Immigration : entre cynisme calculé, mensonges et hypocrisie

Le recours au blocus naval pour empêcher des migrants de rejoindre les plages d’une Europe hémiplégique, par les autorités en charge de gouverner des pays en proie aux vagues d’immigration dont ils aimeraient bien se passer, n’est pas une solution qui soulève l’admiration et la compréhension des dirigeants et des peuples.

Il est parfaitement inutile de contester les lois des mers et des ports, les droits territoriaux ou les droits de l'homme. Ce n'est pas le moment ni le travail de celui qui doit défendre le respect et l'aide des plus faibles. L’immigration contemporaine, comme toutes les immigrations depuis toujours, répond à des impératifs immuables, l’intérêt de quelques uns et la nécessité réelle ou perçue de milliers ou millions d’autres. Au centre, les trafiquants d'êtres humains se partagent les honneurs ou les haines, mais surtout la monnaie, la grosse monnaie.

L’immigration ne profite pas aux travailleurs

Dans un des pays les plus concernés, l'Italie, le ministre en charge de cette question épineuse - dont la résolution possible n’est pas à la portée des nouveaux notables de l’Union européenne, trop occupés à fêter leur récente élection - Matteo Salvini, semble avoir raison quand il dénonce avec force qu’il s’agit avant tout de trafics d'êtres humains. Montrer du mépris pour le ministre italien est non seulement une attitude hautaine, facile, mais surtout improductive.

L’immigration ne profite certainement pas aux travailleurs mis en concurrence à plus ou moins long terme. Pour la même raison elle ne profite pas aux chômeurs. En revanche les capitalistes, financiers ou entrepreneurs de toute l'échelle pyramidale, petits, moyens et grands de tous les secteurs, en particulier ceux en crise, sont gagnants, même s'ils ne montrent pas un contentement quelconque.

De nombreux pays africains ont été envahis pendant des décennies et privés de leurs ressources. Pour résoudre la crise que traverse l’Occident, continuer à se servir copieusement des richesses du continent africain et, en même temps, favoriser l'émigration massive vers les côtes européennes, se révélera dans l'Histoire la marque d'une époque criminelle. La sale tache de trafic d’êtres humains est effectuée par des seconds couteaux atteints d'idéologie humaniste réelle ou feinte. Les capitalistes présentables financent les opérations depuis leur hôtel particulier ou leur yacht en attendant d'utiliser les "chairs à boulot" au prix le plus bas possible du marché actuel. Certains seront payés jusqu'à deux euros par heure, ou trois cent cinquante euros par mois de travail dans des conditions sordides. Les ONG font un travail propre, mais qui a le même objectif : épaissir les métropoles européennes de dizaines de milliers d’immigrés pour faire baisser le coût du travail. Les uns et les autres, sciemment ou non, remplissent le même objectif de différentes manières.

Un véritable trafic d’êtres humains

L'activiste allemande Carola Rackete avait demandé à accoster à Marseille mais n'a jamais eu de réponse. Il ne s'agit pas de s'indigner de ce que fait cette capitaine de navire humanitaire qui a été arrêtée la semaine dernière pour avoir finalement accosté de force sur l'île de Lampedusa, en Italie. Elle n'est que l'intermédiaire d'une vaste entreprise dont le but est d’offrir aux capitalistes européens une main-d’œuvre à très faible coût.

Il ne s'agit pas non plus de blâmer le système réitéré des organisations de gauche qui s'efforcent de fournir aux immigrants des services qui atténuent leurs difficultés. Les structures organisées et financées ne sont pas au même niveau alors que des centaines de militants d'extrême gauche se battent pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin le plus total. La volonté individuelle de ceux qui se consacrent à aider les immigrants n'est pas en cause, elle est même louable.

La droite est disposée à réprimer l'immigration "illégale"

Il s'agit de dénoncer un véritable trafic d’être humains du XXIe siècle, en essayant d’expliquer comment il se déroule et dans quelle contribution ce système évolue vers un chaos dont les résultats sont imprévisibles sans gestion organisée de l’État et des organisations non gouvernementales. L’emploi d’hommes, de moyens et de structures impliquent des coûts exorbitant pour le trésor public, auxquels sont soustraits les autres pays européens qui bénéficient d’une masse de main-d'œuvre à faible coût. La gauche prétend pouvoir gérer les flux d'immigrants et peut-être de négocier avec d'autres pays européens pour diviser les coûts. La droite est disposée à réprimer l'immigration "illégale" avec tous les moyens pour la libéraliser, alors que la gauche craint que la non-gestion des flux alimente des troubles et favorise le populisme. Parmi les pays européens, il y a la nécessité de maintenir l'unité de l'Union européenne, pendant que, dans le même temps, la concurrence augmente à tous les niveaux.

Très souvent, les individus sont à la merci d'événements, ils peuvent être motivés par des sentiments sains ou jouer le rôle d'idiots utiles. Ce qui bouge derrière eux est bien plus grand que leur volonté et leur pitié. Cela s'applique à Carola Rackete comme à toute autre personne engagée dans des opérations "hautement humanitaires". Il reste néanmoins la nécessité de rechercher les causes de ces phénomènes d’immigrations et de les dénoncer pour éviter le pire.

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