Coronavirus : la France a choisi la voie de l'éthique

Le style de gestion stratégique de l'épidémie reflète fidèlement l'éthique et la manière de comprendre les intérêts nationaux et les priorités politiques des États et, dans une moindre mesure, des nations et des peuples. Pour faire face à la pandémie, deux modèles s'opposent.

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Le choix du style de gestion stratégique est purement politique.

  • Modèle un : la contagion n'est pas combattue, tout en restant centré sur la prise en charge des malades (modèle allemand, britannique et partiellement français).
  • Modèle deux : la contagion est contenue autant que possible par des mesures d'urgence pour isoler la population (modèle chinois, italien, et maintenant partiellement français).

L’hypothèse sur les différents styles stratégiques de gestion des épidémies adoptés en Europe et ailleurs, pour la justifier, a besoin de compétences et d'informations statistiques, épidémiologiques et économiques.

Ceux qui choisissent le premier modèle font un calcul coûts / avantages en choisissant consciemment de sacrifier une partie de leur population. Cette part est plus ou moins importante en fonction de la capacité de réponse du service national de santé, notamment du nombre de places disponibles en réanimation.

Le coronavirus présente des caractéristiques de contagion élevée, un pourcentage limité de conséquences fatales directes ou liées à des complications, mais aussi un pourcentage d’environ 10% de patients qui nécessitent un traitement sérieux dans des unités de soins intensifs. La proportion de décès est lié à la capacité du système de santé à répondre aux besoins en moyens et en personnel médical, à la composition démographique de la population, et d'autres facteurs imprévisibles tels que d'éventuelles mutations du virus. Les personnes âgées sont plus en danger que le reste de la population en raison de leur plus faible capacité immunitaire.

L'adoption du modèle un est en soi plus "diabolique". La part de la population qui est à fort risque de décès est en grande partie composée de personnes âgées ou déjà malades. Donc sa disparition ne compromet pas la poursuite du système économique mais allège les coûts du système de retraite, des soins de santé et des services sociaux à moyen terme. Cela déclencherait en outre un processus économiquement favorable grâce aux héritages qui, comme cela s'est déjà produit dans les grandes épidémies du passé, augmenteront la liquidité et la richesse des jeunes plus susceptibles de consommer et d'investir.

La France met en péril son économie pour sauver ses citoyens

La direction chinoise a préféré le modèle deux, estimant que l'avantage stratégique à long terme de préserver et même de renforcer la cohésion sociale et culturelle de sa population l'emportait sur le coût à court et moyen terme des dommages économiques. Dans le cas de la France, sous l'influence de la civilisation européenne imprégnée de sensibilités chrétiennes, une influence de très longue durée continue, au moins en surface. Le pacifisme s’est installé après la Seconde Guerre mondiale, perpétué d'abord par les communistes de gauche et le monde catholique, puis par les dirigeants libéraux progressistes de l'Union européenne.

Sur le plan politique, les niveaux de prise de décision se chevauchent et se gênent. Il ne faut pas oublier qu'il existe des préoccupations électorales dans tous les partis. De plus, la légitimité de l'État est fragile. L’incapacité des classes dirigeantes, les habitudes de décharger les responsabilités, les choix et les motivations connexes sur les épaules de l'Union européenne ont conduit à prendre la ligne de moindre résistance qui dans ce cas est précisément le choix de contenir la contagion, pour étaler ses répercussions dans le temps.

La France a choisi d’honorer et guérir nos pères, nos mères, nos grands-parents, même s'ils sont souvent considérés comme n'étant plus utiles. La mise en œuvre du modèle un, où la contagion n’est pas contenu, sacrifie consciemment une part de la population en ne prenant aucune mesure de restriction et de liberté. La vie quotidienne continue exactement comme d’habitude, bien que beaucoup tombent malades et un pourcentage non négligeable d'entre eux décèdent, incapables d'obtenir les soins nécessaires pour des raisons de capacité du service de santé.

La mise en œuvre du deuxième modèle, où la contagion est contenue autant que possible pour permettre au corps médical de pouvoir répondre aux appels de détresse, nécessite au contraire l'application de mesures très strictes de restriction des libertés individuelles, et nécessitent, pour être menée de manière cohérente, le déploiement d'une véritable contrainte, afin de garantir l'unité de commandement et la protection de la communauté.

La France met en péril son économie pour sauver ses citoyens, ce qui est une figure éthique et sociale très positive, alors que la méthode anglaise consistant à faire exploser l'épidémie a une base scientifique solide mais comporte une conception cynique et effrayante de la phrase de Boris Johnson, selon lequel "de nombreuses familles devront s'habituer à perdre leurs proches à l'avance"..

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