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Iran : les Européens sous pression américaine

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Après l'escalade verbale entre les Etats-Unis et l'Iran, les premières bombes ont été sur le point d'être larguées. Le Président iranien Hassan Ruhani crie au scandale après avoir pris connaissance des nouvelles sanctions que Donald Trump a annoncé contre l'Iran.

Les États-Unis réagissent avec des moyens non militaires à la destruction d'un drone de reconnaissance américain, avec l'imposition de nouvelles sanctions économiques. L'incident a conduit à de sérieuses déclarations américaines et presque à une frappe militaire qui a semblé, un moment, inéluctable. Selon les médias américains, le Président Donald Trump a ordonné une intervention militaire en guise de réaction, puis a stoppé, peu après, l'attaque prévue. Les discussions entre Trump, ses conseillers, et les représentants du ministère des Affaires étrangères et de la Défense ont du être très tendues.

Un nouveau durcissement de la politique de sanctions contre l'Iran

Il est incontestable que l'Iran est responsable la destruction du drone américain. Cependant, Téhéran affirme que le véhicule aérien avait franchi l'espace aérien de l'Iran, ce que Washington nie. La Russie soutient les dirigeants de Téhéran en affirmant que les États-Unis ont bien violé l'espace aérien iranien, lors d'une réunion tenue entre des responsables russes, américains et israéliens à Jérusalem. Les mesures punitives imposées par les États-Unis, à la suite de cet événement, constituent un nouveau durcissement de la politique de sanctions contre l'Iran voulue par l'administration Trump. Les nouvelles mesures visent à empêcher les hauts responsables iraniens d’avoir accès à des ressources financières essentielles, et de nouvelles sanctions à l’encontre du ministre des Affaires étrangères sont à attendre.

Les dirigeants de Téhéran prétendent que les sanctions sont infructueuses et ne régleront ainsi aucun problème. De nouvelles mesures punitives à l’encontre de particuliers auront de graves conséquences et bloqueront la possibilité d'une solution diplomatique au conflit. Cependant il est évident que les États-Unis attendent de l'Iran des décisions concrètes sur l'arrêt de la construction de l'arme nucléaire.

Les Européens ne pourront plus échapper aux pressions américaines

Washington a abandonné l'accord iranien conclu avec son prédécesseur Barack Obama sans accord parlementaire. Le Président Trump a déclaré que l'accord n'était pas suffisant pour empêcher la production d'une arme nucléaire iranienne. Le gouvernement américain veut contraindre les dirigeants de Téhéran à la signature d'un nouvel accord sur les armes nucléaires et les missiles, qui va bien au-delà de l’Accord de Vienne. Pour l'instant aucune proposition concrète n'est disponible, mais Trump a gardé la porte ouverte aux négociations. Celles-ci devront aboutir à l’abolition totale du programme iranien d’armes nucléaires et de son envie de missiles balistiques. De plus l''Iran doit cesser d’appuyer le terrorisme international.

Les Européens, en retard d'une guerre, qui espèrent toujours sauver l'accord nucléaire de Vienne, sont quant à eux sous pression. L’Iran ne veut pas d'avantage un nouvel accord et selon ses propres déclarations, le pays a déjà accéléré l'enrichissement de l'uranium et dépassera le seuil, convenu dans l'accord nucléaire existant, de matières fissiles faiblement enrichies qui pourront être stockées à l'intérieur des frontières du pays. La prochaine étape serait non seulement d’enrichir faiblement l’uranium, mais au-delà de la limite de 3,67%.

Si Téhéran viole ce dernier point comme il semble le vouloir, l'accord sera de facto résilié. Les Européens ne pourront plus alors échapper aux pressions américaines et devront se mettre aux cotés des américains même si des membres de l'UE ne le souhaitent pas.

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