Retraite : Emmanuel Macron est un maître de la dissimulation

Le gouvernement a utilisé une stratégie délibérée de pourrissement, en détournant l'attention des Français en agitant un chiffon rouge à propos de l'age de départ à la retraite, tout en faisant courir des débats, sans utilités ni convictions. Ainsi, sous l'impulsion d'Emmanuel Macron, l'exécutif cache le but réel de la réforme : la réduction des pensions.

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Cette réplique culte "pas de bras pas de chocolat" représente la pensée du Président au sujet des personnes sans emploi. Traduit en langage macroniste, cela donne "qui ne travaille pas ne mange pas". Voici la démagogie qui prétend résoudre le problème, limitant simplement la relation entre le droit de manger et l'obligation de travailler. Pourtant la question, du rapport entre le droit de manger, c’est-à-dire de vivre, et celui de ne pas travailler, mérite d’être posée. Il faut d’ailleurs parler d'un droit au non-travail et d'un droit au travail. Evidemment, la politique actuelle de Macron relative au chômage et aux retraites n'est pas de mettre en œuvre un "droit au non-travail" et de faciliter la prise des droits à la retraite, mais plutôt d’appliquer les consignes européennes et de s’aligner aux nouvelles conditions économiques imposées par la mondialisation.

Lors de la présentation du contenu du projet de réforme, les médias ont à l'unanimité souligné une prétendue erreur stratégique commise par le Premier ministre, qui, en augmentant l'âge minimum de la retraite de deux ans, afin de pouvoir prendre sa retraite sans restrictions, aurait accidentellement perturbé son principal soutien syndical.

La solution de Macron permettra de jouer sur la valeur du point

La solution de Macron permettra de jouer sur la valeur du point pour verser des pensions, à la baisse comme à la hausse, en fonction d’une décision budgétaire du pouvoir. La porte ouverte à toutes les manipulations. De plus, le calcul d'une pension qui se fait sur l'ensemble de la carrière professionnelle implique évidemment une baisse de revenu. L’époque actuelle conduit chacun a connaitre une carrière professionnelle soumise à de nombreux aléas qui rendent impossible d’évaluer une estimation de pension basée sur la durée, en raison de la multiplicité des contrats courts et précaires. Les salariés du secteur public sont les seules à pouvoir raisonnablement compter sur la possibilité d'une carrière complète.

Le gouvernement garantit 1 000 € par mois pour les plus démunis, à condition d’avoir pu acheté des points sans interruption pour arriver à un minimum. Les petits agriculteurs, artisans, commerçants pourront bénéficier de cette mesure, alors que les employés précaires auront beaucoup de mal à remplir les conditions nécessaires et pourront recevoir qu'une fraction de ces 1 000 €.

Le concept actuel de carrière complète semble définitivement résolu

Toute la logique implique l'acceptation du développement de la précarité du travail, car il est impossible de croire que l'acquisition de droits basés sur un salaire ou, plus généralement, sur un revenu qui ne vous permet pas de vivre aujourd'hui, pourrait garantir les moyens de vivre une fois à la retraite. Le concept actuel de carrière complète semble définitivement résolu. Le nouveau système peut fonctionner, quel que soit le temps effectivement travaillé par les futurs retraités. Cela explique pourquoi le gouvernement insiste sur l’âge de départ à la retraite, c’est-à-dire sur l’âge à partir duquel il sera possible de recevoir une pension de retraite.

Chaque individu achètera des droits futurs selon des trajectoires économiques aléatoires et la plupart du temps non choisies. Les sommes perçues à titre d'achat de droits (et non plus des cotisations) seront explicitement liées au PIB. La logique de cette pension à points conduit à l’abandon de la notion de carrière et à une logique de droits fragmentés accumulés, à l'appréciation de chacun, entre un nombre suffisant de points et leur valeur qui dépendra nécessairement du marché de l’emploi. Le but d'un tel projet de réforme est d'essayer de pousser un peu plus loin le processus de dépolitisation du fait social. Cette réforme permet de cacher l’échec des résultats économiques de l’Union européenne.

L'idéologie économique à laquelle souscrit Emmanuel Macron repose sur l'illusion que le monde brut de l'économie mondialisée pourrait continuer à fonctionner éternellement. Les principes strictement économiques ne peuvent définir les choix politiques qui dessineront la vie future des populations. Au nom d'un déni de politique, Macron prend le risque de transformer une réponse essentiellement politique en une manœuvre strictement idéologique.

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