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L'économie française est toujours en état de coma idyllique

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La situation financière de la France, définie à la fois par le PIB, le déficit budgétaire et la situation économique exprimée par la balance commerciale, reflète la réalité exécrable d'un pays qui fut, il n'y a pas si longtemps que cela, la troisième puissance économique du monde. Les résultats médiocres des gouvernements successifs depuis les années 80 devraient empêcher les dirigeants français de prendre des vacances, voire même de dormir.

Depuis ce jour du 10 mai 1981, la France a vu défiler 14 ans de gestion socialiste et calamiteuse d'un Président Pharaon, adulé par une élite gauchiste e bourgeoise, puis 12 ans d'un Président digne de Pépin le Bref, le roi fainéant, soi-disant de droite mais conduisant une politique de gauche, suivi par un Président qui devait tout casser et qui, finalement, s'est cassé les dents sur une affaire libyenne montée de toute pièce, suivi à son tour par le fonctionnaire Président normal qui se demandait chaque jour ce qu'il faisait assis sur le fauteuil du général de Gaulle. Toutes ces années ont tracé la route d'une lente mais irrésistible descente de la puissance française dans le classement des grandes puissances du monde.

Charles de Gaulle a mis en place une politique économique de dirigisme

Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de centre-gauche de Charles de Gaulle a mis en place une politique économique de dirigisme tout en reconstruisant le pays. L'État a pris alors le contrôle de certaines industries clés, notamment les transports, l'énergie et les communications, et a créé un organisme de planification chargé de réglementer l'activité économique. Le premier plan de développement économique national de Jean Monnet et les plans ultérieurs sont devenus un trait distinctif de la politique économique de la France d'après-guerre. Après la fin de la guerre, le projet de reconstruction proposé par Monnet, et adopté par Charles de Gaulle au début de l'année 1946, fut proposé pour donner à la France le contrôle sur les zones de production de charbon et d'acier allemand, afin d'utiliser ces ressources pour amener le pays à 150% de la production industrielle d'avant-guerre.

De Gaulle a alors entamé la construction d'un État social en France et mis en place des institutions essentielles, telles que la Sécurité sociale et les comités d'entreprise, toujours en place aujourd'hui. La stratégie économique de la France après la guerre s’est avérée fructueuse : elle est entrée dans "Les Trente Glorieuses", une période de croissance économique accélérée, caractérisée par des gains élevés de productivité, de PIB et de salaires réels.

En 1983, l'endettement public créée par le pouvoir socialiste hors sol de François Mitterand, les pressions inflationnistes et les déséquilibres internes et externes, ont amené le gouvernement français à passer du "dirigisme" à "la rigueur", c'est-à-dire à faire entrer la France dans une époque de privatisation.

L'activité économique devrait ralentir cette année

Concernant la période plus récente, dès 2005 les premiers effets déflationnistes qui ont suivi la réforme du marché du travail en Allemagne ont instauré l’ère des mini-jobs aux mini-salaires, au point de concerner aujourd'hui une population de 8 millions de personnes. En 2005, la position financière extérieure de la France était de -34 milliards d’euros. Entre 2000 et 2017, les engagements commerciaux cumulés de la France par rapport à l'Allemagne ont atteint la somme de 521 milliards d'euros. Déjà en 2008, au moment de la pire crise financière mondiale depuis celle des années 1920, le passif s'élevait à -368 milliards, augmentant progressivement pour atteindre -440 milliards d'euros en 2018, soit 32% du PIB. Avec l'arrivée du jeune Président de 39 ans, les Français ont espéré trouver une sorte de Président à la Kennedy, un Reagan de gauche, un dynamiteur de progrès.

Dernièrement, les mesures fiscales annoncées en avril semblent avoir eu un impact négatif sur l'économie au deuxième trimestre. Sur le plan intérieur, la confiance des consommateurs et les dépenses des ménages auraient dû tirer l'économie vers le haut. Dans le même temps, le climat des affaires aurait dû soutenir les investissements, bien que les faiblesses industrielles de la zone euro et la menace imminente des tarifs américains aient probablement fait des victimes. Sur le plan extérieur, malgré une demande régionale atone, le déficit commercial a diminué en mai. En politique, le 11 juillet, l'Assemblée nationale a approuvé une taxe de 3% sur les ventes des plus grandes entreprises numériques opérant dans le pays, les fameuses GAFA. Le 18 juillet, Emmanuel Macron a présenté sa réforme des retraites, qui propose de relever l'âge de la retraite à 64 ans d'ici 2025.

L'activité économique devrait ralentir cette année, avec les vents contraires dans la zone euro, les querelles commerciales et les angoisses prolongées liées au Brexit qui pèsent sur le secteur extérieur. Sur le plan intérieur, toutefois, l'accélération des dépenses des ménages, renforcée par les mesures de relance budgétaire du gouvernement, devrait plus que compenser le ralentissement des investissements. Les dérapages budgétaires demeurent toutefois une source de préoccupation. Certains analystes tablent sur une croissance de 1,3% cette année, inchangée par rapport aux prévisions du mois dernier, et de 1,3% encore l’année prochaine.

Le partenaire commercial le plus proche de la France est toujours l'Allemagne

L’économie française reste la cinquième plus importante au monde et représente environ un cinquième du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro. Actuellement, ce sont les activités de services qui contribue le plus à l'économie du pays, plus de 70% du PIB provient de ce secteur. Le secteur manufacturier demeure pour l'instant l’un des leaders mondiaux des secteurs de l’automobile, de l’aérospatiale et du chemin de fer, ainsi que de la cosmétique et du luxe. Ces secteurs résistent aux concurrences provenant d'Asie, mais aussi d’Allemagne. Dans le secteur extérieur, le partenaire commercial le plus proche de la France est toujours l'Allemagne, qui représente plus de 17% des exportations françaises et 19% des importations totales.

La France est le pays le plus visité au monde, faisant du tourisme un secteur essentiel de son économie. Le PIB français ne s'est contracté qu'en 2009. Toutefois, la reprise a été plutôt lente et les taux de chômage sont encore très élevés, en particulier chez les jeunes, ce qui demeure une préoccupation croissante pour le pouvoir. Au cours des dernières années, la France, à l'instar de nombreux pays européens, a connu une croissance stagnante et des défis budgétaires. Sous le quinquennat de l'ancien président Nicolas Sarkozy, le pays a mis en place des mesures d'austérité pour lutter contre le déficit budgétaire et la dette publique. Cependant, le PIB de la France est resté pratiquement inchangé depuis 2011 et le taux de chômage reste élevé.

Les dirigeants français restent attachés au capitalisme

Aujourd'hui, les dirigeants français restent attachés au capitalisme. Cependant, le gouvernement français continue de jouer un rôle dans certains secteurs nationaux clés, tels que l'agriculture, et il interviendra sur le marché pour atténuer certaines inégalités socio-économiques. Depuis la crise économique, le gouvernement français a dû réévaluer cet aspect de sa politique économique. Malgré les récents changements dans les politiques de la France, des réformes beaucoup plus importantes sont nécessaires pour relancer l'économie. Il est à craindre qu'elles resteront dans les cartons des armoires de l'Elysée.

Finalement, entre la reconstruction et la crise des subprimes, la crise grecque, les guerres du Moyen-Orient, le Brexit, les tensions avec l'Iran, le célèbre America First de Donald Trump, en passant par les Trente Glorieuses et la stagflation, l'envolée du chômage à partir de la première crise pétrolières des années 1970, la place de l’Etat dans l’économie a changé considérablement. Largement interventionniste dans la cadre de l’Etat-providence, il semble se dérober compte tenu de l’inefficacité de ses emplâtres habituels contre la crise. Il faut dire que le contexte n’est plus le même avec la mondialisation et l’intégration croissante de l’économie française dans une Union européenne ressemblant à un colosse aux pieds d'argile.

En France, à l’heure des Gilets jaunes et des inégalités qui se creusent, il semble de moins en moins possible de rétablir la fonction première de l’économie française qui sera toujours de satisfaire les besoins réels des hommes et des femmes de la nation. Croire que ce sont les Allemands ou les Wisigoths qui le feront est un doux rêve.

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