Coronavirus : l'Union européenne a démontré son inutilité

La situation est particulièrement alarmante en Europe. Dans chaque pays, le système hospitalier et médical crie son désarroi pendant que les petites et moyennes entreprises, qui constituent encore l'épine dorsale des économies européennes, se demandent combien de temps elles pourront tenir. 

PUB ARTICLE - DEVENEZ AUTEUR

LE WEBORATEUR est un média participatif. Connectez-vous pour commenter et proposer vos articles à la rédaction.

Beaucoup d'entreprises se retrouvent dans une situation financière désespérée. En très peu de temps, en raison du choc que le Coronavirus provoque partout, les acteurs de la société ont été chamboulés. Tous les personnels médicaux, tous les chefs d'entreprises et tous les artisans ont besoin d'aide, pas dans trois semaines, mais tout de suite.

Depuis les 30 dernières années, les États ont pu s'endetter dans des conditions excessivement favorables et ne s'en sont pas privés. À tel point que des pays comme l'Italie, la France, les États-Unis et le Japon sont arrivés à un niveau d'endettement qui n'est plus soutenable. Le montant de la dette publique mondiale s'élève désormais à 55 000 milliards d'euros (63 000 milliards de dollars) dont 8 800 milliards d'euros (10 000 milliards de dollars) émanant de l'Europe, 10 000 milliards de dollars du Japon et 22 000 milliards de dollars (19 000 milliards d'euros) des États-Unis.

Des décennies de coupes budgétaires ont réduit le personnel médical et infirmier

Les conséquences de cette politique économique se paient aujourd'hui. Avec les taux d'intérêt qui augmentent, les déficits budgétaires font de même et menacent la capacité des pays endettés à se financer sur le marché sans risque d’exploser. En pleine pandémie du coronavirus, le danger dû à l’insuffisance des moyens comme les respirateurs et les lits de soins intensifs mettra tôt ou tard les soignants dans un dilemme insoutenable : devoir choisir entre les malades pour savoir qui doit être soigné, avec comme conséquence logique une hausse de la mortalité.

Les raisons de l'incapacité du système hospitalier à absorber un nombre croissant de patients graves posent questions. Il ne fait aucun doute que la cause de ces difficultés est la réduction des budgets alloués à la santé publique ces vingt dernières années. La mauvaise gestion des fonds publics est fondamentalement la conséquence des politiques gouvernementales liées aux choix d’une Union européenne mondialiste, libérale et ouverte aux quatre vents.

L'austérité comme principe de gestion a amené à un processus de réduction des dépenses publiques sous la pression du processus d'intégration européenne, dont la mise en œuvre a subi une violente accélération depuis la crise qui a éclaté en 2008. Le système de santé est inadéquat car des décennies de coupes budgétaires ont réduit le personnel médical et infirmier, les lits, les machines et les services, dans le cadre d'un projet politique plus vaste qui a désintégré l'État providence au profit de l'accumulation des bénéfices des financiers.

Il sera difficile pour ceux qui ont favorisé, mis en pratique et encouragé l'austérité de cacher leurs responsabilités historiques et politique. Globalement, l'ampleur de l'effort public dans le secteur de la santé, concernant les dépenses courantes et les investissements, a diminué de 10% depuis 2008. La réduction des ressources est encore plus frappante si l'on considère qu'au cours des vingt dernières années il y a eu un vieillissement significatif de la population en France comme dans de nombreux autres pays du monde occidental. Une grande partie des dépenses de santé est en fait destinée aux personnes âgées, ce qui signifie que pour garantir un niveau de services égal, les dépenses auraient dû augmenter ne serait-ce que pour tenir compte de ces changements démographiques.

Par ailleurs, l'évolution technologique, particulièrement marquée dans le secteur de la santé, entraîne également une augmentation des financements dans le temps, indispensable à l'adoption de nouveaux équipements, qui permettent à un système de soins d'évoluer au gré des époques, et la raffinement de toutes les compétences spécifiques nécessaires.

Le secteur de la santé est un des pires en termes d'écart d'emploi

Comme si cela ne suffisait pas, les ressources destinées à acheter des médicaments et du matériel toujours plus chers ont été en partie identifiées par la baisse des salaires et des traitements des médecins et infirmiers. C'est pourquoi les hôpitaux connaissent une pénurie de plus en plus inquiétante d'infirmiers et de médecins. Les régions et les entreprises de santé ont réduit leurs effectifs pour atteindre l'équilibre budgétaire. Il n'est donc pas surprenant d'apprendre que le secteur de la santé est un des pires en termes d'écart d'emploi par rapport à la moyenne européenne.

C'est l'austérité qui décime les hôpitaux, réduit les lits et le personnel médical, un choix purement politique que nous risquons aujourd'hui de payer très cher. En 2018, les dépenses publiques dans le secteur de la santé correspondent à 8,1% en France (8%), 7,2% en Allemagne (7,1%) et l'UE (7,5%). Ceux qui tentent aujourd'hui de détourner l'attention de l'austérité, qui a causé le déclin du système de santé, le font par honte.

Il suffit de revoir les différents budgets des dernières années, de sortir de l'urgence de ces semaines, pour tomber sur des déclarations sans équivoque qui vont dans le sens de la réduction des sommes allouées au système de santé. Il y a à peine deux mois, usé par des conditions de travail insupportables, le personnel gradé des hôpitaux français ont rejoint massivement le mouvement de grève qui a démarré il y a un an, et 1100 d'entre eux démissionnent d'une part importante de leur fonction en signe de protestation. Les démissions massives et les grèves illimitées des derniers mois prouvent que l'hôpital est à bout.

Dans un article publié ce dimanche 22 mars dans le Figaro, Eric Zemmour a décrit la situation actuelle avec un regard incisif vis-à-vis de l'UE :

"Quand la mort rôde, ce n’est pas vers la Commission de Bruxelles que les peuples tendent des regards inquiets, mais vers leur État-nation. Cet État-nation qu’on présente depuis des décennies comme un objet du passé. Cet État-nation qui s’empare pourtant à bras-le-corps de la question des soins et des interdictions. Mais un État-nation affaibli qui n’a plus sa capacité de prospective d'antan ni les moyens budgétaires suffisants pour avoir un hôpital public digne de sa réputation. Notre président ne se rend pas compte que Schengen n’existe plus quand la vie est en jeu. Quand les Italiens de Lombardie sont pris à la gorge par le virus, ils se tournent vers Rome, pas vers Bruxelles. Ils notent en passant que Paris se moque d’eux et que Berlin leur refuse du matériel."

Aucune Europe de la santé mais plutôt le chacun pour soi, aucune Europe de la Défense, aucune Europe face au problème migratoire. L'Union européenne, telle qu'elle est aujourd'hui, n'a pas de raison d'être.

Devenez auteur, devenez weborateur !
Connectez-vous et proposez vos articles à la rédaction. Ils pourront être publiés dans le Journal.

Commentaires (0)

Proposer un article
Aucun commentaire publié pour l'instant. Soyez le premier !