Réforme des retraites : Macron ne convainc toujours pas

Emmanuel Macron affirme que le principal enjeu du nouveau système de retraite français se résume à la lutte contre les inégalités sociales. Une réforme synonyme de progrès et de justice sociale ... qu'il tente d'imposer par la force. Tout ne se passe pas comme il souhaite, bien au contraire.

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La satisfaction de témoigner
et de convaincre.

Lorsque le gouvernement français a annoncé cette réforme, qui est en fait un changement total de système, les syndicats ont de suite pris une attitude défensive, persuadés qu’il s’agit d’une volonté de faire des économies sur le dos des retraités et donc d’une régression sociale. En fait, les Français ne font pas confiance à leur dirigeant.

Le gouvernement prend le risque de créer de nouvelles inégalités

C’est au nom de l'égalité et de la suppression d’avantages importants, octroyés depuis des dizaines d’années à certaines professions, que le gouvernement prend le risque de créer de nouvelles inégalités, un sentiment de mépris et beaucoup de frustration. Les Français sont majoritaires à penser que Macron est le Président des riches et qu’il est plus concerné par la sauvegarde des privilèges de la classe supérieure que par les dégâts occasionnés à la partie la plus démunie du peuple par sa politique mondialiste.

La démagogie et l’obscurité des propos prononcés par les courtisans de Jupiter montrent clairement la faiblesse de leurs arguments. La mise en scène est trop évidente, les dialogues sont médiocres, le scénario ne crée qu’incrédulité et méfiance générale, par ailleurs déjà profondément enracinée en raison de la politique menée. Les Français savent que le système à points tel qu’il est proposé pour le calcul des pensions a doublé en Suède en niveau de pauvreté des personnes âgées.

Le système ne nécessite pas une révolution aussi dangereuse

Même s’il reste à revoir à la hausse le niveau de pension des personnes les plus pauvres, les conditions françaises concernant le système de retraite actuel sont les meilleures en Europe, et les travailleurs français n'ont pas vraiment à se plaindre des règles appliquées pour le départ à la retraite et du niveau des pensions. Bien sûr le système doit s’adapter en fonction des fluctuations économiques et démographiques, mais il ne nécessite pas une révolution aussi dangereuse pour la paix civile.

La France consacre une proportion élevée de son produit intérieur brut (14%) au financement de la retraite, et l'âge légal de départ des droits pleins à la retraite est de 62 ans. Les secteurs publics, comme celui des chemins de fer, de la police, des salariés des transports métropolitains, des fonctionnaires de l’éducation et de l’Etat bénéficient d’avantages supérieurs pour leurs salariés que ceux du secteur privé. Ce sont des réalisations sociales obtenues lors de décennies de luttes des mouvements ouvriers, mais aussi en raison de la démagogie d’élus désireux de gagner ou de conserver leur place assise dans les fauteuils confortables que leur donne le pouvoir.

Mais la question la plus importante n’est-elle pas celle de la raison avancée, par un Président qui se déclare progressiste, d’un retour en arrière des conditions sociales ? Pourquoi les travailleurs devraient-ils accepter et sacrifier leurs avantages, ou plutôt leurs droits, pour satisfaire la logique comptable néolibérale de réduction des coûts ? Certes les gens vivent plus longtemps à notre époque mais en réalité c’est d’abord la classe privilégiée qui vit plus longtemps et beaucoup moins les travailleurs. Ces derniers, qui reçoivent une pension représentant à peine plus de la moitié de leur dernier salaire, ont une espérance de vie bien plus courte. Les inégalités sociales risquent de s'aggraver avec le système par points, comme l’a rappelé l'ancien Premier ministre de droite François Fillon : "Le système de points ne permet vraiment qu'une chose, mais aucun politicien ne veut l'admettre : baisser la valeur des points chaque année et donc le niveau des retraites".

Le fait que la plupart des voisins en Espagne, en Italie ou en Allemagne soient moins défavorisés n’est pas,une raison suffisante et acceptable pour les syndicats français. Même s’ils sont prêts à corriger certains défauts du système actuel, ils refusent d'accepter une nouvelle détérioration et encore moins de participer à un changement radical du système actuel. Il est maintenant évident pour la plupart des français que le projet Macron aurait immanquablement des conséquences négatives pour presque toutes les personnes concernées, en particulier les jeunes générations.

Vouloir s’aligner aux demandes de l’UE, qui se justifie toujours par la référence fataliste à la concurrence internationale, sur un niveau inférieur de sécurité indique une fois de plus le chemin imposé par les européistes. La résistance à des coupes sociales progressives doit indiquer une sortie de la spirale infernale du dumping social en Europe.

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