Comment la Banque centrale européenne amplifie les inégalités

La politique choisie par la BCE consiste à appliquer l’octroi d’argent aux banques moyennant des taux d'intérêt nuls. Cette pratique perdure depuis plusieurs années, alors qu'elle provoque des inégalités croissantes dans la société.

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L'objectif officiel peut apparaître louable car il s'agit d’éviter que l’écart entre les classes populaires et les classes aisées ne s’accroît sans cesse davantage, en permettant aux gouvernements d'intervenir pour contenir les écarts existants déjà très importants.

Cette politique de la BCE a ravivé les éternels débats entre ceux qui considèrent ses conséquences comme essentielles pour sauvegarder la zone euro et ceux qui l'accuse d’être responsable de la dépossession des épargnants européens.

Historiquement le plus bas jamais appliqué, le taux d'intérêt à 0% offert au marché des capitaux est permis par le vieillissement de la société qui entraîne une baisse de l'activité d'investissement et par la numérisation dont les modèles économiques nécessitent peu de capital. Ces deux conditions réunies de notre période actuelle permettent le développement des activités d'épargne, ce qui contribue à la baisse des taux d'intérêt sur le marché des capitaux en Europe et par ricocher dans le monde entier.

La BCE a contribué à accroître les inégalités dans la répartition des richesses

Dans le cadre de la gestion monétaire la BCE, l’Union européenne peut être tenue responsable des effets négatifs de cette politique qui affectent non seulement les marchés financiers mais aussi toute la société. Parmi les conséquences négatives, le problème le plus urgent est la redistribution de crédits, pour satisfaire au bien-être, liée à l'offre excessive de liquidités pratiquée par la BCE.

Même si l'érosion de l’épargne redoutée des épargnants est amplifiée par des taux de dépôt partiellement négatifs, il est certain que personne n'est contraint de laisser son argent sur des comptes bancaires au lieu de l’investir dans l’économie. Les actifs des épargnants restent stables alors que ceux qui possèdent des actifs financiers et des biens immobiliers bénéficient d’une plus-value notable.

En parallèle, les taux d’intérêts nationaux au sein de l'UE empêchent le secteur bancaire européen de se solidifier et de retrouver ses fondements initiaux. Certaines banques européennes ont pris le parti de ne transformer que partiellement les distributions de liquidité de la BCE en une augmentation de prêts à leurs clients, préférant utiliser une partie importante de la manne européenne en inondant les marchés des capitaux, ce qui provoque une inflation des actifs.

La BCE dévalue les salaires, les revenus et les actifs des citoyens

En France, la richesse des ménages les plus aisés et les bénéfices des grandes entreprises ont augmenté au cours des dernières années, alors qu’elle est toujours plus inégalement répartie, les riches propriétaires bénéficiant largement de taux bas. La politique de la BCE a ainsi contribué à accroître les inégalités dans la répartition des richesses. Les dérives de cette situation ne pourront pas être annulées par un retour à une politique monétaire normalisée.

La suppression de l’impôt sur la fortune au profit d’un impôt sur l’immobilier est une intervention directe dans la répartition des richesses entre propriétaires et locataires. La prochaine étape sera l'introduction de la taxe européenne sur les transactions financières, qui se propage depuis longtemps et de nouvelles mesures sont inévitables si l'on veut contenir les problèmes sociaux liés à la répartition inégale des richesses.

La politique de taux bas est aussi un frein au changement structurel des entreprises en raison de l'avantage de financement accordé par la banque centrale. Outre les effets sociétaux directs, ceux qui surviennent dans le secteur des entreprises ne doivent pas être ignorés. En fait l'utilisation du capital est devenue plus attrayante par rapport au travail du point de vue de l'entreprise. La BCE dévalue les salaires, les revenus et les actifs des citoyens en imprimant de l'argent en permanence afin d'acheter des obligations sans valeur aux États en faillite.

De plus, la politique d’Emmanuel Macron a fortement favorisé les entreprises mais ne répond pas au problème de distribution qui nécessite des mesures drastiques qui pourraient rencontrer un large consensus parmi la population. Macron ne peut pas aller contre sa logique économique appliquée depuis deux ans et demi. Et ce n’est pas l'introduction d’une taxe européenne sur les transactions financières qui pourra changer quoi que ce soit, d’autant plus qu’elle est actuellement au bord du précipice. Le consensus européen, à ce sujet comme dans de nombreux autres cas, est un fantasme.

Les politiques de taux d'intérêt bas peuvent aussi coûter de nombreux vrais emplois, ce qui peut faire réellement chuter le taux de chômage. Cela ne touchera malheureusement pas les emplois précaires, qui suivent la logique de l'ubérisation du travail. Une intervention gouvernementale drastique dans notre système économique sera nécessaire et la phase de taux d'intérêt bas risque de se révéler être un prologue à de profonds changements systémiques.

C’est chaque État qui devrait assumer le rôle primordial dans la politique monétaire en créant directement de l'argent et en investissant jusqu'à ce que le plein emploi soit atteint, mais cela est impossible sous le carcan de l’UE. Cela est d'autant plus menaçant que la crise de la dette européenne est due à une dette publique excessive.

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