Emmanuel Macron, il est temps d'en finir avec la dette et la mondialisation !

Rien ne change sous le ciel de France. La dégradation des finances publiques, dénoncée par la Cour des comptes et permise par une dette abyssale de l'Etat français, n'est pas vraiment une surprise. Pour comprendre pourquoi la dette est un problème et comment changer de paradigme, il faut revenir à l'origine des institutions qui ont permis ce système mondialiste.

PUB ARTICLE - DEVENEZ AUTEUR

LE WEBORATEUR est un média participatif. Connectez-vous pour commenter et proposer vos articles à la rédaction.

Dans son dernier rapport rendu public ce mardi, la Cour des comptes juge que le redressement des finances publiques pour l'année 2019, déjà mauvaises au cours des dernières années, est aujourd'hui quasiment à l’arrêt. Il s’agit bien sûr d’un avertissement pour l'exécutif. Ce jugement sévère ne devrait rien changer aux habitudes du gouvernement d’Emmanuel Macron, car il ne lui reste plus de marges de manœuvre pour modifier la trajectoire actuelle, dans un contexte où l'économie mondiale, déjà plombée par les tensions commerciales, devrait fortement pâtir des conséquences du coup de frein de la Chine paralysée depuis plus d'un mois par l'épidémie de Coronavirus.

La France est championne du monde des prélèvements

Devant la crainte que suscite le COVID-19, les plus fervents partisans de la mondialisation se mettent à rêver d'un monde plus réglementé et, plus difficile à croire mais pourtant vrai, à demander la fermetures des frontières qu'ils se sont employés à abattre sans état d’âme. La situation actuelle nous rappelle à quel point les gouvernements successifs se ressemblent dans la gouvernance du pays. Ils donnent le sentiment de savoir seulement gérer les dépenses et d'être incapables d’agir sur les recettes productives de richesse. Ramener au niveau d'une entreprise, cela consisterait à gérer les charges toujours en augmentation tout en étant incapables de trouver le moyen de multiplier les ventes, ce qui assure à coup sûr le dépôt de bilan.

Nos élites excellent dans le saupoudrage d'illusions pour le peuple, grâce à des aides en tout genre, des subventions, des primes et autres farandoles. Il s'agit de s'empresser à chaque problème qui surgit, de jouer "les frères qui rappent tout" qui "imposent sans répit et sans repos" (référence aux Inconnus). Cela explique pourquoi la France est championne du monde des prélèvements financiers sur les salaires, les revenus de toutes sortes, les produits, les successions, bref sur tout ce qui se monnaye.

Cette façon de gérer le pays n’est pas isolée de ce qui se passe ailleurs. Depuis les années 1980, et plus particulièrement à partir des 20 dernières années, les dirigeants occidentaux ont transformé les conséquences des agissements de l'oligarchie en une crise de la dette souveraine des États. Ainsi nos élus "démocratiques" ont pu mettre un voile pudique sur l'insouciance et la rapacité des oligarchies financières pour les protéger du regard des couches les plus faibles de la population. Cela leur a aussi permis de poser les fondations des nouvelles expropriations au détriment des peuples. La technique est simple et redoutable. Les grands groupes industriels et financiers des États les plus puissants réalisent d'énormes profits grâce au crédit accordé aux États les plus faibles. Puis lorsque l'exposition au crédit devient insoutenable, ses coûts sont repris par les États périphériques et transférés dans leur budget. Le peuple paiera.

Privatisations, coupes dans les assurances sociales, réductions de salaire

C’est à ce moment là que les institutions présumées neutres, comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l'Union européenne et sa Banque Centrale Européenne interviennent pour dicter leurs recettes de remboursement de la dette. Le paquet cadeau comprend évidemment des privatisations dans des secteurs stratégiques, des coupes dans les assurances sociales ou des réductions de salaire.

Afin de favoriser les grands groupes métropolitains intéressés à mettre la main sur des atouts stratégiques, comme les grands groupes d'assurance privés, des élites locales et internationales peuvent compter sur une main-d'œuvre sans emploi ou sous-payée et donc disposées à se vendre à moindre prix. Née avant la grande crise de 1929, il s’agit d’une méthode éprouvée de valorisation du capital, de division internationale du travail, et dirigée contre les populations. Précédée par une forte expansion des années 1920, cette crise s'accompagna d'une importante déflation et d'une explosion du chômage.

L'utilisation politique de la dette a toujours été l'un des agents fondamentaux de la mondialisation des capitaux, des produits et du travail. Dans la mondialisation des marchés, dans l'imposition d'une société de marché où le profit est le critère de réussite de toute initiative économique et finalement humaine, il n'y a rien de naturel. La mondialisation est donc le résultat d'une option politique précise, et l'ouverture des marchés est un processus coercitif.

Les institutions technocratiques ont pris le pouvoir

C'est en effet dans ce contexte que les institutions politiques nées pour défendre la société en réponse à la crise dévastatrice des années 30 ont été démantelées, remplacées par des organisations technocratiques dont l'impartialité a été saluée. Chaque pays ou groupe de pays a suivi une voie particulière vers ce processus de remplacement de la politique administrative. La répétition remonte au milieu des années 70, avec la faillite de la ville de New York. C'est là que les institutions technocratiques ont pris le pouvoir pour la première fois. À une échelle toujours croissante et de plus en plus fréquente, l'expérience se répète depuis le début des années 80 dans les pays du tiers monde qui relèvent de l'administration contrôlée du Fonds monétaire international.

Dans ce contexte, la question de l'utilisation politique de la dette acquiert une pertinence particulière. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale sont nés, dans le cadre des accords de Bretton Woods de 1944, en tant qu'organes de contrôle des flux financiers et de la croissance coordonnée des salaires et des bénéfices, au service de la stabilité des finances et du commerce international. L'hégémonie de ces deux organisations a permis leur fonction stabilisatrice durant les trente glorieuses. Mais le virage néolibéral qui a suivi la crise de 1973 a modifié profondément les règles économiques et financières internationales.

Avec l'embargo pétrolier imposé par les pays arabes en 1973 et la flambée des prix du pétrole brut, les finances des États du golfe Persique ont augmenté de façon considérable. Les pétrodollars ont crée une énorme masse de liquidités. Cette masse monétaire a ainsi été accumulée dans les coffres des grandes banques américaines, dans un contexte politique dominé par une période de refroidissement des investissements industriels dans tout l'Occident, essentiellement due aux luttes des mouvements ouvriers et aux prix élevés de l'énergie.

Au début des années 2000, avec l'introduction de l'euro dans le concert financier mondial, les capitaux du nord ont afflué massivement vers le sud pour financer l'achat de produits du Nord. Le jeu de la dette extérieure a fonctionné jusqu'en 2008. Les banques allemandes ont alors beaucoup prêté aux pays du sud de l’Europe. Après la crise grecque, l’Allemagne a étendu son exportation hors du terrain européen ne voulant plus courir le risque d'une dette mutualisée européenne.

Macron ne doit plus se cacher derrière le rideau de la mondialisation

Le rôle de la dette dans le contexte de la mondialisation aurait dû clairement apparaître. Les États périphériques, qui détiennent une part disproportionnée de la richesse mondiale, s'endettent auprès des grands groupes financiers pour l'achat de biens et services. Pour se remettre de l'endettement, les secteurs des services et des assurances sociales sont contraints de s'ouvrir au marché et les conditions de mise sur le marché du travail se dégradent.

Inverser ce modèle doit devenir la tâche prioritaire des démocraties européennes, en premier lieu la France. Les investissements publics dans les secteurs stratégiques doivent conduire à renforcer les systèmes de production des zones les plus touchées par la désindustrialisation et le chômage. Il est temps d’arrêter l’appauvrissement des classes moyennes, la dégradation des services publics, l’émigration croissante de la jeunesse sans avenir, de l’abandon d'une main-d'œuvre hautement qualifiée.

Emmanuel Macron doit changer de braquet pour s’attaquer à la montagne de ce qui est fondamental, au lieu de patauger dans des mesurettes néfastes. Il est fondamental de favoriser de nouveaux profits dans des zones régionales, de créer de bons emplois bien rémunérés en réinstallant les entreprises dans le pays, de relancer vraiment la recherche scientifique et technologique, de booster l'université et l'école.

Macron ne doit plus se cacher derrière le rideau de la mondialisation et des institutions européennes, pourtant chargées de sauvegarder une société de plein emploi et de plein marché, dont les représentants se sont mis à l'abri de la démocratie pour conserver leurs privilèges. Il faut de l’audace pour changer de paradigme car au sein des structures actuelles de l'Union européenne, ces mesures politiques ne semblent pas faisables en raison des relations de pouvoir actuellement en vigueur entre les pays membres, et sont de plus rendues impossibles par les traités. Les différentes controverses entre les pays européens sur le patriotisme, la souveraineté, l’immigration, l’islamisation sont un frein à toute changement de l’UE. La Grande-Bretagne a raison de prendre le train du renouveau. Refaire la France est le seul moyen de pouvoir un jour payer ses dettes.

Devenez auteur, devenez weborateur !
Connectez-vous et proposez vos articles à la rédaction. Ils pourront être publiés dans le Journal.

Commentaires (0)

Proposer un article
Aucun commentaire publié pour l'instant. Soyez le premier !