L'UE ne peut se permettre une nouvelle décennie de crise et d'indécision

L'Union européenne doit impérativement construire un avenir durable reposant sur quatre piliers : un programme ambitieux, une focalisation sur les résultats, une réforme des institutions de l'UE et un regain d'intérêt pour les valeurs européennes.

L'Union européenne a passé une grande partie de la décennie à gérer des crises et a du se sortir en 2008 d'une vraie menace pour son existence. Les réactions populaires et hostiles à l'égard de l'UE se sont accrues depuis les dernières élections de 2014. Les citoyens européens ont été généralement favorables aux deux premières vagues d'intégration européenne des années 1950 et 1980. Aujourd'hui, ils critiquent de plus en plus le système européen qu'ils considèrent bureaucratique opaque et loin de leur préoccupation.

Aujourd'hui, le nouveau besoin d'une vision à long terme est primordial, les objectifs et les raisons d'être de l'Union Européenne doivent être redéfinis. L'UE ne peut se permettre la répétition d'une nouvelle décennie de gestion de crise et d'indécision, mais doit construire un avenir durable reposant sur un agenda politique ambitieux, une détermination à se focaliser sur les résultats, une révision des institutions et un éclaircissement des intérêts pour les valeurs européennes.

L'UE doit arrêter de fermer les yeux sur le défi de l'immigration

La réalisation d'un programme clair et compréhensible qui vise à améliorer la qualité de la vie en Europe, à donner plus de sécurité aux citoyens, à favoriser le bien commun, à stimuler l'innovation et à renforcer la résilience de l'Europe, est la condition obligée pour que l'Union Européenne ne dissolve pas. L'UE est capable de développer une vision à la fois audacieuse et réaliste qui permette de retrouver l'adhésion de ses citoyens.

Le plan de réalisation de l'agenda politique de l'UE pour la prochaine décennie doivent aussi inclure des défis mondiaux tels que les objectifs de développement durable des Nations unies, le changement climatique et l' économie circulaire. Il est également impératif que l'Europe se concentre aussi sur l’économie numérique, y compris dans ses implications pour la création d’emplois et le règlement des inégalités. L'UE doit arrêter de se fermer les yeux sur le défi de l'immigration et s'attaquer à ce problème en particulier face aux turbulences et à la démographie exponentielle en Afrique et au Moyen-Orient.

Tous les choix politiques doivent reposer sur une assisse financière sérieuse

Grâce à ses connaissances et ses traditions des économiques de marché, à ses pratiques du social et à son engagement en faveur de la solidarité et de l'engagement, l'UE peut et doit exceller dans tous les domaines. Pour réaliser le potentiel acquis, l'UE et ses différents États membres ont besoin d’objectifs politiques clairs. Les institutions fondées sur la connaissance, telles que les universités et les centres de recherche, doivent être mieux travailler ensemble et partager des projets. Des progrès dans les politiques éducatives et la recherche d'une plus grande coopération avec les organisations de la société civile sont nécessaires.

L'UE doit mettre l'accent sur la réalisation d'objectifs spécifiques et de résultats visibles, ainsi que sur une plus grande mesurabilité et une plus grande responsabilité. Le projet européen doit être visible et compris pour sa propre crédibilité. Une grande partie du reste du monde fonctionne de la sorte et l'Europe ne peut pas se permettre de traîner en restant le mammouth grassouillet qu'il est aujourd'hui.

L'UE est une communauté soutenue par des valeurs

Chaque État membre se doit d'appliquer scrupuleusement les règles européennes existantes de manière stricte et intègre, assorties de sanctions véritables en cas de non-respect. Tous les choix politiques doivent reposer sur une assisse financière sérieuse et correctement définie, adaptée à une utilisation appropriée, efficace et vérifiable. Les ressources et un réexamen des priorités en matière de dépenses doivent être mises en place. Le principe de subsidiarité, selon lequel les décisions politiques sont prises au niveau de gouvernement le plus approprié, doit être respecté.

L'UE doit aussi prendre des décisions difficiles concernant ses institutions. Le rôle et l'importance du Conseil européen qui repose sur les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres, doit être la seule entité décisionnelle compte tenu de la nécessité d'engager les États membres, de faire respecter les accords et de renforcer la capacité d'agir.

L'UE est une communauté soutenue par des valeurs qui ont donné l’élan nécessaire à l’intégration et à la coopération et dont le pouvoir n’a pas diminué au XXIe siècle. La paix, la démocratie, la liberté, la solidarité, l'égalité, la justice, le respect des droits de l'homme et de la prééminence du droit sont aussi importants aujourd'hui qu'ils l'étaient dans les premières années de l'UE.

L'UE doit repenser ses valeurs pour une nouvelle ère de changements. Après une décennie difficile, l'UE peut commencer à s'éloigner de la gestion de crise et à revenir à la réalisation d'objectifs à long terme. Et les citoyens auraient alors une bonne raison de se sentir à nouveau en Europe. Sinon, il est fort à parier, qu'elle implosera sous les coups des citoyens fatigués.

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L'UE doit aussi prendre des décisions difficiles concernant ses institutions. Le rôle et l'importance du Conseil européen qui repose sur les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres, doit être la seule entité décisionnelle compte tenu de la nécessité d'engager les États membres, de faire respecter les accords et de renforcer la capacité d'agir.

Arnaud Borriello
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