Inégalités, pauvreté, chômage de masse : le peuple veut reprendre son destin en main

Lors des regroupements autour des ronds-points de France, de nombreux manifestants ont entonné "le pouvoir au peuple", un slogan entendu depuis l’Antiquité grecque et qui rythme de plus en plus les marches de revendication qui s'appuient en général sur le thème de la redistribution des richesses ou la contestation de décisions politiques.

La concentration croissante des fortunes dans quelques mains devient un problème politique car tous les Français constatent que les inégalités se creusent, les travailleurs perdent des revenus au profit d'une classe aristocratique privée et publique fortement favorisée. Une sorte de monarchie républicaine s'est accaparée tous les pouvoirs dans son intérêt.

Pas loin de 2 millions de familles vivent dans une pauvreté extrême

Le fiasco marxiste n'étant pas à rééditer, une autre voie doit être trouvée. La classe populaire, celle des salariés des secteurs privés et publics, des jeunes et des retraités, s'est appropriée 65% du produit social, alors que dans les années 70, les salariés se voyaient attribuer environ 75% du gâteau. Nous avons ainsi assisté à une redistribution des revenus aux bénéfices de 10 points de pourcentage, ce qui ne peut s'expliquer que par un changement progressif du rapport de force en faveur du capital.

L'affaiblissement de l'Union européenne, la réduction constante de l'Etat social, la flexibilité du marché du travail avec la prolifération annexée de contrats précaires et d'emplois à temps partiel et, surtout, le chômage de masse ont mis la classe populaire des travailleurs à genoux, permettant au capital de récupérer les parts de revenus qu'une longue et difficile campagne de luttes pour les salaires avait rapporté.

Pas loin de 2 millions de familles vivent dans une pauvreté extrême et près de 7 millions de familles ont un revenu juste nécessaire pour survivre très difficilement. L'inégalité se constate dans les chiffres qui montrent que les 5% des plus riches détiennent plus de la moitié de la richesse nationale. Que dire alors si la comparaison s’effectue avec le 1% les plus riches qui détiennent un quart de la richesse nationale. Cette inégalité ne fait que s’accroitre, ce qui rend la situation de plus en plus problématique. Les pouvoirs politiques et économiques sont pourtant sensés disposer de tous les outils nécessaires pour lutter contre les inégalités et promouvoir l'équité sociale en redistribuant la richesse.

Le plein emploi doit être un préalable absolu

Le plein emploi est le principal moyen de réduire les inégalités. Un État qui permet à sa population d’avoir un emploi et d'assurer des salaires et des conditions de travail décents, règle de fait le problème de la pauvreté. Mais l’emploi est utilisé par les capitalistes financiarisés pour maintenir de bas salaires en utilisant le chantage du chômage. La recherche du profit impose de mauvaises conditions de travail sans rencontrer d'opposition de masse politique ou sociale. Le plein emploi doit donc être un préalable absolu à toute initiative des pouvoirs.

Le pays est imbriqué, depuis le traitée de Maastricht et le remplacement de sa monnaie nationale par l’euro, dans un contexte institutionnel qui lui interdit d’engager les dépenses publiques nécessaires pour mener une politique adaptée à la promotion du plein emploi. Les contraintes européennes reposent sur le chantage du chômage de masse, utilisé comme une arme pour imposer une polarisation croissante de la richesse.

L’Euro n'a pas été pensé pour le bien de la France

Les règles et les traités européens sont des entraves délibérément établies pour se prémunir et entraver tous changements structurels. Toute proposition réformiste est, par nature, incompatible avec le carcan qu’est devenu l’Union européenne. Le pouvoir est lui-même un terrain de lutte, une zone de conflit social qui, avec les progrès de l'intégration européenne, devient de plus en plus difficile à affronter pour les classes moyennes. L’UE est devenue une sorte d’URSS costumée d’un manteau qui donne une illusion de démocratie grâce aux élections, même si à peine 50% des peuples de l’UE votent.

C’est fondamentalement cette situation de la France, et bien sur de nombreux autres pays européens, qui explique le climat de crispation des classes populaires qui se désespèrent de voir le "bout du tunnel" comme le disait déjà le Premier ministre Raymond Barre il y a un demi siècle. Depuis, tous les responsables politiques n'ont jamais cessé de promettre le retour d’une croissance bienfaitrice, le plein-emploi ou au moins une baisse significative du chômage.

Il devient urgent d'agir dans l’intérêt du peuple

L’euro n'a pas été pensé pour le bien de la France mais pour déprécier le Deutschemark et permettre à l’économie allemande basée sur l’exportation, d’intégrer l’Allemagne de l’Est et de dominer l'Europe grâce à la sous-traitance à bas coût dans les pays de l'Est. Il s’avère de plus en plus certain que la France ferait mieux sans euro et certainement sans UE.

Face à l’impasse imposée par les traités européens, à la cherté d’un Euro-Deutschemark dominateur et à la démocratie d'opinion gonflée par les sondages, une démocratie participative doit s'inventer où les citoyens et les mouvements sociaux pourront prendre leur part. Le mouvement des Gilets jaunes a indiqué un chemin à suivre, en demandant que les citoyens pèsent réellement dans les prises de décision. Si la politique retrouvait sa crédibilité, elle pourrait retrouver grâce aux yeux des Français, gagner plus de poids face aux forces du marché et aux pesanteurs bureaucratiques. L'Etat étant figé par un statu quo intenable, plus que jamais, il devient urgent d'agir dans l’intérêt du peuple avant qu’il ne reprenne la Bastille.

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