Inflation et salaires : l'Union européenne manipule la justice sociale

Les différents gouvernements ont docilement appliqué les consignes d’une Union européenne dont l'objectif d'affaiblissement des salaires, facilité par le niveau de chômage très élevé, a été largement atteint. Cette politique mondialiste est en cohérence avec la pratique de la flexibilité du marché du travail.

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Dans l’espace européen, il n'y a pas de place pour une politique de stimulation de la demande nationale. Le recours à la dette publique est fortement entravé par les traités. Les augmentations de salaires, sous peine de perte de la compétitivité, sont peu appréciées. Par contre, les partisans de l'austérité sont reconnaissants envers les dirigeants européens, pour leur aide aux exportations facilitées précisément par une politique de déflation salariale, ce qui permet d’augmenter les bénéfices et maintient la compétitivité.

Aucun moyen de modifier la répartition des revenus en faveur des salaires

L'inflation, qui a tourné autours de 1 à 1,5% au cours des deux dernières années, est une manifestation du conflit existant entre les salariés et les entreprises des Etats membres de la méga structure bruxelloise. Le concept pernicieux de NAIRU (Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment) a été développé pour se traduire par un taux de chômage non impacté par l'inflation, ni par un taux de croissance des salaires. En clair, il y aurait un certain niveau de taux de chômage en dessous duquel des pressions inflationnistes ou salariales se produiraient. Le NAIRU est donc loin d'être un taux de chômage bas et proche du plein emploi. C'est plutôt ce taux de chômage qui est utile pour dompter les revendications salariales, afin que les employés ne demandent pas d'augmentations de salaires.

Si une politique progressiste tentait de réduire le chômage en stimulant la demande globale, dès qu'elle franchirait la barrière du NAIRU, une spirale inflationniste se déclencherait mécaniquement. Les capitalistes, en effet, pour défendre leurs profits, réagiraient avec des hausses de prix. Des hausses de prix qui, compensant la hausse des salaires nominaux, ramèneraient les salaires réels au niveau précédent, ainsi que l'emploi. Dans ce contexte, il n'y a aucun moyen de modifier la répartition des revenus en faveur des salaires.

En dehors du paradigme dominant de l'équilibre du marché, il est possible d'expliquer que l'inflation est le résultat d'un conflit, mais que la lutte contre le chômage, c'est-à-dire les politiques de plein emploi, fait également partie de ce conflit. En fait, compte tenu de l'excédent produit par l'économie, les salariés et les capitalistes rivalisent dans un bras de fer prolongé pour le diviser. L'inflation est le symptôme de cette lutte acharnée, c'est-à-dire d'un conflit dans lequel chacune des deux parties essaie de saisir une part plus élevée des excédents, certains en contractant un salaire nominal croissant, d'autres en augmentant les prix à la consommation.

Le monde s’enrichit sans produire

Ce que les bulletins des banques centrales, les recommandations du Fonds monétaire international ou les interventions des différents réactionnaires de garde voudraient passer comme choix technique obligatoire pour empêcher le déclenchement d'une spirale inflationniste apparaît en réalité comme quelque chose de totalement différent. En effet, il s'agit d'une manifestation concrète d'intérêts de classe bien connus, habillés artificiellement et mensongèrement à la place de la science, pour enlever le terrain aux mouvements qui demandent la redistribution des richesses et la justice sociale.

La structure institutionnelle européenne représente le visage le plus avancé du libéralisme qui entend opposer les classes moyennes à l'échelle mondiale. Il est possible de comprendre comment la théorie dominante arme faussement cette situation factuelle.

Pour la première fois de l’histoire et par la seule magie du banquier, le monde s’enrichit sans produire. La stratégie est beaucoup moins généreuse qu’il n’y paraît car cette formidable richesse donne aux financiers les moyens de ravir une partie du pouvoir aux industriels et de peser sur la politique financière des Etats. Dans la foulée, on se dote d’un organisme distributeur qui consent des prêts à long terme aux institutions publiques et aux entreprises privées. La Banque Centrale Européenne est ainsi le confessionnal de l’Europe. Etats et Industries dépendent des banquiers mondialistes.

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