Union européenne : face à la domination allemande, la France dépérit

L’aventure européenne s’avère médiocre, hormis pour une Allemagne dominatrice. La France est une force défaillante qui réussit l'exploit de concentrer sur le dos du peuple tous les désagréments d'une Union européenne incapable de défendre sa population.

Le libéralisme débridé est le nouveau Veau d’or qu’il faut adorer et devant lequel les entreprises et leurs intérêts nous demandent de s’agenouiller. Emmanuel Macron a repris le flambeau, à la tête de l’Etat Français, pour améliorer les conditions pour que cette domination puisse continuer à s'exprimer sans obstacles, voire avec encore plus de facilités.

En ce sens, le locataire du palais élyséen n’est pas uniquement le Président des riches, il est avant tout un soldat des grands pouvoirs financiers. En imposant cette vision idéologique à travers tous les rouages de la société, confortés voire imposés par les traités et critères de fonctionnement de Bruxelles, la France réussit le chef-d'œuvre de concentrer sur le dos du peuple tous les désagréments d'une Union européenne incapable de défendre sa population.

Le véritable problème de la théorie économique dominante est que cela ne fonctionne pas

La France veut surmonter le déficit en regardant l’Allemagne accumuler d’énormes excédents. Pour simplifier, tout le monde comprend que, dans une économie fermée, quand quelqu'un fait des excédents, un autre fait des déficits pour un montant équivalent. Le véritable problème de la théorie économique dominante est que cela ne fonctionne pas. Il s’agit d’une sorte d'arnaque théorique servant à couvrir des dizaines d'autres sur le plan pratique. C’est cette grande entourloupe qui détruit une partie de l'économie européenne depuis une vingtaine d'années et qui affecte maintenant fortement l'économie française et européenne.

La faiblesse de la croissance ne doit pas être attribuée à une éventuelle erreur systémique mais à une application très insuffisante des règles du système. Ce qui devient pitoyable c’est que les nouvelles règles du Mécanisme Européen de Solvabilité (MES), imaginée et mis en place dans le cadre de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE), vont encore davantage renforcer la garrotte qui étrangle la totalité du peuple européen. C’est à se demander si ce sont bien des Européens qui dirigent l’Europe, et plus explicitement des Français qui dirigent la France.

C’est la France qui a voulu cette union monétaire

Croire que s’appuyer sur la mort de l'économie des pays du sud de l’UE, pour commencer, pourra être le moyen de maintenir en vie, encore un peu, ce système moribond, est une foutaise. Déprimés et appauvris par trop d'austérité en cascade, lorsqu'il ne reste presque plus rien à offrir aux marchés et aux autres peuples du monde, les classes populaires attendent la fin du système, sans s’apercevoir qu’elle est déjà programmée.

Les Français, dans l'ensemble, pensent être de bons Européens. Mais ils sont portés par des mouvances agissantes qui tentent de les pousser à être les meilleurs Européens, de la même manière qu’ils aspirent à être les meilleurs défenseurs de l’écologie, des droits de l’homme, des femmes, des animaux, des minorités, etc. A l'échelle de la planète, les Français se voient aussi en citoyens du monde sur un pied d'égalité, ouverts, tolérants et éloquents. Mais plus encore, ils aimeraient avoir le rôle d'un modèle mondial, sauveur du climat, ancre de la stabilité. Simplement la nation la plus influente du monde.

Mais la grande catastrophe, qui a commencé avec l'union monétaire européenne et le nouveau siècle, est déjà là. C’est la France, sous la présidence de François Mitterrand, obsédée à retrouver son niveau de grande puissance et son désir de se présenter au monde avec d'excellentes conditions pour séduire les investisseurs mondiaux, qui a voulu cette union monétaire. Ce fut la meilleure idée possible pour créer le plus judicieux système qui engendre une économie à bas salaires parmi les plus efficaces au monde. Une fabrique de bas salaires à la chaîne.

La France est devenue une force défaillante

La France a atteint le point où le peuple sent confusément que la grande puissance qu’elle fut est terminée. La France est devenue à nouveau, comme ce fut le cas à plusieurs reprises depuis la révolution de 1789, une force défaillante, un ogre de papier que le monde regarde étonné et avec regrets, car il s’agit de la nation de Saint Exupéry, Napoléon Bonaparte, Jeanne d’Arc, René Descartes, Voltaire, Blaise Pascal, Louis XIV, Victor Hugo, Molière, Claude Monet, Louis Pasteur, Jean De La Fontaine, pour ne citer qu'eux. La France a presque toujours été une nation avec laquelle il fallait compter. Elle a longtemps était une voix importante pour établir les règles de droit et favoriser l’équilibre et le dialogue entre les peuples.

Mais les temps changent. L’aventure européenne s’avère médiocre, hormis pour une Allemagne dominatrice. La Grèce a sombré dans la pauvreté et depuis plus de dix ans, le reste de l'Europe n'a pas réussi à se libérer des chaînes qui lui sont imposées par la lettre des traités dictés par la France et qui profitent grassement à l’Allemagne.

De plus en plus de voix s’élèvent pour demander un profond changement. Puis Trump est arrivé. Il a dit ouvertement ce que beaucoup n'ont pas osé dire : "la politique allemande est mauvaise pour l’Europe et le monde". Même le Fonds monétaire international, qui avait explicitement salué la présence de l’Allemagne en tant que partenaire dans la Troïka, en raison de son attitude ferme pour prévaloir une politique d'austérité sur l'Europe, a commencé à comprendre que l'opération grecque a été un échec complet.

Imposer un vrai coup d’arrêt à cette politique européenne catastrophique

De plus en plus de personnes dans le monde et en Europe s’éloignent de cette politique, d'autant plus que dans les discussions internationales, il est devenu de plus en plus clair que l'insistance de l’Allemagne à défendre l'austérité et l'Euro n’est pas l'expression d'un modèle supérieur, mais simplement le résultat du mercantilisme et d'une mentalité presque avare, qui ne peut être imité par aucun autre pays ou groupe de pays de la même taille. Cette situation implique des conséquences fatales pour le commerce international et les conditions de vies des peuples européens.

L'un des grands paradoxes de l'histoire mondiale récente est que les dommages collatéraux causés par les deux dernières décennies de domination de l'Allemagne, insensible aux conséquences de son choix économique, se ressentent déjà très fortement dans la partie sud de la zone monétaire européenne et atteignent maintenant la France. Si Emmanuel Macron veut retrouver la confiance des Français, il doit imposer un vrai coup d’arrêt à cette politique européenne catastrophique.

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