Macron détruit le système social français pour satisfaire l'UE

Les manifestations sont une réponse à la peur de perdre des droits historiques, obtenus par la lutte et mis en cause aujourd’hui pour suivre respectueusement les diktats de Bruxelles. L'aggravation des inégalités ravive une opposition de classe qui sape le terrain du consentement à l'Union européenne.

La France vit une troisième grève générale en l’espace de quelques semaines. Depuis l'annonce de la réforme, ou plutôt de la transformation, du système des retraites par l'ex Haut-Commissariat en charge de cet épineux dossier, Jean-Paul Delevoye, la protestation syndicale aboutit à une opposition frontale.

L'objectif, non franchement annoncé, du Président Macron est d’imposer un système flexible qui permettrait d’utiliser les pensions de retraite comme variable d’ajustement des finances publiques. Les syndicats sont fermement opposés à ce qu’ils considèrent être une véritable offensive antisociale et exigent le retrait immédiat de la réforme. L'opposition est déterminée à durer encore longtemps. Les organisations de travailleurs poussent à généraliser la grève reconductible.

La valeur de point pourra fluctuer au bon vouloir du pouvoir en place

Pour l’instant, le gouvernement tient bon en tentant de diviser le mouvement. La stratégie consiste à utiliser les divergences entre les différents syndicats qui ne partagent pas tous les mêmes idées sur les actions à prendre pour mener le combat revendicatif. En fait, derrière la rhétorique du "progrès" vers un système universaliste, Emmanuel Macron cache un plan de réduction des prestations de retraites et un allongement de l'âge pour bénéficier de la retraite, en portant de 62 à 64 ans l’âge pour pouvoir bénéficier d’une pension complète. Le nouveau système est basé sur une accumulation de points, ce qui déconnecte les cotisations versées par les travailleurs car de la valeur du point dépendront les pensions versées. Cela affectera tout le monde dans la mesure où la valeur de point pourra fluctuer au bon vouloir du pouvoir en place, et donc conduira à travailler plus longtemps et surtout favorisera fortement les fonds de pension privés.

53% de la population est favorable à la grève

Les protestations arrivent après les manifestations musclées des Gilets jaunes et se déroulent dans un climat socialement très tendu alimenté par les politiques menées depuis 20 ans. L'opposition au système des retraites "made in Macron" vient renforcer la colère des classes populaires qui n’acceptent plus le modèle de société que le "Président des riches" veut imposer aux Français. Toutes les situations de conflits profonds que vit la France depuis deux ans et demi vont au-delà du thème de la sécurité sociale et correspondent à une série de besoins et de demandes exprimées par les classes populaires.

La détermination du gouvernement visant à niveler tous les droits sociaux durcit les revendications des syndicats dans les grands secteurs sociaux concernés par les effets de la politique d’Emmanuel Macron. Les enquêtes d’opinion montre que 53% de la population est favorable à la grève, tandis qu'une autre enquête confirme que 43% des Français pensent que la grève est avant tout une mobilisation contre l’ensemble de la politique menée actuellement par le pouvoir en place. La fin de l’Etat providence est promue par le Président et le grand patronat. Le modèle Macron conduit à une dégradation rapide des conditions de vie et de travail. Le 10 septembre, l'Insee a publié une note dans laquelle l'institut signale que 9 millions de personnes, 14% de la population, vivent en dessous du seuil de pauvreté, et que le nombre de travailleurs pauvres augmente tandis que leur niveau de vie empire.

Depuis son élection, Emmanuel Macron a marginalisé les syndicats en les empêchant d'intervenir dans les débats et les mesures sur les orientations stratégiques des politiques du travail. L'annulation de la réforme des retraites de Juppé a été la dernière grande victoire du mouvement syndical en 1995. La prise de conscience du mouvement de ne pas céder aux tentatives du gouvernement de diviser le front de l'opposition sociale pousse les dirigeants syndicaux à essayer de s'unir dans la lutte. Mais l'approche des élections, prévues pour janvier, pour désigner les délégués syndicaux dans les entreprises, rend cette démarche d'union très difficile.

Les manifestations sont une réponse à la peur de perdre des droits historiques

Les seules parties qui soutiennent actuellement la mesure sont le syndicat patronale des grandes entreprises (MEDEF) et l'Union européenne. Le commissaire au marché unique, Thierry Breton, a déclaré que la Commission européenne considère nécessaire toutes les réformes à mener à travers tout le continent. Les affrontements entre la population et le gouvernement ont une valeur qui va au-delà du thème de la retraite et des limites de l’Hexagone. Face aux désaccords manifestés par les grèves et les revendications de salariés très vindicatives, la répression policière, de plus en plus féroce, sont les seules défenses de ce projet réactionnaire.

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