Coronavirus : rester confinés ne résoudra pas la misère du système de santé

Les personnels hospitaliers, demandant plus de moyens, n'ont jamais été écoutés par les pouvoirs en place. Aujourd'hui, alors que la pandémie fait des ravages sur l'ensemble du globe, et que le catastrophisme est propagé sur les réseaux sociaux, il est nécessaire de comprendre les causes systémiques d'une telle situation, d'analyser les responsabilités politiques des dirigeants.

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Depuis plusieurs semaines, nous sommes captivés par un flux continu d'informations provenant des médias traditionnels, des réseaux communautaires et du circuit politique, qui alimente, pour toute la population, un sentiment d'anxiété et d'insécurité généralisé que personne n'aurait pu imaginer il y a seulement un mois. La cacophonie de centaines de messages, tweets, appels, vidéos, que la plupart des gens reçoivent à longueur de temps de leurs propres contacts, prend une place considérable. Le climat social du web, conforme à l'humeur dominante, engendre une dramatisation irraisonnée de la situation.

Dès le début de la crise sanitaire, les premières mesures ou décisions qui ont été mises en quarantaine étaient justement la politique et la pensée critique. Il n’est pas question d’avancer des considérations médicales et de s’appuyer sur toute personne diplômée en médecine par l'Université de Google ou ayant obtenu une spécialisation en virologie sur Facebook ou Twitter. Seuls les paramètres de la dangerosité létale du virus, largement utilisé pour comparer les stratégies mises en œuvre par les différents pays, méritent d’être pris en compte.

Il semble évident que le niveau d'indétermination est encore très élevé. D'après les épidémiologistes, un pourcentage important de personnes infectées ne présentent pas de symptômes et n’auront jamais de raison de subir de traitement. Cela concerne aussi, en grande partie, beaucoup de personnes infectées mais pour qui les symptômes ne dépasseront pas ceux d'une simple grippe. En prenant en considération ces constatations, les estimations, bien que très grossières, conduisent à des scénarios extrêmement différents. Le nombre de personnes infectées mais non rendues malades serait 10 fois plus élevé que celui des personnes déclarées. Cela ramène le pourcentage de létalité à 0.2%.

Les services médicaux se retrouvent débordés en raison du manque de places

Cependant avec l'augmentation progressive du nombre de patients contraints à l'hospitalisation dans les unités de soins intensifs, les services médicaux se retrouvent débordés en raison du manque de places effectivement disponibles. La limite est rapidement atteinte, compte tenu de la situation hospitalière française. Cela est incontournable et soulève la question politique concernant le niveau d’investissement consacré au système de santé français.

Chaque année, la tuberculose tue plus 1.6 million de personnes, dont environ 250 000 enfants. Cette hécatombe se passe évidemment dans une partie de la planète qui apparemment n’intéresse pas grand monde. Ce qui inquiète les dirigeants c’est l’inconnue et la tendance d'une épidémie à progresser sans aucune forme de confinement.

Fondamentalement c'est la politique qui décide du nombre de points de PIB à allouer à la santé publique. C'est la politique qui décide de la relation entre la population et les lits et entre la population et le personnel médical et paramédical. Et c'est toujours la politique qui décide de la relation entre la santé publique et la santé privée, entre une stratégie visant à maximiser la prévention et une autre axée davantage sur la guérison comme source de profit. Selon les statistiques de l'OCDE sur la santé, la France ne disposait en 2018 que de 3,1 lits d'hôpitaux en soins intensifs pour 1000 habitants, soit un peu plus de 200 000 lits pour une population de 67 millions d'habitants. Dans le reste de l'Europe, après des coupes budgétaires continues, le ratio est actuellement de 5 lits pour 1000 habitants.

Il s'agit évidemment de fixer des priorités et c'est toujours et seulement la politique qui le fait, alors que ce sont toujours les luttes sociales qui permettent d'influencer les agendas politiques décidés ailleurs. Pour cette raison, la politique du confinement est peut-être nécessaire mais reste insuffisante. Lorsque l'épidémie sera terminée le risque de se retrouver avec des soins de santé encore plus orientés vers le secteur privé est certain, par manque de financement public.

La France s’est trouvée non préparée, avec un équipement et un personnel insuffisants, l'empêchant de travailler dans des conditions sûres, ce qui a généré une situation difficile à admettre. Avec la réforme des retraites et maintenant la privatisation de la santé hospitalière qui se dessine, le Président Français ne pouvait rêver de circonstances aussi favorables.

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