COVID-19 : quels impacts sanitaires et écologiques ?

La communauté internationale prend très au sérieux le risque de pandémie provoqué par le virus COVID-19. La menace est réelle. Le total des décès dus à l'épidémie dépasse déjà largement celui du SRAS au début des années 2000. Les impacts négatifs sur l'économie mondiale sont déjà très importants, alors que les conséquences positives pour l'environnement commencent à apparaître.

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L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré qu'il s'agissait d'une urgence de santé publique pour la totalité des pays de la planète. L’alarme a poussé des chercheurs du monde entier à travailler avec acharnement pour tenter d’aboutir à des vaccins contre le COVID-19 dans des délais extrêmement courts.

Les gouvernements possédants les infrastructures et les moyens nécessaires, en particulier les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni et la France, ont alloué des fonds substantiels pour stimuler la recherche et le développement. Même si la réaction internationale a été relativement forte et mérite d’être saluée, il est possible qu’elle arrive un peu tardivement. De plus, elle peut être considérée trop faible par rapport au risque considérable qui menace la planète. En effet, l’épidémie est en marche depuis le mois de novembre 2019.

Les coûts totaux de cette épidémie sont déjà importants

Les biologistes ont toutes les connaissances nécessaires pour étudier et mettre au point un vaccin et toutes autres créations nécessaires pour lutter contre les maladies infectieuses, mais ils ne peuvent pas grand-chose pour le faire dans des délais ultra rapides. En tenant compte du coût économique et humain considérable que génère une pandémie, il est dorénavant vital que les initiatives pour prévenir la ou les prochaines épidémies commencent le plus vite possible, dans la foulée de la lutte contre le COVID-19.

Tout ce qui se passe actuellement était prévisible. L'épidémie, comme cela est pratiquement toujours le cas, aurait comme origine un contact entre un humain et un animal porteur du virus. Dans le cas du COVID-19, de très fortes présomptions pèsent sur les chauves-souris. L’épicentre du début de l’épidémie se trouverait à Wuhan, la capitale de la province du Hubei située en Chine centrale dans une zone urbaine densément peuplée. C’est depuis cette province que les premiers cas avérés de contamination se sont rapidement propagés à d’autres continents par des voyageurs internationaux à l’occasion des vols aériens. En janvier 2020, la ville a été mise en quarantaine.

L'OMS a toujours averti qu'un pathogène inconnu serait tout aussi susceptible de déclencher une épidémie qu'un pathogène déjà connu. Comme dans le cas du SRAS et de Zika, l'agent pathogène responsable de l'épidémie actuelle n’a pas été anticipé.

Deux mois après le début de l'épidémie, c’est-à-dire en janvier 2019, le système de santé chinois a été sérieusement mis à contribution par le gouvernement central ce qui a déjà engendré de fortes tensions, en particulier à Wuhan. La ville s’est très vite retrouvée débordée, en grande difficulté pour fournir des soins de qualité aux patients atteints du virus. Les services de santé ont été contraints d’évincer le traitement d'autres affections. Les coûts totaux de cette épidémie sont déjà importants et pourraient empirer. Les efforts pour contenir le COVID-19 ont arrêté une grande partie de l'économie chinoise et, à Pékin, ont été jusqu'à imposer aux travailleurs de rester chez eux.

Même si la croissance démographique mondiale ralentit, elle continue de progresser dans les régions les plus fragiles sur le plan économique et politique. L'urbanisation croissante conduit à la prolifération de grands centres de population denses qui agissent comme des boîtes de Pétri géantes pour les maladies infectieuses. De plus, le vieillissement de la population augmente la proportion de personnes plus susceptibles aux infections et aux maladies. Les défis politiques et sociaux qui en résultent continuent de s'accumuler, à travers les mises en quarantaine de masse, la discrimination et la propagation de la désinformation. Enfin, la méfiance à l'égard des gouvernements et la pression supplémentaire sur les relations internationales déjà tendues pourraient se durcir.

L'aire de répartition géographique de certains agents pathogènes et porteurs de maladies importants comme les moustiques s'élargit en raison du changement climatique. Les humains continuent d'empiéter sur les habitats des animaux, augmentant la probabilité de retombées inter-espèces. Les voyages internationaux se multiplient et la mondialisation fait en sorte que les effets se propagent partout dans le monde. Compte tenu de tous les coûts des épidémies et de tous les facteurs favorisant leur répétition, des investissements stables et à grande échelle dans des organisations et des activités dédiées à la préparation, à la prévention, à l'atténuation et à la riposte aux épidémies sont susceptibles de rapporter d'énormes dividendes.

Pour financer et coordonner le développement de nouveaux vaccins ou le développement de plates-formes vaccinales en général, des financements très importants sont nécessaires. De même, un financement accru pour de nouveaux traitements antimicrobiens et de meilleurs diagnostics est désespérément nécessaire. Une surveillance forte des agents pathogènes chez les humains et les animaux est une priorité urgente.

La mondialisation nous montre l'envers du décors

Cependant, ce qui manque peut-être plus que le financement, c'est un niveau suffisant de coordination entre les nombreux acteurs du réseau d'organisations internationales et nationales chargées de contrôler et de répondre aux flambées des maladies infectieuses. Le système de santé mondial crée la possibilité de recherches considérables, mais facilite à multiplier les doublons inutiles. Une coordination mondiale et des ressources soutenues sont absolument nécessaires pour prévenir la prochaine épidémie et son impact qu’elle soit causée par un autre coronavirus, une fièvre hémorragique comme Ebola, une grippe pandémique ou un pathogène encore non découvert.

Il existe un domaine qui pourrait se réjouir des conséquences écologiques de cette catastrophe sanitaire. Bien sûr les impacts économiques créent des perturbations majeures dans les circuits de fabrication, les chaînes d'approvisionnement, des ventes au détail, les voyages internationaux, l'éducation, etc. Cependant, la mondialisation nous montre l'envers du décors. Les autorités chinoises ont décidé d'interdire les voyages de touristes en groupe à compter du 28 janvier 2020, et ce jusqu'au 29 février 2020. Si l’épidémie s'intensifie, l'impact carbone dû au coronavirus pourrait s'avérer considérable. Paradoxalement, ce qui sera malheureux pour les hommes sera bénéfique pour l'environnement. L'humanité se retrouve devant un dilemme.

Quelques signes de l'impact économique indiquent que la baisse de l'activité des échanges est déjà sensible. En 2019, la Chine a produit 77% des terres rares utilisées dans le monde. La chaîne de production a subi à la fois des suspensions d’activité sur les sites de production, des pénuries de main d’œuvre pour cause de quarantaine et des difficultés logistiques. Sur la bourse de référence du fret maritime, l’indice du fret a dégringolé de plus de 80% depuis son pic du mois d’août. Les cours du pétrole ont chuté de 10% depuis l’émergence du virus pour tomber à leur plus bas niveau depuis début octobre (52 dollars le baril de WTI et 57 dollars pour le Brent). La réduction de la consommation chinoise de charbon et de pétrole montre une baisse d'au moins 25% des émissions sur une période comparable, un recul d'environ 1% des émissions annuelles de la deuxième économie mondiale. Ces derniers jours, toutes les indices boursiers indiquent une forte tendance à la baisse (de 3 à 5%) et une augmentation du prix de l'or.

Les tensions commerciales Chine-Etats-Unis ont déjà engendré un mouvement de relocalisations dans le but de rapprocher leurs sites de fabrication ou d’assemblage des zones de commercialisation. Il s’agit d’un véritable changement de modèle économique avec sans doute une hausse des coûts de production. La mondialisation et la démographie mondiale sont des facteurs aggravants à la survenance périodique de pandémies, capables un jour ou l'autre de la plus grande catastrophe pour l'humanité. En fait, la mondialisation a un prix. Ce jour là, on pourra mesurer lequel.

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