Coronavirus : délaissée par l'UE, la France peut compter sur l'incompétence de Macron !

L'Union européenne sortira métamorphosée de cette crise. Le chef de l'Etat aurait voulu faire de la lutte contre le coronavirus un nouveau défi européen, mais comme il fallait s’y attendre son ambition s’est fracassée sur les réflexes nationalistes des autres Etats membres. Et manque de chance, la France n'a pas encore les moyens de se défendre.

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"Nous sommes en guerre" a martelé le président Macron le 16 mars, annonçant aux Français comme la meilleure stratégie de combat était ... de se cacher en restant confiné chez soi, à défaut de posséder les armes nécessaires pour mener le combat.

Comme en temps de guerre, Emmanuel Macron veut mobiliser l'ensemble de la nation pour atteindre un objectif : vaincre le virus, à mains nues et à visages découverts. Ou plutôt à mains gantées et à visages masqués. Le Président a même invoqué l'esprit de l'Union Sacrée en référence à la trêve de tous les partis politiques français au moment de la déclaration de guerre de l'Allemagne adressée à la France en 1914. Sur sa lancée, il en a profité pour suspendre l'adoption de la réforme des retraites qui a récemment provoqué la plus grande mobilisation sociale depuis des décennies. L’occasion étant trop belle pour ne pas la saisir.

Le Président a montré qu'il n'avait aucun sens de la mesure

A plusieurs reprises depuis son élection en 2017, le Président a montré qu'il n'avait aucun sens de la mesure. Le 16 mars, il a essayé de donner une image de chef aux 35 millions de Français qui ont pris la peine d’écouter son discours télévisé. La référence à la grande guerre, qui a fait des dizaines de millions de morts, parait choquante dans la mesure où tout indique que le risque de mortalité, pour ce qui concerne la France, ne devrait pas atteindre quelques milliers de malades. C’est évidemment toujours trop mais cela montre la démesure des propos d'Emmanuel Macron.

Dans le contexte actuelle, Macron vient d’avoir une révélation transcendantale qui bouleverse tout ce à quoi il croyait et ce pourquoi il a été élu Président de la République : la France est bien une Nation. Tout à coup, tout devient plus clair pour lui. Le voilà promettre un État providence renforcé, une Europe plus souveraine et une repensée de la mondialisation dès la fin de la crise. Selon lui, "quand nous aurons triomphé, ce ne sera plus comme la veille" et "nous serons plus forts moralement, nous aurons appris", expliquant qu'il tirera "les leçons, toutes les leçons".

Il est vrai que dans l’histoire, la France a en effet une Histoire, les guerres ont très souvent servi de ressors à l'édification de la nation avec ou sans désintégration politique. Cependant, pour cela, les communautés hétérogènes devront apprendre à se faire confiance, à coopérer en dehors de structures familières et à concevoir de nouvelles institutions. Ou alors se sera l'effondrement.

Chassez le naturel, il revient au galop. En effet, lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron qui a toujours fait de l'Europe un thème clé de sa politique, a souligné que la crise pandémique implique une lutte commune des Européens : "le virus n'a pas de passeport, mais les régions gravement touchées doivent être isolées et les frontières européennes plutôt que les frontières nationales doivent être fermées". Apparemment, admettre que les frontières nationales existent l’exaspère au plus haut point.

Pour faire un parallèle, dans son discours à la nation, la semaine dernière, Angela Merkel n'a pas mentionné l'Europe une seule fois. Interrogée lors d'une conférence de presse sur la solidarité fiscale au sein de l'UE, la chancelière s'est montrée évasive, affirmant de manière énigmatique : "Nous devons veiller à ne plus institutionnaliser quelque chose qui a toujours été demandé par certains".

Les futurs historiens trancheront sur la responsabilité coupable de cette affaire désastreuse

Alors que Macron remercient les Etats fédéraux allemands du Bade-Wurtemberg et de la Sarre pour leur accueille de malades victimes du Coronavirus en provenance d’Alsace, région très affectée, la distance sociale pas très subtile de Merkel avec ses voisins a encore une fois rendu perplexe de nombreux Français. Son niveau de désintérêt pour la construction européenne n’a jamais été aussi élevé.

Depuis que Macron a été élu, l’Union européenne se délabre de plus en plus au point de donner l’impression de pratiquer une danse macabre qui n'est pas seulement due à l’attitude de Berlin. Le 3 mars, c'est Paris qui a donné le "LA" en sapant le marché unique par la voix de Macron. Ce dernier a annoncé la réquisition de tous les équipements de protection médicale en France, ce qui a incité dès le lendemain Berlin à interdire toutes les exportations de matériel médical.

Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, a déclaré le 6 mars que l'interdiction d'exporter pourrait être levée si une interdiction à l'échelle de l'UE était convenue. Le lendemain, son homologue français a défendu la réquisition, arguant que cela empêchait la remise de masques au plus offrant et que Bruxelles devait coordonner la distribution des stocks. Il a fallu encore dix jours avant que Paris et Berlin acceptent de supprimer leurs restrictions à l'exportation vers les autres États membres de l'UE le 16 mars.

Les futurs historiens trancheront sur la responsabilité coupable de cette affaire désastreuse. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a déjà déclaré sans équivoque : "Nous voyons en Europe que la solidarité ne fonctionne pas quand la pression vient à pousser. Il y aura beaucoup de choses à discuter lorsque cela sera terminé." Cela promet.

La réponse en matière de santé et de sécurité ne peut-être que nationale

La crise sanitaire est déjà une crise économique. Pour éviter qu'elle ne devienne une crise politique européenne, Merkel et Macron doivent supprimer leurs instincts nationalistes et exprimer leur engagement commun en faveur de l'union monétaire, du marché unique et des membres de l'UE comme l'Italie qui ont moins de latitude budgétaire pour lutter contre le virus. Les Italiens ont besoin d'entendre cela, afin que l'Europe ait une chance de regagner leur confiance. L'Union européenne a fait preuve d'une flexibilité sans précédent dans les premiers jours d'une crise aiguë. Cela pourrait signifier que le projet européen est lui aussi infesté.

Au cours de la dernière décennie, chaque crise successive a été considérée comme un "test critique" pour l'Union européenne. Et à chaque fois, de la crise de la dette de la zone euro à la crise migratoire en passant par le Brexit, l'UE a tenu bon. Cette fois, c'est différent. Les États membres de l'UE sont allés de l'avant avec leurs propres mesures divergentes, allant de la fermeture des frontières à l'instauration de fermetures et à la restriction de l'exportation de matériel médical. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a déclaré que cette crise appelait à "plus d'Europe".

En réalité, c'est exactement le contraire qui se produit, du moins pour l'instant. La réponse en matière de santé et de sécurité ne peut être que nationale. Ce qu’il est possible de retenir, c’est que l’Union européenne telle qu'elle est actuellement vit ses dernières mois et que seule une profonde remise en cause de son organisation et de ses règles pourront la sauver. Concernant l'hexagone, les Français pourraient punir la gestion calamiteuse de la crise sanitaire et choisir en mai 2020 le temps du renouveau pour la France qui est, depuis plusieurs décennies, entre les mains d’une élite parisienne qui s’est accaparée tous les pouvoirs.

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