Violences, radicalisation, escroqueries : dans les Yvelines, l’insécurité bat des records

Trappes, Mantes-la-Jolie, Les Mureaux, Chanteloup-les-Vignes … de nombreuses communes connaissent une hausse des violences urbaines, des escroqueries et des actes de délinquance. Les forces de l’ordre sont régulièrement la cible d’individus violents, qui organisent même des guets-apens pour en découdre. 

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Les violences ne cessent pas dans le département des Yvelines (78), gangréné par le trafic de drogue et les guerres de territoire. Durant la soirée de ce mardi 5 novembre, deux engins de chantier et un véhicule ont été incendiés dans le secteur des Peintres, dans le quartier du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie. Cet événement intervient dix jours après une série d'actes violents. Des jeunes habitants du quartier du Val-Fourré avaient organisé un guet-apens (une voiture brulée) puis, à l’arrivée des policiers, avaient lancé des tirs de mortier, des jets de pavés et de pierres. La police, qui a dû répliquer, a sérieusement blessés à l'œil et au bas-ventre deux délinquants. Il n’en faut pas plus pour que tout une cité s’embrase.

La commune de Chanteloup-les-Vignes a également fait les gros titres pour un incident d’ampleur. Ce 2 novembre, une vingtaine d’individus ont mis le feu à un cirque en bois pour ensuite accueillir les forces de l’ordre et les pompiers avec des tirs de mortiers et de feux d'artifice.

Les affrontements directs se produisent de plus en plus, notamment à Mantes-la-Jolie qui a une réputation de « cité coupe-gorge », mais également aux Mureaux, située en bord de Seine, qui compte 5 quartiers classés en Zone France Urbaine (ZFU), c’est-à-dire des zones dites sensibles ou défavorisées, parmi lesquels La Vigne Blanche, où le 18 octobre la police a été prise à partie à différentes reprises, essuyant des jets de pierres et de mortiers d’artifice.

Le problème ne date pas d’hier

Aux violences urbaines s’ajoute le problème de la radicalisation qui semble particulièrement inquiétant. Dans la commune de Magnanville, en juin 2016, deux policiers ont été assassiné chez eux par un terroriste islamiste. A Trappes, en aout 2018, un fichier S connu pour des faits d'apologie du terrorisme a tué sa sœur et sa mère, et a grièvement blessé une passante, avant d'être abattu par la police. Dans le département des Yvelines, surtout dans les zones de sécurité prioritaire, il y aurait environ 357 personnes surveillées au titre de la lutte contre la radicalisation (184, au profil plus inquiétant, suivies de plus près par le DGSI).

La délinquance en Yvelines est également plombée par les escroqueries. Si les crimes et délits n’ont qu’un tout petit peu augmenté (62 601 crimes et délits en 2016, contre 62 591 en 2015), les violences urbaines sont en forte hausse (+76,16 %, soit 266 faits en 2016) et la police constate que les escroqueries sont de plus en plus importantes, notamment sur internet. De plus, des individus n’ont pas de scrupule à se déguiser en faux policier ou en faux plombiers pour s'attaquer aux personnes âgées (213 cas en 2016).

D’après certaines sources, la situation du département semble présenter des signes d’amélioration. Les cambriolages, les vols de véhicules et les vols avec violence seraient en baisse, même à Mantes-la-Jolie où une baisse du nombre de crimes et délits a été constatée (2400 crimes et délits en 2018).

Sur le site journaldunet.com, on retrouve un florilège de témoignages très intéressants sur Mantes-la-Jolie qui montrent que le problème ne date pas d’hier dans cette commune (et les autres).

"Les gens qui disent "je ne vais pas au marché du Val-Fourré tu comprends..." ba non je comprends pas moi j'y vais alors oui je n'y vais pas en mini jupe et débardeur sans soutif mais bon t'y vas pour faire le marché pas pour te trouver un sexfriend !" (août 2013)

"Ce que je n'aime pas c'est les gens toujours à l'affut de quelqu'un qu'ils pourraient emmerder. A la gare marche la tête base quand tu es une femme et ça pourra aller. Je n'aime pas non plus marcher seule dans le quartier du Val-Fourré c'est un quartier dangereux où je m'aventure très peu. J'y est vécu et je ne veux plus y vivre. Il y a des gens très bien la bas, très gentil et accueillant mais qu'on oublie vite face aux jeunes et même parfois moins jeunes qui cherchent les embrouilles à n'importe qui... Ils défendent leur "territoire" au mépris de la tranquillité des gens c'est dérangeant." (mai 2011)

"La gare (trop de dealers alors que le commissariat est à 100m), le centre-ville (cinéma) où les marginaux en tous genres y prospèrent, ajoutez à cela quelques racailles, cela donne un cocktail explosif. Il y a un malaise dans cette ville entre les différentes communautés et cela crée un climat malsain." (avril 2011)

Ces témoignages présentent un autre constat amer : ce sont les femmes qui subissent le plus l’insécurité ambiante. Il semble qu'il existe des lieux où elles ne peuvent pas s'habiller comme bon leur semble, dans la limite de la pudeur. C’est notamment dans les transports publics que la peur est la plus grande (train, métro, RER, tramway, bus). En 2017, 57 % des femmes se disaient touchées par le sentiment d’insécurité (38 % pour les hommes) dans les transports en commun. Il faut dire qu’elles y sont plus agressées que les hommes (17 % contre 12 %). Les hommes sont nettement plus agressés dans les lieux publics.

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ce sont les femmes qui subissent le plus l’insécurité ambiante

Michel Dura
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