Démocratie : l'espérance d'un changement de société se fait sentir

Un sentiment profond de malaise existentiel se diffuse partout dans le monde occidental. L'individualisme des hommes, les manipulations des médias, l'arrogance des élites, la servilité des masses, autant de facteurs qui amènent à s’interroger sur les limites de la démocratie, qui vit une période difficile de son histoire contemporaine.

L'être humain de ce début de millénaire est toujours un animal servile et mimétique, qui n’a pratiquement pas évolué dans sa représentation génétique, alors que l’environnement qu’il a forgé pour y vivre est totalement nouveau, reposant sur des inventions technologiques dont personne ne sait jusqu'où elles mèneront le monde. Capable de défier l’univers, de décoder l’infini petit ou grand, de transporter ses pensées à la vitesse de la lumière, de tutoyer Dieu, l'Homme reste fondamentalement irresponsable et incapable de prévoyance, demeurant le plus souvent indigne de sa liberté.

La bonne conscience comme facteur d’oubli semble utile à la survie

Les âmes qui, à l’occasion d’un énième plateau télé, se présentent si charitables envers les plus démunis, et en même temps si promptes à considérer les gens du peuple de "populistes", se plaisant à leur faire la morale, ont certainement besoin d'un placebo pour leur conscience, dans le but de dormir plus paisiblement la nuit. Toutes les bonnes intentions positives et feintes sont à l’image du nouveau monde, cynique et tricheur. La bonne conscience comme facteur d’oubli semble utile à la survie, en devenant un savoir- faire grossier, un art dans la fourberie, sans doute pour échapper aux conséquences dénaturantes de son opportunisme et de sa lâcheté.

Aveuglés ou envoûtés par des idées - devenues idéologies - d’hégémonie, les biens pensants sont défendus par une pléthore de mensonges et de menteurs en constante augmentation. Ils créent un terrain propice à une existence où l'incohérence, l’insatisfaction et la méfiance sont les maîtres, alors que c’est le système lui-même qui les crée, nourrit et guide vers des objectifs sans intérêt pour pouvoir mieux neutraliser les vrais enjeux aux aspects potentiellement subversifs.

Attiré de force par un système qu’il ne comprend plus, poussé par une intuition ou une perception que son identité s'échappe, le peuple attend une résolution à cet état de fait qui passera forcement par un changement des conditions politiques, économiques, anthropologiques et culturels. Une nouvelle espérance, inimaginable hier, s’approfondit. La nécessité de donner du sens au vide, de contrôler les états dépressifs et de malaise, s'étend et prend racines.

Les hommes semblent éloignés les uns des autres

La vie en communauté est ancrée dans chaque individu comme un composant essentiel de son identité. Cela l'est encore davantage pour un être qui vit dans la souffrance. Le sens de la communauté n’est pas une contrainte pour s’ouvrir aux individus de toutes autres communautés. L’individualisme contemporain, largement construit par les environnements culturels et médiatiques spécifiques à notre époque, se révèle incapable de permettre une relation de confiance avec son extérieur. Au moment où le protectionnisme économique s'intensifie et les craintes des peuples se multiplient, les nations s'éloignent et construisent des murs. Les hommes, qui en apparence se ressemblent et se singent en cumulant des centaines d’amis électroniques, semblent éloignés les uns des autres.

De nos jours, la fragmentation entre hommes, entre compétences, entre sexes ou entre membres d'une même famille devient banale, en s'imposant comme faisant partie des règles du monde global. Les politiques dans leur ensemble languissent sous l’emprise de la finance robotisée. Les hommes s’agitent les uns contre les autres dans une compétition sans objet défini, qui provoque finalement des conflits interminables, entre les plus pauvres et les plus malléables, pour ne pas sombrer plus bas. Alors que de nouvelles élites ignorantes et arrogantes, cyniques et obtus, douées à inventer de nouveaux outils du mensonge, accroissent davantage leur richesse.

Le système se défend très bien grâce à la passivité des masses

La démocratie sert à convaincre la majorité des citoyens qu’ils peuvent changer leurs conditions de vie grâce au vote. Ainsi, après la promenade dominicale, permettant d'effectuer son devoir de citoyen docile, l’homo-democraticus revient à sa condition de vie en attendant la prochaine élection, sans avoir rien changé par son action. La démocratie repose le plus souvent et fondamentalement sur un individu incapable de modifier son comportement et qui, par sa position, tutoie les étoiles à qui il conteste leur éternité.

Le système, bâti sur un mensonge et sur des milliers d’assassinats, pour combattre des éléments subversifs réels ou au moins potentiels, se défend très bien grâce à la passivité des masses. Il a survécu à de gigantesques crises d'époque, à des contorsions et à des spasmes qui lui ont permis de se forger une force gigantesque.

Le pouvoir passe au profit d'une oligarchie qui, après les expériences séculaires de son histoire, a appris la flexibilité et l'extrême pragmatisme. Capable de s'approprier les forces antagonistes et de les conduire à leur propre dynamisme, le pouvoir se montre aussi capable de sublimer les oppositions qui naissent inévitablement des contradictions qu'il produit.

La limite de la liberté démocratique n'est pas perçue jusqu'à ce que quelqu'un brise les canons imposés par la société, testant les contre-mesures utiles adoptées par le système pour le ramener sur la bonne voie. L'ordre social est maintenu par une exposition continue à des indications spécifiques qui endoctrinent, distraient, manipulent, corrompent, au point de rendre le mensonge acceptable, démocratique et tolérable.

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