Les supermarchés de plus en plus riches, les paysans de plus en plus pauvres

Selon l'Insee, l'inflation en France devrait être de retour en France en 2018. La hausse des prix devrait atteindre 1,8% cette année. Partout, la puissance d'achat de la distribution exacerbe une pression permanente sur les prix.

Oxfam, une association de développement qui lutte contre les injustices et la pauvreté, dénonce cette situation : "Cette tendance a contribué au recul des prix payés aux paysans et producteurs qui recouvrent à peine le coût de production". De plus en plus d'entre eux se voient contraints d'abandonner leurs terres ou d'accepter des travaux précaires dans de grandes plantations. Certains connaissent la faim alors qu'ils produisent de la nourriture.

Entre 1996 et 1998, les producteurs, qui touchaient 8,8% du prix d'un panier modèle, en recevaient 6,5% en 2015, soit une diminution de 2.3%. La grande distribution à vu sa part gonfler à 48,3% du prix final contre 43,5% vingt ans plus tôt. Pourtant, pour favoriser un partage équitable de la valeur, Oxfam préconise la fixation, par les pouvoirs publics pour les produits agricoles de base, d'un prix minimum. Selon eux :

"Il est tout à fait possible que les paysans et travailleurs gagnent un revenu minimum vital... Il suffirait d'investissements minimes"

Les prix agricoles ont augmenté en 2017, mais les agriculteurs n'en ont pas forcément profité. Ce sont les prix sur les marchés mondiaux qui ont augmenté de 3%, mais sans toujours suffire à couvrir les coûts de production des agriculteurs français.Du champ au rayon des supermarchés, les prix agricoles se portent légèrement mieux. Après trois ans de baisse ou de stagnation, ils ont augmenté l'an dernier de 3%. Dans le détail, le prix du lait remonte, après des années difficiles (+13%), le prix du porc aussi (+6%). À l'inverse, celui des légumes baisse de 7%. Paradoxalement, la hausse des prix ne profite pas aux agriculteurs. Partout en France, beaucoup éleveurs, n'arrivent pas à vendre au prix qui permettrait de couvrir les coûts de production. Par exemple, pour 1 kilo de bœuf, le coût de production est de 2,49 €, le prix de vente, 1,85 €. Il manque donc en moyenne 64 centimes aux éleveurs bovins.

Alors à qui profite la hausse des prix agricoles ?

Oxfam France est membre de la confédération internationale Oxfam, un réseau de 20 organisations de solidarité internationale qui travaillent ensemble dans plus de 90 pays pour trouver des solutions durables à la pauvreté.

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