Misères, contestations, Brexit : il suffira d'une étincelle ...

Cette fin d’année se déroule dans une ambiance inquiétante à l’image d’une France fatiguée et sur les nerfs et d’une Union européenne qui affaiblit sa population par une misère grandissante et une précarité contagieuse.

Noël se termine et Emmanuel Macron n'a pas pris la peine de souhaiter un Joyeux Noël à son peuple. Il faut dire qu'il méprise les Français, pour qui il a toujours des mots très chaleureux (feignants, illettrés, etc.), la culture française ("Il n'y a pas de culture française. Il y a une culture en France" disait-il lors de sa campagne) et l'Histoire de la France (la colonisation de l'Algérie ayant été un "crime contre l'humanité" selon lui). Cette situation reflète le divorce qui ne fait que commencer entre un Président et un peuple qui commence à voir qui est vraiment l'homme qu’ils ont élu.

Le sentiment d'abandon se ressent chez tous les peuples enracinés qui voient leur pays se fracturer sans savoir quoi faire pour éviter sa disparation. En Europe, l’angoisse gagne du terrain. Depuis au moins 30 ans, toutes les élites, de gauche et de droite, ont poussé les Européens dans ce qui parait être aujourd'hui une impasse mortelle, le libéralisme mondialisé. Les successives politiques d'austérité imposées par l'Union européenne, pour soi disant s’adapter au nouveau monde, ont favorisé des profits colossaux pour une poignée de financiers pour les transformer en rentes spéculatives.

L’opulence est réservée aux plus riches et l'austérité à la grande majorité de la population

En Angleterre, en France, en Italie, et presque dans tous les pays du Vieux Continent, les salariés vivent la lente et continuelle dégradation de leur pouvoir d’achat. Les salaires et les prestations de sécurité sociale fondent comme la neige au soleil. Les États sont plus préoccupés par l’aide aux multinationales en leur octroyant des milliards d'euros de cadeaux fiscaux ou subventions en tout genre alors que les exonérations fiscales s'ajoutent à l'évasion fiscale. Cette politique contre nature a créé une situation ubuesque où l’opulence est réservée aux plus riches et l'austérité à la grande majorité de la population, et plus précisément aux plus démunis.

L'Union européenne s’éloigne, jour après jour, de sa conception démocratique et de ses idéaux de naissance. Aujourd'hui, elle fonctionne, de concert avec le FMI, pour produire les conditions d’un ordre libéral qu’elle impose à tous les Etats membres. Les mesures économiques pour s’ajuster aux besoins structurels du "marché", le nouveau Veau d’Or, créent la misère, les guerres et les migrations massives dans le monde.

Dès l’annonce du Brexit, les adeptes de la religion mondialiste et multiculturelle ont immédiatement réagit de façon brutale pour signifier leur total aversion au choix du peuple britannique. En France, les intellectuels de gauche et les écologistes, verts dehors et rouge dedans, ont déversé des tonnes de haines envers ceux qui ont choisi de quitter l’UE. Certaines personnalités, pour lesquelles les plateaux médiatiques sont toujours ouverts, ont été jusqu'à suggérer de ne pas tenir compte des résultats des élections arguant que "le peuple n'a pas toujours raison".

Le 12 décembre 2019, les Britanniques ont répondu sans aucune équivoque en votant pour une nouvelle assemblée parlementaire pro Brexit. Le représentant de la gauche et fervent opposant au Brexit, Jeremy Corbyn, malgré la présentation d'un programme social ambitieux, a pris une déculottée dramatique pour les travaillistes.

Les masses populaires ont compris que le Brexit est la condition nécessaire pour retrouver le pouvoir afin que les programmes sociaux redeviennent une réalité. Corbyn a décidé de ne pas respecter le suffrage universel exprimé en 2016 et de revenir au vote. Il a essayé de retourner l’opinion pour annuler le Brexit. Mais voilà, il se trouve qu’aucun programme gouvernemental basé sur la réalisation des besoins populaires n'est vraiment applicable au sein de l'Union européenne. Les Britanniques ont été les premiers à le comprendre. L'élection du 12 décembre a été en réalité un deuxième référendum sur la sortie de l'UE.

Les conditions de vie des travailleurs se dégradent de plus en plus

Il faut rappeler que le 29 mai 2005, lors d’un référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe, la France l'a voté et rejeté à 54,68 % des suffrages exprimés. En disant "non" au traité européen, le peuple français a bloqué les changements constitutionnels nécessaires pour faire avancer l'UE. Mais le 4 février 2008, à Versailles, les chambres combinées du Parlement, par une majorité qualifiée de 65%, ont remis en cause le résultat du référendum, annulant ainsi la volonté du peuple. Depuis, la gauche et les verts ont abandonné le monde du travail pour se mettre au service du néolibéralisme.

Depuis, les conditions de vie des travailleurs, des travailleurs précaires, des pauvres, mais aussi une bonne partie des classes moyennes se dégradent de plus en plus. En France, le climat est très tendu et le pouvoir en place devient de plus en plus arrogant. L'Etat français se comporte, avec son propre peuple, comme un Etat colonial. C'est dans ce contexte où règne l'indignation qu'un besoin de changer de voie dans les politiques menées se fait sentir. Le temps est au combat des inégalités et des injustices. Face aux défis écologiques, les revendications surgissent également.

Depuis sa prise de fonction à la tête de la République française, le Président Macron n’a jamais cessé de mettre son peuple sous pression. Les Français ont l’impression qu’il ne se passe pas un mois sans qu’une nouvelle sanction leur tombe sur la tête : impôts, taxes, frais, augmentations des énergies, ou encore diminution de telle ou telle prestation sociale, dégradation des soins hospitaliers, etc. Rien n’est suffisant pour combler les gouffres causés par les cadeaux offerts aux grands patrons.

C’est par une indépendance politique que l’économie pourrait reprendre ses lettres de noblesses

Les manifestations des Gilets Jaunes ont profondément changé la perception du pouvoir et la mentalité française. C'est dans ce contexte général que "La Grande Grève" a débuté le 5 décembre contre la réforme des retraites. Dès le premier jour, plus d'un million et demi de manifestants ont été compté, et un climat de défiance et de colère s’est installé dans le paysage français. Il se pourrait que la réforme des retraites soit la goutte d’eau qui fait déborder le vase, l'étincelle qui finira par provoquer l'incendie.

L'intégration dans l'UE s'est accélérée pour devenir presque irréversible, les privatisations des services publics ont battu tous les records. Aussi la perspective d’une reconquête de l’Etat et de la souveraineté monétaire ne semble possible qu’avec une terrible lutte. Seule la souveraineté politique et diplomatique pourrait recommencer à produire une coopération internationale différente du néo-colonialisme actuel. C’est par une indépendance politique que l’économie pourrait reprendre ses lettres de noblesses dans l’intérêt du peuple.

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