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Brexit : Theresa May pour une valse à deux temps

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Un million de signatures appellent à l'arrêt du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Les dirigeants européens sont prêts à accepter un bref report de la date officielle du Brexit à la condition que les députés de Londres approuvent l'accord négocié par la Première ministre Theresa May avec l'UE dès la dernière semaine de mars.

L'accord proposé au Parlement britannique par madame May a déjà été rejeté deux fois plongeant le pays dans une crise politique. "En cas de vote britannique négatif, nous nous dirigeons vers un non-accord", a déclaré le président français à Bruxelles. Theresa May a accusé le Parlement d'avoir bloqué son texte et a rappelé sa détermination à aller au terme du Brexit. Elle a demandé un bref report, ajoutant qu'elle ne souhaitait pas du tout une longue prolongation.

May a demandé un report au 30 mai afin de faire approuver l'accord par les parlementaires britanniques. Cependant le projet de conclusions réaffirme qu'aucune prolongation n'est possible après le 22 mai, faute de quoi le Royaume-Uni devrait participer aux élections européennes. Le Brexit ne peut pas être reporté au mois de mai qui est le mois des élections européennes, ce qui serait "inacceptable", alors que les citoyens britanniques ont choisi de dire adieu à l'UE en 2016.

Pendant ce temps, plus d'un million de personnes ont signé une pétition en ligne, en 24 heures, demandant au gouvernement britannique d'arrêter le Brexit, et des milliers de personnes défileront de nouveau dans les rues cette semaine. De nombreux partisans de l’Europe sont favorables à un long report du Brexit, estimant que cela augmenterait la pression interne en faveur d’élections générales ou d’un second référendum, ce qui pourrait annuler la décision de quitter le blocus. La démocratie pour ces partisans c'est surtout et même uniquement quand tout le monde vote comme eux.

Il y a beaucoup de colère parmi ceux qui veulent quitter l'UE et ne comprennent pas le processus compliqué et lent. Et même dans les rangs de May, il y a des défections et des désertions, à l'image des ministres du Premier Ministre qui ont voté contre un report. Peu de temps avant le sommet, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, avait confessé : "Je ne pensais pas que ma patience pourrait durer aussi longtemps".

À la table des dirigeants européens, la première ministre britannique, Theresa May, a demandé de reporter la date de sortie du 29 mars au 30 juin. Finalement, l’Union a opté pour le 22 mai, afin d’éviter de participer au vote du Royaume-Uni à l'élection européenne.

La concession européenne à la Grande-Bretagne inclut également le "compromis" du 11 avril, délai fixé par l'UE au cas où la Chambre des communes n'approuverait pas l'accord.En fait, si le blocage du Parlement n'est pas résolu, Londres devra choisir entre deux solutions, s'organiser pour participer aux élections européennes de fin mai, comme tous les autres pays de l'Union, mais dans ce cas, les temps du Brexit seraient considérablement prolongés, étant donné qu' il est peu probable que Bruxelles accorde cette possibilité avec une sortie ultérieure du Royaume-Uni, ou quitter cette Union le 12 avril sans un accord.

En résumé, l’avenir de Theresa May en tant que Premier ministre britannique semble, de manière réaliste, lié à l’adoption de l’accord au Parlement.

L’hypothèse imaginée par le secrétaire d’État aux affaires étrangères, Jeremy Hunt, pourrait revenir à la mode, l’Europe pourrait toujours décider de concéder à la dernière minute une période plus longue au Royaume-Uni, mais conditionnée à une série de conditions plus onéreuses, comme l’obligation de tenir un deuxième référendum.

La patience de Juncker est probablement partagé par de nombreux citoyens européens et britanniques, étant donné que le processus du Brexit est en cours depuis près de trois ans avec le référendum approuvant la rupture avec l'UE. Les négociations ont traîné en longueur entre Londres et Bruxelles pour trouver un accord sur une sortie aussi indolore que possible des deux côtés. Le Parlement britannique a rejeté à deux reprises l'hypothèse d'un accord présentée par May . Mais il a également voté pour écarter un "non-accord" et pour compléter le tableau.

Le président de la Chambre des représentants, John Bercow, a averti qu'un troisième vote sur le même accord n'est pas possible. Maintenant, du moins, le retard offert par Bruxelles évite peut-être de faire face à une semaine effrénée, même si le 12 avril n'est pas si loin. En fait, personne ne sait exactement ce qui va arriver. Theresa May a répété qu'il avait l'intention de soumettre au Parlement l'accord avec l'UE pour un troisième vote après les deux échecs précédents. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a expliqué avant même le jeudi 21 mars que l'octroi d'un bref report n'était possible que s'il était subordonné à l'approbation de l'accord.

Si le Parlement britannique approuve l'accord de Theresa May, Londres devra encore adopter une loi pour changer la date du Brexit, une loi qui devra être approuvée à la fois par la Chambre des communes et par la Chambre des lords. Selon des sources du gouvernement britannique, le temps technique nécessaire est d'un ou deux jours. Le cirque tourne au dancing.

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