Les Français n'acceptent plus d'être des vaches à lait

Taxes, contributions, impôts, charges, TVA, amendes, tarifs imposés excessifs, le racket des citoyens dociles pris en otages bat son plein. La colère des vaches à lait en gilet jaune se transforme en manifestations de masse, pour l'instant dans le calme, en revendication de rues, en blocage de routes, de rond-points et de ponts.

Interrogés sur l'A13 entre Paris et Rouen, les automobilistes n'y vont pas de main morte pour dénoncer les prix taxés dont ils doivent s'acquitter à chaque péage, à chaque plein de carburant, à chaque seconde passée devant sa télé pour financer la télévision publique, porte-parole du pouvoir. Bref, ils payent pour tout et tout le temps.

1057 milliards d'euros en 2018

"Ça ne cesse d'augmenter", s'insurge un homme d'une cinquantaine d'années, revêtu d'un gilet jaune, marchant à pas lents, avec ses compères d'un jour, autour d'un carrefour afin de ralentir la circulation. Il se demande jusqu'où l'État poussera le bouchon. Chaque euro supplémentaire pris dans sa poche se ressent en fin de mois, tant son pouvoir d'achat a diminué depuis 20 ans. Il entend souvent les spécialistes ou journalistes des médias vanter la hausse du pouvoir d'achat. Son compte en banque est témoin qu'il s'agit de mensonges et de manipulations, les deux mamelles de l'information officielle.

En 1998, une baguette de pain coûtait 0,61 € et en 2018, elle coûte 0.89 €, soit une augmentation de 46%. Sur la même période, le SMIC brut est passé de 1036 € à 1445 € soit une augmentation de 39,4%. De plus, les prélèvements obligatoires ont progressé, toujours sur la même période, d'environ 5%. La perte de pouvoir est de 10% sur 20 ans pour les actifs et de 16% pour les retraités. (1)

Le montant des prélèvements obligatoires dépasse 1038 milliards d'euros, un record. La part des impôts et de différentes taxes auxquels ont été soumis les Français en 2017 représente 45,3% du PIB, selon un rapport parlementaire sur le projet de budget 2019. C'est un record dont le contribuable français se serait bien passé. C'est 43,3 milliards de plus que la somme atteinte en 2016 (994,7 milliards), 59,6 milliards de plus qu'en 2015 (978,4 milliards) et surtout 368,5 milliards de plus qu'en 2002.

Dans le détail, les cotisations sociales représentent 37% des prélèvements obligatoires, soit 384,5 milliards d'euros, et les impôts 63%, soit 653,5 milliards d'euros. Six prélèvements ont représenté à eux seuls deux tiers de la fiscalité globale recouvrée par l'État. Pour un total de 440 milliards d'euros répartis ainsi :

  • TVA (152,4 milliards d'euros),
  • CSG-CRDS (106,9 milliards d'euros),
  • Impôt sur le revenu (73 milliards d'euros),
  • Impôt sur les sociétés (35,7 milliards d'euros),
  • Taxe foncière (34 milliards d'euros),
  • Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (17,2 milliards d'euros).
Les gilets jaunes ont de beaux jours devant eux

En 2018, de nouvelles hausses ont touché au portefeuilles des Français, comme la hausse de la CSG et de la fiscalité énergétique, la TVA sur les bailleurs sociaux ou la hausse de la fiscalité appliquée au tabac. La quantité d'impôts et cotisations récoltée par l'État, les collectivités et la sécurité sociale devrait continuer à augmenter en valeur, pour atteindre 1057 milliards d'euros en 2018.

De la même manière pour 2019, les prélèvements devraient, peut-être, baisser par rapport au PIB (44,2%) mais progresseront, c'est sûr, pour atteindre 1070 milliards d'euros. De plus, le 14 novembre, lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale, le Sénat a voté la hausse de 40% de la contribution exceptionnelle des mutuelles pour l’année 2019. Cette hausse représente un coût de plus d’1 milliard d’euros pour les complémentaires. C’est une autre taxe qui vampirise un peu plus les assurés. Les gilets jaunes ont de beaux jours devant eux.

(1) RAPPORT PARTICULIER n°5 : LES PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES SUR LE CAPITAL DES MÉNAGES

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