L'intelligence artificielle à l'assaut des libertés individuelles

Notre époque, de plus en technologique, est en passe de se confronter, dans nos actions éthiques et politiques, aux risques de perte possible des libertés humaines chèrement acquises au fil des siècles.

A l'ère des machines intelligentes, au point très probable de dépasser l’intelligence humaine, et des progrès sidérants de la biochimie, les sociétés évoluées connaîtront des changements d’une ampleur impressionnante.

L'intelligence artificielle (IA) existe lorsqu'une machine se comporte de manière considérée comme intelligente, comparée à un être humain normal. Et l'un des aspects les plus importants de l’intelligence humaine est bien évidemment la capacité d’apprendre.

Les machines commencent à savoir apprendre

Les ordinateurs s’avèrent, ces dernières années, capables de se comporter ainsi face à des tâches à effectuer telles, par exemple, que la reconnaissance vocale et faciale, la détection et l’identification des maladies à partir de simples analyses radiographiques ou chiffrées, la conduite d’engins de toute sorte, etc. Les machines commencent à savoir apprendre.

Les formidables performances enregistrées sont permises par l'affirmation de programmes élaborés d’apprentissage automatique. Pendant longtemps, les ordinateurs ont été programmés uniquement à l'aide d'algorithmes séquentiels, relationnels, décrites selon des d'instructions suivant une logique permettant la résolution d’un problème. C'est cette technologie qui a permis l’essor de l’informatique, grâce aux traitements de milliards de fonctions. C’est l’ordinateur qui a donné à l’homme la possibilité de marcher sur la lune et de fournir, ce que le monde entier utilise aujourd'hui, le web, les réseaux sociaux, les gestions des logistiques, des transports, des banques et des armées.

Mais cette technologie, qui vivra encore très longtemps, est limitée pour résoudre seule nombres de problèmes dont ceux relatifs à la vie quotidienne comme, pour les plus simples, marcher, nager, faire du vélo, reconnaître un visage ou comprendre un mot parlé ou écrit, autant de taches ou fonctions pour lesquelles nous restons en peine d’écrire des algorithmes précis.

Grâce à sa capacité à apprendre en mémorisant ses expériences, l’IA est capable de surmonter cette difficulté. En examinant de nombreux cas de réponse à une certaine classe de problèmes, le programme procède à une généralisation lui permettant de faire face à des situations nouvelles et différentes. Il apprend à apprendre sous la supervision d’un guide humain, passant par la suite à une phase de formation. L’intelligence, comprise comme la capacité de réaliser des objectifs complexes, ou de résoudre des problèmes, se manifeste humblement mais réellement ainsi.

Ces avancées extraordinaires présentent néanmoins des limitations et des difficultés de contrôle. La position sociale de la machine n’est pas neutre. Grâce à l’efficacité croissante de l’intelligence artificielle, les machines peuvent déjà remplir de nombreuses tâches. Dans bien d'autres cas l'ordinateur est même beaucoup plus fiable que les humains. L’Homme à choisi délibérément de renoncer au "libre choix". Telle est la promesse de chaque technocratie, se libérer de la liberté qui est faite de choix.

Nous entamons une lente descende vers une robotisation humaine

Au contraire, la technocratie invite à ne pas choisir, en poussant vers un horizon dans lequel coexistent une montagne de possibilités, qu’il est impossible d'examiner et seul le système peut établir ce qui est le mieux pour chaque individu. Il s'ensuit que si un jour l'IA dominait nos sociétés, cela ne se produirait pas par un conflit ouvert, mais par une voix lente et insidieuse, à peine perceptible, dans l’économie, pendant que la perte volontaire du contrôle à des intellects synthétiques apparemment bénins paraîtra salutaire.

En apprenant à faire confiance aux systèmes qui nous transportent et nous rassurent, personnalisent nos actualités, protègent nos propriétés, surveillent notre environnement, nous entamons une lente descende vers une robotisation humaine. Face à cette perspective inquiétante, certains observent que lorsque des machines risquent de n'obéir qu'à nos ordres, nous pouvons toujours réagir en bloquant son fonctionnement. La possibilité, sinon la probabilité, de systèmes essentiellement hors de contrôle est pourtant très concrète.

Il est certainement indésirable de chercher à programmer l'IA pour le converger vers un code d'éthique unique basé sur une notion universelle de la nature humaine. Il est par contre fondamental de reconnaître que les humains doivent pouvoir rester divisés sur les valeurs et les choix moraux, éthiques et politiques. Cela équivaut à reconnaître leur liberté d'opinion, de culte, d'expression, bref, leurs libertés humaines.

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