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Brésil : Bolsonaro a survécu au premier mois de gouvernement

{Play}La présidence de Jair Bolsonaro n’a pas été impacté par l’approbation du décret qui assouplit la possession d’armes sur le territoire brésilien. Le Président a débuté son mandat avec des nouvelles apparemment frivoles, mais cela donne néanmoins quelques indications sur le parcours qui attend le nouveau pouvoir.

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Eduardo Bolsonaro, l'un des fils du Président, membre de la Chambre des députés de la République fédérative du Brésil depuis 2015, est soupçonné de mauvais traitements pendant et après sa relation avec la journaliste Patricia Lélis. Il a déjà connu quelques revers depuis que le patriarche a conquis la plus grande économie d'Amérique latine.

Un autre fils du Président, le sénateur nouvellement élu Flávio Bolsonaro, a quant à lui causé quelques soucis pour son implication présumée dans un complot visant un détournement d'argent. Il est soupçonné de corruption et d'implication dans les milices et la mafia formée par d'anciens soldats et d'anciens militaires terrorisant Rio de Janeiro. Selon les enquêtes de la police, c'est la même organisation qui a exécuté la conseillère Marielle Franco, assassinée à Rio le 14 mars. Les enquêtes indiquent que Flávio aurait utilisé un ex-policier, au passé plutôt sombre, pour empocher frauduleusement des salaires des agents fantômes de l'Assemblée de Rio de Janeiro, où il était député. Il aurait également engagé l'épouse et la fille d'un membre du syndicat du crime. La connexion du jeune Bolsonaro avec la milice est lointaine. Déjà en 2007, alors qu'il était jeune député de seulement 25 ans, Flávio avait déjà proposé la légalisation de ces groupes paramilitaires. Le conservateur Jair Bolsonaro a été contraint de livrer son fils au jugement des réseaux sociaux afin de ne pas nuire à sa crédibilité.

Son apparition à Davos n'a pas eu le succès escompté

Jair Bolsonaro était censé être la grande attraction du Forum économique mondial. Mais son apparition à Davos n'a pas eu le succès escompté. En plus des remarques désagréables qu'il a reçu pour son discours succinct de six minutes, au lieu des 45 programmées, Bolsonaro a été critiqué pour le flou de ses propositions, le ton électoral et l'annulation de la conférence de presse laissant des très nombreux journalistes abasourdis.

Le moment le plus douloureux est survenu lors d'un entretien avec l'agence internationale Bloomberg, lorsqu'il a du prendre ses distances par rapport à son fils Flávio, suite aux recommandations de ses conseillers. "S'il a commis une erreur et qu'il y a des preuves, je le regretterais en tant que père, mais il devra payer ses fautes".

Le Président brésilien, qui a promis de placer "le Brésil au sommet de tout et Dieu au sommet du monde" supporte déjà une pression énorme. Le 1er janvier dernier, lors de la cérémonie d'inauguration solennelle qui a attiré à Brasília des dizaines de milliers de sympathisants des principales villes du pays, Bolsonaro est devenu une évidence pour les 57 millions d'électeurs qui ont confié leur avenir entre ses mains. Maintenant, beaucoup attendent de lui pour lutter contre la corruption avec une main de fer. Il doit aussi dynamiser l'économie et réduire la violence qui coûte, chaque année, la vie à près de 63 000 personnes.

Un manque de cohérence et de nombreuses erreurs

Les organisations évangéliques de plus en plus puissantes ont pris un engagement clair et sans précédent envers le candidat d'extrême droite et les autres membres de son parti. Cependant, au cours du premier mois de gestion, le nouvel exécutif montre un manque de cohérence et de nombreuses erreurs, sans doute par manque d'expérience à ce niveau de responsabilité. L’économie est l’un des domaines les plus exposés aux désaccords entre le Président et son équipe. Les fluctuations ont commencé dès le 4 janvier, lorsque Bolsonaro a annoncé un décret visant à augmenter le taux d'imposition sur les opérations financières. Ensuite, le ministre Onyx Lorenzoni et le secrétaire au Trésor Marcos Cintra ont démenti cette annonce.

Dans le secteur du commerce extérieur, la confusion était encore plus grande. L'homme choisi par Bolsonaro pour diriger l'Agence brésilienne de promotion du commerce et de l'investissement (Apex) est tombé en disgrâce en moins d'une semaine. Alex Carreiro , publicitaire et ancien conseiller du Parti social libéral, est un ami personnel du président. Sa nomination a été sévèrement critiquée car son curriculum vitae ne répond pas aux exigences minimales du poste. Il ne parle pas l'anglais, ce qui est impensable pour pouvoir assumer ce type de responsabilité.

Par l'intermédiaire de Twitter, le moyen communautaire le plus utilisé par le nouveau gouvernement pour communiquer avec le pays, le ministre des Affaires étrangères Ernesto Araújo a annoncé qu'Alex Carreiro avait donné sa démission, et qu'il avait désigné Mario Vilalva comme nouvel ambassadeur. La situation a atteint des niveaux surréalistes lorsque, malgré la décision d'Araújo, Carreiro a continué à travailler comme si de rien n'était pour tenter de défier le chancelier et sauver sa position, alléguant que son licenciement n'avait pas été publié au Journal officiel. Peu de temps après, une photo publiée sur Twitter de Jair Bolsonaro avec Ernesto Araújo et Mario Vilalva a définitivement liquidé le patron éphémère d'Apex (Agence de promotion des exportations).

La réforme agraire a été une autre erreur notable. Tout d'abord, l'Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (INCRA) a publié un document dans lequel il déterminait la paralysie des processus d'acquisition de terres destinées à la réforme agraire. Retournement de veste cinq jours plus tard de la part du président de l'INCRA Francisco Nascimento, qui a révoqué les circulaires. Parmi les employés de l'INCRA, le sentiment est que le gouvernement est complètement "perdu".

Le fer de lance du projet gouvernemental de Bolsonaro est l'environnement, plus spécifiquement la forêt amazonienne et les peuples qui l'habitent.

Même manière contradictoire dans le cas de l'appel d'offres public pour l'achat de manuels didactiques pour l'année 2020. Les nouveaux critères imposés par l'équipe Bolsonaro envisageaient le caractère non obligatoire de la bibliographie et l'inclusion de la publicité dans les manuels. En outre, il ne serait plus nécessaire de refléter la diversité ethnique du Brésil dans les illustrations. En raison de la répercussion très négative de cette annonce, le gouvernement a fait marche arrière. Vagner Freitas, président de la Centrale unique (CUT) a déclaré :

"Le manque de planification de la part du gouvernement et les désaccords internes démontrent l'incapacité non seulement de Bolsonaro, mais de toute son équipe ministérielle. Au moins neuf mesures ont été refusées, retirées ou publiées dans des magazines, atteignant en moyenne une marche arrière par jour."

Bolsonaro a également renoncé à sa promesse de ne pas tomber dans le favoritisme propre aux hommes politiques traditionnels. Au cours de la campagne, Bolsonaro a affirmé que "le démantèlement de l'Etat" et "la fin des prises politiques" sont les remèdes pour "sauver le Brésil". Le président a déclaré la guerre au copinage et a affirmé qu'il privilégiera les profils techniques lors de ses rendez-vous. Cependant, moins de deux semaines après sa création, le nouvel exécutif s'est entouré de sponsors politiques pour des postes stratégiques et hautement rémunérés. Parmi les branchés, il y a des amis du président lui-même, ses enfants et la première dame.

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