Les territoires abandonnés par l'Etat ébranlent la France

Les citoyens des zones dites périphériques, ceux des territoires ruraux et les habitants des villes ont été dissociés. En ce début du troisième millénaire, face aux dérives de la mondialisation débridée, les bases de la citoyenneté politique et des nouvelles conditions de vie de chaque citoyen sont ébranlés.

PUB ARTICLE - LE FORUM

La satisfaction de témoigner
et de convaincre.

Avec le Baby Boom qui suivit la fin Seconde guerre mondiale, les cités de banlieue ont été créées pour permettre à une population ouvrière de bénéficier de logement à loyer modéré situé près de sites industriels où le besoin en main d'oeuvre était très fort. Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, la nécessité de loger le million de Français qui fuyaient la colonie française d’Afrique du Nord, a imposé au gouvernement du Président Charles de Gaulle l’urbanisation de milliers d'hectares de zones agricoles récupérés autour des grandes villes françaises. Puis, à partir des années 1970, les conséquences de la mondialisation de l’ère libérale, a commencé à faire son œuvre socialement dévastatrice et les usines ont peu à peu fermé leur porte, en initiant la désindustrialisation de la France et la période du chômage de masse toujours d’actualité 50 ans après.

Ces zones périphériques n’avaient pas vocation à être résumées à un environnement hostile et uniquement destinées aux classes inférieures. Mais la montée de l’immigration, organisée par une Union européenne libérale et permise par l’effacement des frontières, a profondément modifié les structures sociales, culturelles, cultuelles et ethniques de toutes les zones périphériques de France, pour aujourd’hui offrir un terrain propice à toutes les dérives. Produits d'une relation antagoniste, ces zones de non-droit n'existent quasiment plus en tant que volonté politique et sociale, mais en tant que sujet antagoniste et champ de bataille. En l’absence de volonté politique, l’anomie, la solitude, la désintégration, la colère aveugle prévalent souvent au profit de mécènes religieux fanatisés.

Dans les villes, il est inutile de rechercher les quartiers où vivaient autrefois une population ouvrière et artisanale. Aujourd'hui, l'État se limite à garantir l'installation et le fonctionnement de plateformes numériques et logistiques qui nécessitent un tissu urbain capable de faciliter la mobilité des biens et des personnes et d'attirer des capitaux. Le développement des métropoles, laissées depuis quarante ans à la rationalité du privé, a produit un tissu urbain interdit aux classes moyennes, même si quelques zones d'abandon et de désolation persistent.

L’État-providence se dissout au fur et à mesure que la mondialisation se renforce

Les différents espaces de vie sont désormais liés à des processus soit de concentration, soit de marginalisation et d'exclusion selon le niveau social des individus. L'organisation de l'espace urbain est caractérisée par la multiplication de barrières économiques, culturelles et sociales qui confinent ses habitants.

Loin des villes, le retrait de l’Etat des territoires ruraux n’implique pas sa disparition, mais son éloignement progressif des champs d'intervention publique. L’État-providence se dissout au fur et à mesure que la mondialisation se renforce. Les renoncements successifs, qu’ils soient de naissances idéologiques ou dues à une incompétence contagieuse des classes dirigeantes, ont forgé le glaive brandi par une population au bord de l’affrontement.

Les confrontations et parfois les émeutes se succèdent, tantôt dans les quartiers "difficiles", ou au long des boulevards chaque samedi, ou encore lors de marches corporatistes des personnels de la santé, des policiers, des pompiers, des cheminots, etc. Le climat social est tendu, les crispations populaires plus fortes, les désespérances plus profondes, le danger plus grand.

Les territoires abandonnés risquent d’être un jour transformés en territoires indépendants

Tout cela coïncide avec la crise de la légitimité politique des pouvoirs, en particuliers nationaux. Les territoires abandonnés par l'État, et déjà gouvernés par des pouvoirs criminels ou religieux, risquent d’être un jour transformés en territoires indépendants. François Hollande a consterné des millions de Français en avouant qu'une cession de territoires était possible. Dans le livre Inch'allah : l'islamisation à visage découvert, des deux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme, l'ex Président français a indiqué que "la partition" était "en train de se produire".

Les territoires incontrôlés pourraient devenir des terres d'autonomies d'insurgés, selon une forme politique qui rompt avec les fondements étatiques, avec l'abstraction de la citoyenneté qui incarne encore le caractère profond de l'appartenance territoriale. Il est cependant peu probable qu’une confrontation frontale soit possible, mais une belligérance permanente des potentielles autonomies visant à déconstruire les rigidités de l’Etat est déjà en cours.

Emmanuel Macron, élu essentiellement par les médias et les forces financiarisées, emprisonne le peuple dans la résignation et l’impuissance, emballées dans des paroles incapables de créer un imaginaire susceptible d’entraîner une issue crédible à la barbarie naissante dans de nombreux territoire perdus de France.

Consulter le livre Inch'allah

Devenez auteur, devenez weborateur !
Connectez-vous et proposez vos articles à la rédaction. Ils pourront être publiés dans le Journal.

Commentaires (0)

Proposer un article
Aucun commentaire publié pour l'instant. Soyez le premier !