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Guerre des médias, métamorphose du journalisme et triomphe de la propagande

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L'agression des médias traditionnels au sujet de la liberté d'expression est devenue le jeu favori des personnalités politiques, alors qu'il semble que la vérité des faits et des dires n’apparaît plus comme étant l'objectif premier du journaliste. Les sources d'informations alternatives ne sont pas épargnées non plus et font l'objet d'attaques de plus en plus soutenues.

La capacité de propagande des médias, en particulier grâce aux diffusions en boucle des actualités par des chaines d'informations dirigées vers les publics occidentaux, était tel que 69% des personnes interrogées, à l'époque des faits, pensaient que Saddam Hussein était personnellement impliqué dans les attentats du World Trade Center, le 11 septembre 2001. C’est un cas d'école remarquable en matière de manipulation. Les résultats des sondages permanents et douteux, qui ont été fournis pendant toute la période précédent l'attaque américaine, ont sans doute surpris le dictateur irakien lui-même. 

Une modification considérable du journalisme

De nombreux journaux ont vendu la guerre en Irak aux peuples américain et européen. Les chaînes d'informations en boucle étaient pour la plupart en faveur de la guerre. Les journaux occidentaux prônaient la démolition de la Libye en 2011, avec des éditoriaux demandant la fin de Kadhafi. Des milliers de personnes ont été tuées sur une hypothèse mensongère. Il ne s'agit en aucune manière de défendre l'indéfendable dictateur libyen mais de mettre en évidence la force de la manipulation médiatique. La tendance se poursuit toujours dans d'autres interventions illégitimes.

La guerre des médias ou plutôt la bataille pour la première place entre toutes les forces médiatiques en présence sur le marché, combinée à l'hégémonie grandissantes des GAFA, conduisent à une modification considérable du journalisme qui n'en n'est qu à ses premières métamorphoses. De plus, les apports financiers de la publicité se dispersent sur des supports sans cesse plus nombreux, ce qui conduit à solliciter les riches entrepreneurs pour garder à flot les rédactions en mal de revenus suffisants. Les batailles, les courses à l'exclusivité, la recherche du moindre supposé scandale, sont à la base des nouvelles orientations rédactionnelles, quitte à jouer les contorsionnistes pour séduire l'opinion.

Il est rare, en effet, d’entendre des commentateurs éminents s’interroger sur l’équilibre de la couverture médiatique occidentale. Par contre, les mêmes voix se font entendre lorsque des sources d'informations alternatives adoptent une ligne différente qui ne convient pas à leurs goûts. Craignent-ils de ne pas être suivis, en cas de modification, par leur hiérarchie ou leur propriétaire ? Le réseau Russia Today (RT) est certainement un canal de propagande de la Russie, mais pas plus que la BBC, le New York Times, et 90% des grands médias français sont des médias qui diffusent des informations romancées pour favoriser les intérêts occidentaux.

Le New York Times décrit RT, dans d'innombrables articles, comme étant un agent de la politique du Kremlin utilisé pour saper les démocraties occidentales et pour déstabiliser l'Occident, évidemment en n'apportant aucune preuve sur quoi que ce soit et en oubliant le Premier amendement de la Constitution américaine : "Le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet [...] de limiter la liberté de parole ou de presse".

Le monopole incontesté pour accaparer l'esprit du public est peut-être révolu

Cette loi n'existe pas dans les autres démocraties occidentales, alors les tentatives visant à limiter la liberté d'expression se poursuivent et même s'accélèrent en France, tandis que les attaques de plus en plus inqualifiables contre les médias alternatifs par les institutions du pouvoir se multiplient. Le 27 juillet, en vacances au soleil du Lavandou, dans le sud de la France, Emmanuel Macron a publiquement attaqué, une nouvelle fois, un important média d'investigations français en déclarant les sources utilisées trompeuses.

La popularité croissante des médias alternatifs peut être à l'origine des critiques des médias traditionnelles. 

Par exemple, la portée de Russia Today est de plus en plus importante. Le média connait une audience totale de 70 millions de téléspectateurs hebdomadaires. Il est disponible pour les téléspectateurs des régions occidentales telles que la Grande-Bretagne et les États-Unis. Chaque semaine, 8 millions d'Américains regardent la station. C’est un exploit remarquable qu’une chaîne portant le mot Russie, figurant dans son titre, puisse intéresser autant de téléspectateurs, en dépit du sentiment anti-russe véhiculé par les pouvoirs en place.

Nous sommes dans une guerre de l'information et il est possible que les médias de propagande la perdent. Aujourd'hui, les populations ont largement accès à d'autres points de vue qu'ils trouvent probablement plus équilibrée. Le monopole incontesté pour accaparer l'esprit du public est peut-être révolu.

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