ARTICLE PREMIUM

Journalisme d'investigation : vers plus d’enquêtes ... ou de censure ?

PREMIUM

De nombreux aspects liés au crime, à la corruption et à différents abus ne seraient jamais révélés sans le journalisme d'investigation. Les enquêtes de terrain sont un moyen essentiel pour obtenir les informations nécessaires et souvent difficiles à sortir de l'ombre.

Une affaire médiatique, lorsqu'elle s’appuie sur des preuves réelles découvertes par des journalistes de qualité, peut entraîner des poursuites judiciaires et donc permet de rétablir la justice. C'est pourquoi les personnes influentes et la plupart des hommes d’affaires détestent que les médias s'approchent trop près de leur plate-bande.

Accéder à des informations permettant d'éclairer certaines actions est très difficile. Il est de nombreuses choses qui doivent absolument rester secret, cachées au public, tenues à distance des journalistes et des médias. Le journalisme d'investigation se révèle dès lors indispensable pour trouver la vérité camouflée dans l'ombre.

Dans les moments de confusions et de transitions politique, il peut arriver que la période soit relativement longue. Il en résulte alors un environnement très favorable pour les personnes au pouvoir qui en profitent pour s’enrichir et offrir des faveurs à leurs proches et leurs entourages. C'est particulièrement pour mettre en avant ces agissements que le journalisme d’investigation est essentiel. Il permet de révéler de nombreux cas de personnes devenant millionnaires du jour au lendemain, des cas où des analphabètes ont obtenu un diplôme universitaire, les cas où le crime et la corruption ont fleuri. Sans journalisme d'investigation, sans efforts continus du journalisme pour réaliser cette mission de média, aucune affaire délicate ne pourrait être révélée.

Le rôle des médias est essentiel pour sensibiliser le public à la corruption, à ses causes, à ses conséquences et aux solutions possibles pour l'éviter. Ils peuvent donc favoriser une culture d’intégrité. Ils peuvent enquêter, détecter et signaler les cas de corruption, en portant des affaires devant le public et en provoquant des jugements judiciaires.

La vérité des faits doit primer

L’efficacité des médias dépend de l’accès à l’information, de la communication, de la liberté d’expression, ainsi que d'un cadre professionnel et éthique d’enquêteurs journalistes. Les gouvernements, les propriétaires de médias et les journalistes partagent la responsabilité de veiller à ce que les médias puissent et contribuent effectivement à renforcer la responsabilité et lutter contre la corruption. Les questions suivantes portent sur ce que les gouvernements peuvent faire pour fournir un cadre juridique adéquat aux médias d'investigation. La méfiance envers les journalistes, qui va parfois jusqu'à la haine de certains médias qui paraissent soumis au pouvoir en place, à une idéologie très marquée et favorable au libéralisme mondialisé, s'est rependue à une grande majorité des Français.

Certains journalistes comme Edwy Plenel et Fabrice Arfi (Mediapart), Luc Bronner (Le Monde), Jacques Monin (Cellule investigation de Radio France), Élise Lucet (France Télévisions) et Jacques Trentesaux (Mediacités) font partie des journalistes dont les enquêtes sont les plus suivies par le grand public et qui sont le plus craints par les personnalités qui auraient peut-être quelque chose à cacher. Les dossiers ou affaires, selon le cas, sortis des oubliettes par tous ces journalistes, et bien d'autres encore, sont la preuve de la nécessité de voir cette profession prospérer dans une démocratie véritable. Que ce soit pour engendrer des conséquences dévastatrices pour certaines personnalités de la politique ou du monde des affaires est fâcheux et même parfois regrettable, mais la vérité des faits doit primer.

Certains leaders politiques appellent à la haine des journalistes

La tentation de légiférer pour encadrer, c'est-à-dire limiter, les règles et les lois sur la liberté d'expression et les droits des journalistes, est très tentant pour un pouvoir, de droite ou de gauche, en difficulté. Il est certain que la connivence entre les journalistes et le pouvoir est une cause à l'origine de ce ressentiment. Il arrive que certaines émissions d'informations donnent la parole aux gens d'en bas, mais ces derniers ont en général le sentiment de ne pas être écoutés, respectés et représentés.

D'autant plus que les informations, notamment sur les chaines TV d'information en continue, et les polémiques pour tout et n'importe quoi sont parfois créer de toute pièce pour permettre une diffusion toute la demi-journée, voire la journée entière, l'objectif étant de cacher la pauvreté abyssale de l'actualité (et de diffuser un maximum de publicités). Regarder ces chaines, qui visent le "spectaculaire" en priorité, ne sert à rien, les informations n'ayant aucune densité ni profondeur.

Il arrive aussi que certains leaders politiques appellent à la haine des journalistes. C'est même devenu une sorte d'argument politique de déblatérer sur la mauvaise qualité de leur travail. Même le président Emmanuel Macron s'en est allé de sa critique envers la profession journalistique, ce qui aura une répercussion politique durable. Sans le vouloir, il a fortifié le besoin d'investigation en France.

Devenez auteur, devenez weborateur !
Connectez-vous et proposez vos articles à la rédaction. Ils pourront être publiés dans le Journal.

Commentaires (1)

Proposer un article
Ce commentaire a été minimisé par le modérateur du site

Les médias mentent constamment et plus ils sont puissants, plus ils publient, plus ils mentent.

Dernière modification il y a 2 mois Michel Dura
Aucun commentaire publié pour l'instant. Soyez le premier !