Le privilégié François de Rugy tombe de sa tour d'ivoire

Critiqué pour ses dépenses somptueuses, le ministre d'Etat chargé de la Transition écologique a finalement démissionné. Numéro deux du pouvoir exécutif d'Emmanuel Macron, il devait piloter le virage écologique du gouvernement français. Tout a changé pour lui en moins d'une semaine. Voilà que l'homme politique au sommet du pouvoir est tombé en disgrâce sur le parvis de son ministère.

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François de Rugy n'a pas été capable de surmonter l'acharnement médiatique qui a suivi la cascade de révélations du site d'information Mediapart. A la source de la tempête : une dizaine de dîners somptueux, avec homards, champagnes et grands crus, lorsqu'il était Président de l’Assemblée nationale, qu'il aurait offert au cercle amical de sa femme, avec le budget parlementaire et donc l'argent des contribuables. Des repas qui n'étaient, d'après Mediapart, pas inscrits dans l'agenda parlementaire. Une annonce qui a heurté l'opinion publique, dans cette période où chacun est obligé de faire des sacrifices.

D'autres annonces ont suivi : de Rugy a fait effectuer des travaux somptueux, à des coûts élevés, pour rénover son appartement ministériel, et, parmi les dépenses engagées en tant que président de l’Assemblée nationale, il y aurait ... un sèche-cheveux doré à l’or fin.

La sentence est finalement tombée ce 16 juillet 2019. Malgré le soutien initial, mais frileux, du président Macron, de Rugy a présenté sa démission. Ce départ met une fois de plus dans l'embarras un gouvernement qui perd en moins d'un an son deuxième ministre chargé de l'important portefeuille de l'environnement, après la démission de Nicolas Hulot fin août dernier. De Rugy a tenu à s'expliquer dans un communiqué publié sur sa page Facebook :

"Les attaques et le lynchage médiatique dont ma famille fait l’objet me conduisent aujourd'hui à prendre le recul nécessaire - ce que chacun comprendra."

Il se défendait, depuis quelques jours, des propos qu'il considérait être des mensonges et des informations tendancieuses publiées par Mediapart, sur son style de vie supposé somptueux. Sans avoir convaincu grand monde, il a finalement précipité sa chute. Dans son même message, de Rugy a annoncé avoir porté plainte pour diffamation contre Mediapart.

La pratique très "monarchique" de de Rugy intervient dans un climat tendu

Bien que de Rugy se soit défendu, affirmant qu'il s'agissait de dîners de "représentation" adaptés à ses fonctions et qu'il ne dépassait aucune limite budgétaire, les images de ces dîners ont suscité une vive polémique, à l'intérieur et à l'extérieur des rangs du gouvernement. Surtout après la période des Gilets jaunes et leurs manifestations qui n'ont pas encore été digérées et qui ont révélé un grand trouble social parmi le peuple, qui accuse la classe politique d’être éloigné des problèmes des citoyens ordinaires. Finalement, la pratique très "monarchique" de de Rugy intervient dans un climat tendu, où plus personne n'accepte l'hypocrisie et les privilèges des dirigeants.

Avant la démission de François de Rugy, Mediapart s'apprêtait à publier une nouvelle révélation. Le ministre d'Etat aurait utilisé, en 2013 et 2014, une partie de ses frais de mandat de député (9200 euros) pour financer son parti, Europe Ecologie-Les Verts. Une pratique aujourd'hui interdite (depuis 2015), qui n'était alors pas illégale, mais contestable.

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