Greta Thunberg : entre catastrophisme écologique et hypocrisie macroniste

La militante suédoise de 16 ans, invitée à l'Assemblée nationale, est devenue le symbole de cette jeunesse mondiale qui s'oppose à l'inaction des Etats face au changement climatique. Boycottée par une partie des élus voyant en elle la marionnette de la bien-pensance écologique européenne, la jeune activiste a toutefois permis à la Macronie de camoufler le vote du CETA (Accord économique et commercial global), un texte qui se préoccupe bien peu des questions écologiques.

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Celle que Michel Onfray appelle la "cyborg suédoise", lui reprochant son manque d'humanité lors de ses discours, a beaucoup fait parler d'elle cette semaine. Greta Thunberg a été invitée à l’Assemblée nationale pour y faire un discours de 15 minutes, devant des députés déjà convaincu de l'urgence climatique. Des élus qui n'avaient rien à apprendre de la jeune fille mais qui tenaient absolument à l'inviter. Un beau coup de communication, mais sans grand intérêt.

Il faut dire que Greta Thunberg, depuis qu'elle est sous le feu des projecteurs, fait couler beaucoup d'encres et alimente de nombreuses critiques à son égard. De nombreux commentateurs ou personnalités politiques estiment que la jeune fille n'est qu'un produit marketing, un épouvantail, une roue de secours, permettant aux dirigeants européens de faire croire qu'ils écoutent le peuple, et au peuple de faire croire qu'il est entendu. Pourtant, ses discours écrits par des adultes, et récités telle une poésie mal apprise, ne bernent que ceux qui boivent les paroles écologiques sans jamais remettre en question quoi que ce soit dans ce domaine.

Aucune vergogne à profiter d'une jeune fille pour faire passer leur message

Ce qui est pratique avec ce genre de profil, c'est qu'il permet de culpabiliser les personnes qui pensent différemment, en sortant l'argument de la jeunesse. Il est très difficile, et les élus français ont pu s'en rendre compte, de boycotter une jeune fille innocente, encore plus lorsque cette dernière est atteinte d'une maladie. En effet, Greta est autiste Asperger, ce qui pousse davantage de personnes à penser qu'elle pourrait être manipulée, par ses parents au départ, puis par les médias et les politiciens. Pour le cofondateur de Doctissimo Laurent Alexandre, également chirurgien urologue, "c’est machiavélique car on ne peut pas critiquer une enfant malade".

Greta jouit d'une force importante, ce qui donne énormément de poids à son message, dans une société occidentale où le jeunisme domine, où les enfants sont rois et où les adultes sont un peu des grands enfants. Dans ce monde, les dirigeants n'ont aucune vergogne à profiter d'une jeune fille pour faire passer leur message écologique, inaudible lorsque les peuples ont déjà du mal à finir leur fin de mois et a vivre dignement. Si demain une nouvelle éco-taxe voit le jour, sur l'essence, les voitures ou les billets d'avion, on pourra toujours se dire que Greta a de l'influence. Une influence au service du pouvoir, mais qui n'aura aucun impact sur l'environnement.

Et peu importe s'il faut jouer la carte de la peur, de "l'urgence climatique", pour pouvoir taxer et culpabiliser les peuples. Cette carte, Greta la joue avec perfection. La jeune moralisatrice sans expérience, qui sait tellement de choses qu'elle se permet une année sabbatique loin des bancs de l'école, rabâche des données scientifiques qui appuient ses propos cataclysmiques (en oubliant les nombreux rapports qui nuancent fortement, sans l'écarter non plus, l'impact des hommes dans le changement climatique ou encore la gravité relative du CO² dans l'atmosphère). L'objectif est de faire craindre le pire pour le futur. Un avenir que les adultes sont en train de détruire et que les enfants devront subir. Pour Michel Onfray, l'intelligence, dans le domaine de l'écologie, est remplacé par la peur, par la soumission, par la culpabilité.

"Il faut dramatiser, inquiéter, amplifier, exagérer, faire peur, c’est-à-dire tout le contraire de penser, examiner, réfléchir, débattre."

Le CETA a été voté par la plupart des députés

Il faut dire que les écologistes sont connus pour produire des "prophètes" annonçant la fin du monde régulièrement, à l'image d'Yves Cochet, ministre de l'Environnement sous Lionel Jospin, pour qui il y a une chance sur deux que l'humanité n'existe plus en 2050. Il semble que les discours de Greta et des autres écologistes radicaux n'aient pour principal objectif de faire accepter la fin de l'économie de marché et du libre échange.

Hypocrisie macroniste oblige, l'icone du militantisme vert n'a pas empêché la ratification par les élus français de l'Accord économique et commercial global voté le même jour. Le CETA a été voté, quelques heures après l'intervention de Greta Thunberg, par la plupart des députés membres du collectif à l'origine de son invitation.

Dans le collectif, composé d'une majorité de députés LREM, il y avait également 20 députés Modem, 12 élus socialistes, 7 députés Les Républicains, 7 de l'UDI, 8 libertés et territoires, 3 non-inscrits et 2 de la gauche démocrate. Le collectif se décrit comme suit :

"Nous, députées et députés élus de sensibilités politiques variées, mais réunis par la conviction que la transition écologique et solidaire ne peut plus attendre, avons décidé d’unir nos forces pour que soient portées et votées des avancées nouvelles à la hauteur des enjeux. Nous serons guidés par la prise en considération de la transition dans l’ensemble des politiques publiques menées. Une seule boussole : l’intérêt général présent et futur."

Si sur le papier, cela sonne bien, dans les faits, le bât blesse. Alors que Nicolas Hulot, l’ancien ministre de la Transition écologique qui a fuit le gouvernement quand il s'est rendu compte qu'il se faisait mené en bateau par Emmanuel Macron, était fermement opposé à la ratification du CETA, le texte a été adopté avec 266 voix pour (213 contre et 74 abstentions). D'après Libération, 48% des membres du collectif soucieux d'entendre Greta diffuser la bonne parole ont voté pour le CETA. Un traité qui, selon ses détracteurs, favoriserait le dérèglement climatique dans le but de promouvoir le libre-échange. Dommage pour Greta, elle a une nouvelle fois été utilisée comme marionnette au service de ceux qui nous gouvernent. Et personne ne semble s'en offusquer.

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