Union européenne et démocratie : le peuple ignoré ne décide plus de rien

Issu du grec demos (peuple) et kratos (pouvoir), le mot "démocratie" signifie littéralement que le pouvoir est une émanation du peuple, par le peuple et pour le peuple. Cette définition n'est ignorée de personne et pourtant les élites, qui s'évertuent à longueur de temps à nous rabâcher le propos, sont toujours prêts à en fouler le sens, voire à ignorer ses aspects concrets.

La démocratie, issue d'un concept philosophique, n’est pas née à Athènes par hasard, mais a émergé en opposition à une oligarchie qui, déjà, prévalait à l’époque. Comme aujourd'hui, un petit groupe de privilégiés tenait les rênes du pouvoir en menant les affaires en fonction de ses intérêts. Les élites s'efforçaient de maintenir le peuple à distance en leur permettant d'avoir le minimum nécessaire pour se satisfaire de la situation. Et il a fallu plusieurs siècles et beaucoup d'obstacles à franchir, pour que la démocratie prévale dans le mode de fonctionnement des institutions, auxquelles s’accroche toujours la classe aisée.

Dans une démocratie, la population participe de manière directe aux décisions, et non plus de manière représentative, comme c’est le cas dans notre système actuel. Lors de votes ou de décisions importantes concernant la nation, chaque citoyen, quel que soit son statut social et ses avoirs, devrait pouvoir faire valoir sa voix. De nos jours, la démocratie semble bien malade.

L'exemple récent de l’adoption du Traité de Lisbonne en lieu et place du refus du Traité constitutionnel par des référendums populaires de plusieurs pays européens est la marque et la trace indélébile d'une décision contraire aux choix des peuples. La poursuite des ventes d’armes à des dictatures qui les utilisent pour terroriser leur opposition et mener des guerres en-dehors de leurs frontières n'a jamais été celle d'un peuple.

La gabegie inouïe des technocrates européens

Les lois de plus en plus liberticides pour les citoyens qui refusent de suivre leurs gouvernements dans leurs dérives autoritaires au nom du prétexte sécuritaire, comme on le voit en France, ne sont pas dues à des décisions des peuples. La mainmise des médias dominants et grassement subventionnés par de grands groupes financiers liés aux pouvoirs en place et multipliant la désinformation sur chaque sujet qui ne leur convient pas n'est pas née d'une décision des peuples. Les rares journalistes d’investigation et lanceurs d’alerte tels que Edward Snowden ou Julian Assange, sont par contre menacés parce qu’ils ont eu le courage de révéler les dessous des dérives et pratiques néfastes de certains systèmes.

La gabegie inouïe des technocrates européens qui multiplient les discours sur l’écologie et les efforts que doivent accepter les peuples pour améliorer l'économie de leurs pays, mais déménagent chaque mois à Strasbourg pour une session parlementaire dont le coût est estimé à 12 millions d’euros mensuels, n'est pas la volonté des peuples. L’usage de moyens létaux, condamnés par plusieurs instances internationales, par le gouvernement français pour contenir la grogne populaire légitime des Gilets jaunes face à une précarité grandissante, n'est pas due à une décision du peuple.

La politique monétaire adoptée via l’euro et imposée sur des critères d’austérité ayant entraîné une stagnation de la croissance européenne, après la crise de 2008 et à partir de 2009, donne le tournis vue sa médiocrité comparée à d'autre pays comme les États-Unis qui ont réalisé une croissance de +34%, l’Inde de +96%, la Chine de +139%, quand l’UE a décru à -2%.

Le projet européen a pu un moment faire rêver les citoyens qui y ont adhéré de manière enthousiaste. A ce jour, pour une large majorité d’entre eux, ce projet est devenu un cauchemar. Pour qu’un réel changement survienne, et qu’une vraie démocratie retrouve ses lettres de noblesse, il faut renvoyer dos-à-dos ceux qui se présentent comme une alternative, sachant qu’une fois élus, ils se feront récupérer par le système qui leur versera un salaire et des avantages tels, qu’ils se tairont, avant de se coucher. La démocratie si souvent sollicitée dans les discours tant de droite que de gauche n’est plus qu’une illusion.

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