La politique gouvernementale n’empêchera pas l'immigration de continuer

La situation politique, économique et sociale actuelle n'est pas propice pour concevoir l’immigration comme étant une réponse valable pour résoudre le problème démographique que connait l'Europe. Pourtant, il semble que le gouvernement aurait choisi d'encourager l'immigration plutôt que la natalité pour "équilibrer la population active en 2050".

Le Ministre de l’intérieur Christophe Castaner, désireux d’accélérer la lutte contre l’islamisme, a adressé aux Préfets un plan de bataille pour se prémunir des attentats sur les territoires français. Les mesures anti-terrorisme et les recommandations annoncées visent les musulmans radicalisés qui représentent une préoccupation permanente de sécurité nationale pour le gouvernement. S’il vise un deuxième mandat, Emmanuel Macron ne peut pas se permettre la moindre faiblesse en matière de sécurité.

Lors d'une réunion avec des jeunes à Créteil pour défendre la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire en charge du projet, a expliqué qu'il faudra "50 millions de population étrangère pour équilibrer la population active en 2050 en Europe". La droite et l'extrême droite ont dénoncé vendredi cette "scandaleuse rhétorique". Ces propos ont provoqué des vives réactions au sein de la droite. Le gouvernement aurait choisi d'encourager l'immigration plutôt que la natalité.

En France, la population dans son ensemble, hormis les sympathisants de la gauche radicale, devient réticente à accepter une nouvelle vague d'immigrés sur son territoire. Les difficultés dues à la mauvaise intégration des "nouveaux français", issus des période d'immigrations des années 1970-2000, contribuent largement à accentuer un climat de défiance vis-à-vis des partisans d'une nouvelle période de porte ouverte en France et en Europe. De plus, la montée de l'islamisme radical constaté sur l'ensemble du territoire ne fait que renforcer la défiance populaire vis-à-vis de la religion musulmane.

L’intégration reste difficile, l’assimilation rare, pour les immigrés de confession musulmane

En effet, le terrorisme islamique trouve des forces et des appuis logistiques dans de nombreux endroits du pays qui ont connu, depuis trente ans, un apport migratoire considérable. Fort heureusement, immigration et terrorisme ne sont en rien synonymes. Pour autant, l'islam radical, terreau du terrorisme sanglant, peut trouver ses repères et ses appuis au cœur des banlieues de presque toutes les villes françaises parmi les pratiquants musulmans. Aujourd'hui, de nombreux descendants d’immigrants, parfois de deuxième ou troisième génération, ont encore du mal à se considérer comme Français. Même si les améliorations sont réelles depuis quelques années, l’intégration reste difficile, l’assimilation rare, pour les immigrés de confession musulmane. La marginalisation des minorités en France restant mauvaise et bien pire qu'ailleurs.

Lors de sa visite à Calais, au mois de novembre, le Président français a défendu sa politique d'immigration. En rappelant que 100 000 nouvelles demandes d’asile ont été déposées en France l’année dernière, Emmanuel Macron a insisté sur la distinction à faire entre migrants économiques et les réfugiés fuyant la persécution. Il a précisé que les immigrés économiques devaient être refoulés, et que les réfugiés devaient être autorisés à rester. Déjà en janvier 2018, le chef d'Etat avait promis que la France ne permettrait pas à un autre camp de migrants d’apparaître sur la célèbre "Jungle" de la ville.

Depuis longtemps, les débats sur l'immigration sont animés et font la une quasiment tous les jours de l’année. À la suite des attentats terroristes perpétrés en France, le ton et les invectives des intervenants au débat médiatique sont devenus tendus. Le parti de Marine Le Pen, le Rassemblement national, est devenue le premier parti de France, avec près de 30% de sympathisants. Il ne se prive pas d'exprimer politiquement ses idées anti-immigrés à chaque fois que la parole lui est donnée. Le journaliste pamphlétaire et écrivain Eric Zemmour, personnalité française bien connue, impute une grande partie des problèmes de la France à l’immigration musulmane françaises, en particulier à celle d'Afrique du Nord.

Une refonte complète de la politique française concernant l’immigration

Accusé de laxisme par les partis de droite et trop strict par ceux de gauche, en septembre dernier, le président Macron a annoncé qu'il souhaitait une refonte complète de la politique française concernant l’immigration. Le projet de loi proposé se veut nettement plus ferme et ressemble au nouveau modèle allemand. Les attaques terroristes, en France et plus généralement en Europe, ont rendu impossible la dissociation entre l’immigration et la sécurité nationale. D'autant plus que les grandes vagues de réfugiés ont créé une crispation de la population qui craint une invasion du pays par des étrangers.

Pour Macron, le problème de l’immigration rejoint une autre difficulté qui est le sentiment d'appartenance au pays. En 1993, la loi Pasqua conditionnait l'obtention de la nationalité française pour les enfants de parents immigrés mais cette disposition a été supprimée en 1998 par la gauche. Pour acquérir la nationalité française, il fallait en faire la demande écrite. Aujourd'hui, en vertu du droit du sol, tout enfant né en France de parents étrangers acquiert automatiquement la nationalité française à sa majorité. Ainsi, de nombreux descendants d’immigrés sont Français mais ont du mal à se considérer comme Français. Même les sportifs reconnus et médaillés, de parents immigrants, doivent prouver leur dévouement envers le drapeau français.

Les liens particuliers entre la France et les pays du Maghreb ont créé une histoire commune particulière. L'identité française est liée à son passé colonial. Les Français craignent que la France soit transformée en colonie par une invasion culturelle étrangère. La France, qui est de culture grecque,romaine et historiquement chrétienne, défend avec ferveur le concept de laïcité. Ces identifiants caractéristiques se heurtent à l’allégeance de ces immigrés à l’islam.

La question de l'immigration ne doit pas être liée à l’identité nationale

L'intégration de la communauté maghrébine reste difficile. Les descendants de l’immigration extra-européenne d’après-guerre vivent maintenant dans des cités aux conditions de vie détériorées et où ils se sentent marginalisés, malgré les milliards d’euros dépensés par l’Etat pour les aménagements. Parmi ceux qui ont quitté l'Europe pour se rendre en Syrie afin de rejoindre le "Jihad", la plupart provenaient de ces quartiers "difficiles", selon l’expression médiatique. Un grand nombre de personnes de ces communautés ont le statut de "fichés S", ce qui signifie qu'elles sont sous surveillance policière. Régulièrement les autorités françaises démantèlent des cellules terroristes islamistes.

La question de l'immigration ne doit pas être liée à l’identité nationale. Rationaliser l'immigration en utilisant des critères plus objectifs permettrait de réduire progressivement les tensions communautaires. Emmanuel Macron tente, avec son initiative "Passeport de talents", d’améliorer la qualité des immigrants originaires d’Afrique du Nord pour obtenir une meilleure image de l'intégration en France.

Il est nécessaire d’adopter une conception plus moderne fondée sur la diversité et l'inclusion. Un nationalisme français étroit doit être remplacé par un patriotisme français plus large. En attendant, les problèmes d'immigration continueront de sévir en France.

Devenez auteur, devenez weborateur !
Connectez-vous et proposez vos articles à la rédaction. Ils pourront être publiés dans le Journal.

Commentaires (0)

Proposer un article
Aucun commentaire publié pour l'instant. Soyez le premier !