PMA pour toutes : les progressistes favorables à la reproduction artificielle

Le 21 janvier 2020, quasiment toute la gauche de l'Assemblée a voté avec enthousiasme pour l’approbation du projet de loi sur la bioéthique, dont le premier article concerne les nouvelles règles d'accès aux techniques de reproduction artificielle. Ce 4 février, le Sénat a adopté le projet largement modifié par 153 voix contre 143. Le texte, très critiqué, doit maintenant retourner devant l’Assemblée.

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La loi bioéthique ouvrira la procréation médicalement assistée aux femmes seules et couples de femmes. Pour les contradicteurs du projet, le droit d'avoir un enfant des personnes stériles, des femmes célibataires et des couples de même sexe servent aujourd'hui de prétexte à la généralisation de la reproduction artificielle, asservie aux projets pour lesquelles les processus des scientifiques eugénistes et transhumanistes sont devenus la nouvelle norme. Pour les nouveaux curés de l’église souveraine du progrès, la procréation médicalement assistée (PMA) pour tous et pour toutes n'est pas seulement l’expression d’une volonté de liberté et autodétermination, mais avant tout le nouveau drapeau de l’idéologie auquel nous devons tous souscrire sous peine des pires courroux. Les peuples sont confrontés à un changement d'époque qui doit être compris dans sa totale signification et accepté pour ses conséquences.

La rhétorique de l'égalité pour l'extension des techniques de PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires masque la véritable signification de cette nouvelle loi qui ouvre le droit à la fécondation in vitro (FIV) avec injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde à toutes les femmes. Cette loi permettra donc à la France de s'ouvrir définitivement à la reproduction artificielle. "Toutes les femmes" a comme signification que tous les couples hétérosexuels, y compris les couples fertiles, peuvent avoir libre accès aux techniques de reproduction artificielle.

La loi spécifie que la technique de base de l'injection de sperme (IAD) sera testée avant de passer à des techniques plus complexes et invasives. Le processus s'étend à toutes les femmes à partir de 35 ans (ou plus jeunes dans certains cas, pour lesquels la technique simple n’est pas adaptée). L'eugénisme est essentiel aux technologies de reproduction artificielle, et a toujours été présent depuis leur origine, dans leur développement zootechnique.

La PMA pourrait bien être le cheval de Troie du trans-humanisme

L'eugénisme n'est pas une dérive fatale, c'est le moteur et la direction de la recherche génétique. Fort heureusement les tests génétiques non médicaux restent interdits pour le moment, bien que certains députés aimeraient l'autoriser, mais il semble bien que ce n'est qu'une question de temps. Déjà aux États-Unis, il est possible, pour un couple sans problèmes de fertilité et de transmission de pathologies génétiques, de se rendre dans une clinique de fertilisation assistée dans le seul but de réaliser une fécondation in vitro avec extension progressive du diagnostic préimplantatoire (EPI) pour la sélection d'embryons, en pouvant également sélectionner certaines caractéristiques comme le sexe et la couleur des yeux.

La nouvelle loi française s'inscrit dans un contexte mondial qui a déjà permis à deux filles de naître génétiquement modifiées en Chine. Avec la nouvelle technologie de génie génétique, il est possible de pratiquer la correction du génome, en moins cher, plus rapide et plus précis.

La PMA pourrait bien être le cheval de Troie du trans-humanisme, que l'amélioration continue du produit laisse supposer, une fois ouverte la voie à la possibilité pour toutes et tous de la reproduction artificielle. Issus de laboratoires de recherche sur le clonage animal, les projets trans-humanistes visent à remplacer l'évolution naturelle par l'évolution artificielle. Au moment de sa reproductibilité technique, l'être humain est déjà devenu une marchandise dès la naissance, un produit de la société de la vie et du génie génétique, un simple assemblage eugénique et un simple code génétique à modifier et à repenser.

L'eugénisme n'aura pas le visage d'un dictateur, il ne sera pas imposé, il aura l'apparence du libre-arbitre, de la liberté, de l'autodétermination et de la non-discrimination. La gauche démocratique et progressiste le fera passer par la rhétorique de la prévention, de la santé, de la possibilité pour tous et pour toutes d'accéder aux technologies. Un eugénisme démocratique et consensuel. Il n'est pas possible de restreindre l'accès aux techniques PMA, car laisser un petit aperçu ouvert signifie ouvrir les portes à la direction globale de ce système artificiel du processus de naissance, qui rendra préférable le recours aux cliniques pour mettre au monde les enfants.

Cela ne signifie pas seulement une refonte radicale de notre monde, mais simplement un changement dramatique de notre perception du sens que nous donnons à la vie. Si nous naissons dans un laboratoire par un monde de machines, la nature devenant artificielle, les fondations nécessaires de notre société seront fortement ébranlées.

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