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Brexit sans fin : le Royaume-Uni s'enfonce dans le déni de démocratie

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{Play}Les électeurs britanniques, eurosceptiques ou pro-européens, manifestent leur indignation devant une classe politique qui, trois ans après le référendum historique qui a décidé la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, n'a toujours pas approuvé un pacte de sortie acceptable par toutes les parties concernées.

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L'électorat britannique est très concerné par la politique municipale et les élus accordent extrêmement d'importance à leur district local. Il arrive même que des députés votent au Parlement contre leur propre parti sur certaines mesures si le district local qu’ils représentent le demande. Actuellement, par exemple, les européistes du gouvernement demandent que le coût des plaques d'immatriculation soit maintenu alors que le ministre de l'Education propose des taux plus élevés. Jeudi dernier, le 2 mai 2019, se tenaient les élections locales dans 248 circonscriptions d'Angleterre (8804 sièges dans 33 des 36 districts métropolitains, 47 des 55 autorités unitaires et dans 168 districts) et 11 districts en Irlande du Nord (462 sièges). Les conservateurs et les travaillistes ont essuyé un camouflet sans ambiguïté en payant le prix de leur incapacité à faire entériner le Brexit.

Ces élections sont le premier test sérieux pour les enjeux politiques depuis 2017. La formation de Theresa May a été sévèrement battue. La Première ministre britannique en a conclu que le message de l'électorat avait sanctionné la lenteur des négociations de sortie de l'UE et a exigé de s'activer pour conclure le Brexit au plus vite. Pour le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, son manque de clarté à travers ses conversations pour tenter de débloquer la grave crise institutionnelle que traverse Westminster a été la raison de son échec.

Après le fastidieux comptage des voix, les conservateurs ont perdu 40 municipalités et plus de 1000 sièges de conseillers municipaux, tandis que la perte pour le parti travailliste a été de neuf circonscriptions et plus de 100 sièges. Un certain nombre de travaillistes et des conservateurs ont lancé un nouveau parti, au centre de l'éventail politique, pour tenter de faire dérailler le Brexit, mais il s'avère qu'ils pourraient obtenir exactement le contraire.

Les Britanniques n'ont pas changé d'avis mais ne plébiscitent pas non plus le Brexit. Lors de ces élections locales, l'offre eurosceptique était pratiquement inexistante. Le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) partisan du Brexit, manque maintenant de soutien et est associé à une position radicale et xénophobe. De son côté, la nouvelle formation du charismatique et populiste Nigel Farage, Parti du Brexit, créée en avril, n’était pas représenté. Selon un sondage Opinium pour l'Observer, ce parti pro-brexit est crédité de 34% des intentions de vote pour le scrutin européen du 23 mai, doublant ainsi son avance sur le Parti travailliste.

Theresa May est devenu un espèce de fantôme politique

Désormais, les deux principaux partis britanniques sont dans l'obligation de s’entendre sur un pacte de sortie de l'UE. Mais rien ne laisse entrevoir que d'ici 8 jours, une sorte de consensus pourrait être trouvé. Rien ne change, pas même la situation personnelle de Theresa May qui est devenu un espèce de fantôme politique depuis des mois. Dernièrement, elle a participé à un événement du parti conservateur au pays de Galles et avant de pouvoir commencer son discours, elle a été vilipendé par un homme présent dans la salle qui lui a demandé pourquoi elle ne démissionnait pas puisque la Convention nationale ne l'aimait pas et le peuple non plus.

La Convention nationale, qui rassemble des volontaires, a réuni pour la première fois de l’histoire du parti conservateur les signatures nécessaires au vote de ses dirigeants. Ce ne sera pas une motion de censure en tant que telle car elle n’est pas contraignante. Sans aucun doute, cela mettra encore plus de pression en mai.

Le Parlement britannique rejette toutes les alternatives au Brexit de Theresa May. C’est la deuxième fois en moins d’une semaine que le Parlement britannique ne peut s’entendre sur aucun des moyens de débloquer la crise d'un divorce qui laissera longtemps des traces dans les mémoires. Les citoyens britanniques ne contribueront pas à résoudre la crise politique qui traverse ce qui était autrefois la plus ancienne démocratie enviée d’Europe. Les termes du Brexit ont été prolongé jusqu'en octobre, mais rien ne garantit qu'à l’automne ce sera la fin du mélodrame.

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