Macron ou l'art de proposer de fausses solutions à de faux problèmes

L’art du débat et de la communication dont fait preuve le président français ne remplace pas le manque d’autorité concrète à poser les bonnes questions et établir d'efficients diagnostics pour annoncer les vrais problèmes de la France actuelle.

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Les responsables politiques dans leur globalité sont incapables de proposer de vraies solutions aux véritables problèmes des citoyens, car ils sont trop éloignés de leurs préoccupations et surtout de leurs nécessités. Avec Emmanuel Macron, il s’avère que cela est une perception partagée, sans être toujours avouée, par une grande partie du pays. L’art du débat et de la communication dont fait preuve le président français ne remplace pas le manque d’autorité concrète à poser les vraies questions et diagnostics pour d’écrire les vrais problèmes de la France actuelle.

Le climat social délétère de cette fin d’année 2019 révèle le manque de vision stratégique concernant les affaires du pays par un chef d'Etat déjà soucieux de préparer sa future réélection. Le chevauchement indistinct de ses intérêts et des besoins de la société française se limitent les uns aux autres, souvent s’excluent les uns des autres. Emmanuel Macron se balance entre des politiques contraires, "en même temps", tout en niant la possibilité d’une politique claire, cohérente, audacieuse, comprise par le peuple.

Le pouvoir doit respecter les forces sociales, en fonction des visions affichées, des convictions assumées et des véritables contraintes du pays, tout en rejetant celles qui proviennent des choix désastreux antérieurs, ceux des 40 dernières années, en fait depuis 1980. Considérer le monde politique comme un lieu de résolution des problèmes des citoyens explique que les échecs successifs des décisions coïncident avec l’incurie des problèmes.

L'élaboration d’une politique d’une nation n’est en rien l’élaboration de sa gestion comptable et diffère fondamentalement de son administration. Une nation doit être explicitement dirigée par un pouvoir appelé à formuler des problèmes claires dont les énoncés doivent être compris et correspondant à la recherche d’objectifs fondamentaux, pas à les résoudre. 

L’approche consistant à énoncer des problèmes sans directement ou précipitamment en définir les objectifs sous-jacents présente un avantage pragmatique. Par exemple, poser les problèmes des bas salaires, du chômage, de la malnutrition, du manque de services aux personnes, etc., reposent sur des considérations concrètes et actuelles, alors que le problème du niveau de vie repose sur une notion plus abstraite et contextuelle.

De faux problèmes sont utilisés pour paralyser l’action politique

En tout état de cause, tous les problèmes doivent se concrétiser en une vision expliqué qui puisse amener à stimuler l’envie et l’action pour y répondre. Chaque formulation doit s’inscrire dans la recherche de la réalité causale parmi les nombreuses possibilités qui conditionnent la prise en compte du problème explicité.

Un niveau de vie acceptable et digne pour tous peut être un objectif en soi ou un problème dont l'échec suppose l’acceptation d’arriver à vivre dans une société conflictuelle. Toute proposition politique ne consiste pas en une hiérarchie explicite ou implicite des problèmes à résoudre et les succès ne dépendent pas des réussîtes des solutions proposées, qui restent toujours faillibles pour les raisons les plus diverses, mais du consensus sur la réalité du problème, de ses priorités et du modèle de société espéré et attendu par les destinataires bénéficiaires.

La perception populaire selon laquelle de faux problèmes sont utilisés pour paralyser l’action politique et détourner l’attention de l’opinion publique de son incapacité à résoudre les véritables problèmes qui l’affligent est répandue. Cette perception invite à explorer les voies et les motivations de ce phénomène. La méthode ne connaît aucune exception, et il semble que le peuple ne l’admet pas.

La misère réelle se propage

Les attaques si sauvagement vulgaires contre le principe de non-contradiction et donc contre la réalité, de plus en plus voilée par la pénible pensée unique, ne sont plus soutenables. Aucun gouvernement concevable ne peut sortir gagnant du mensonge sans risquer la réaction de citoyens qui sera d'autant plus ruineuse que la déception de ceux qui y ont cru est grande.

Dernièrement, une mère nonagénaire et sa fille d'une cinquantaine d'années ont été découvertes mortes dans un appartement du centre-ville de Nîmes. L'autopsie pratiquée a conclut à une mort naturelle sur fond de très grande misère sociale. La fille serait morte la première il y a plusieurs semaines. La mère serait morte plus récemment. La dernière fois qu'elle a été vue vivante, elle avait réclamé à une voisine des pâtes et cette dernière aurait refusé. Cet exemple est celui de la misère réelle qui se propage, dans les zones rurales en particulier. Tous les discours sur ce sujet prononcés par les pouvoirs locaux ou nationaux font régulièrement la une des médias. Voilà un exemple d’un problème de société qui n’est jamais posé dans les termes décrits ici. Il n’y a donc jamais de solutions crédibles pour le résoudre.

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Commentaires (1)

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Ce commentaire a été minimisé par le modérateur du site

Il est vrai que poser les vrais problèmes comprend le risque évident de démontrer l'incurie de nos dirigeants et du constat de leurs mensonges sur les véritables plaies du pays.

Michel Dura
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