Dans cette France zombifiée, c'est tous les jours Halloween

Les zombies sont légions sur tout le territoire, à tous les niveaux, dans toutes les structures de la société, et nous pouvons les voir déambuler, créatures hallucinantes de ce monde de progrès.

Le climat automnal est propice aux commémorations, en particulier celles qui nous permettent de raviver nos mémoires abougries. C’est aussi l’instant annuel où les consommateurs zombies se souviennent qu’ils aimaient des gens aujourd'hui morts. 

Il y a les zombies de la politique, arapèdes, mollusques attachés aux spectres du pouvoir

Zombie est un mot qui colle bien à la période que nous connaissons actuellement. Il y a les zombies de la politique, arapèdes, mollusques attachés aux spectres du pouvoir, une sorte de fantômes à la fois là et pas là. Ils annoncent régulièrement leur départ, leur adieux même, et tout aussi régulièrement, on les retrouve, frais et maquillés, sur les plateaux de télé ou sur les pages de tous les médias, nous rappeler à leur bon souvenir.

Dans cette République des "valeurs", les zombies les plus remarquables et vieillissants sont toutes les institutions qui, d’année en année, se rabougrissent. On pourrait croire que chaque administration se dispute la défaite, allant à la catastrophe, d’une façon ou d’une autre, et n'étant plus que des malades pré-cadavériques, des zombies nuisibles atteints de la pire maladie qui soit, "l'administrative aigüe", ne cessant jamais d'appliquer des règlements, directives, décrets et circulaires jusqu'au moment où leur victime sociale en meurt, et même si possible après, au cas il y aurait des restes.

On peut passer en revue tous les corps d'Etat ou structures d'organisations et de suivis existants dans la France de Macron, santé, emploi, justice ou prison, police ou gendarmerie, armée, éducation ou université, agriculture, culture et patrimoine, science et technologie, on ne voit que démembrement, insuffisance, désuétude, appauvrissement, lassitude. Pas un jour sans que l'on découvre une nouvelle montrant leur inclination à provoquer la démoralisation.

Même les portefeuilles les plus élevés laissent voir la triste réalité de l’inaction de ministres qui se demandent comment ils ont pu arriver là dans leur bureau de roitelet. Alors ils occupent leurs journées à essayer de trouver de quelle manière ils pourront laisser une trace de leur passage, grâce à une loi inutile mais à fort potentiel d’émission de décibels, ou encore plus porteur, à une nouvelle bastonnade fiscale ou taxative (un peu comme laxative).

Le plus "zombie", le plus dantesque, c'est l'Etat

Il faut ajouter les "zombies-fantômes-ministres" à la tête de ces administrations dont l'aspect cadavérique nous effraie, pour lesquels un fauteuil ministériel évoque peu de chose ou même rien du tout, au nom quasiment inconnu, qui ne porte aucun autre intérêt que les sommes astronomiques qu'il dilapide. Ces zombies se disputent les postes et les fonctions uniquement pour emplir leur carte de visite. En général, leur absence, ou même la disparition d'un portefeuille, ne gène jamais ni la République, ni le peuple français.

Dans ce zoo théâtrale, rempli de créatures de cimetières, il y a aussi les zombies marabouts et économistes, ces rescapés de l'effondrement du mur de Berlin, qui se promènent sur les plateaux télé décorés de paysages apaisants, l’œil rivé et l’esprit coincé sur des idéologies, dont le moins que l'on puisse en dire, c'est qu'elles ont très largement prouvé le catastrophisme de leurs applications. Ces divas de l'économie boiteuse sont contagieux et leurs discours consternants, contribuent à perdurer les assauts d’une gauche moraliste.

Cerise sur le gâteau dégoulinant, il nous faut admirer le château de la fée République, dansante à la tombée du jour sous les parements dorées. Un château vestige, nommé Élysée, autrefois lieu de repos éternel pour les âmes ayant vécu une vie de vertu, aujourd'hui hanté, où l’on entend parfois les rires psychédéliques et impulsifs d’un tout jeune président.

Mais le plus "zombie", le plus dantesque, démoniaque, gargantuesque, impitoyable, vampire de jour et de nuit, c'est l'Etat. Présent partout, du sol au plafond, du nord au sud, de l'est à l'ouest, sur toutes les mers et sur tous les océans, maître absolu de tous les zombies, il sévit 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sans limite ni miséricorde, du berceau au cercueil. Il ne lâche rien, s'abreuve de votre richesse, de votre force vitale, même par delà la mort.

La France zombifiée désespère ses citoyens réveillés, qui commencent à prendre conscience du délabrement de ses institutions et de ses territoires.

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