de surtout ne jamais y entrer, debout ou couché les pieds devant, spectateur ou figurant.

Soyons persuadés, dans un temps où la déficience mentale plane sur les cerveaux supposés les plus brillants, que ce mausolée sera vite détrôné par une structure encore plus désopilante destinée aux victimes de personnes déséquilibrées dont la particularité est l’attaque au couteau.

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