Pourquoi l’Iran est l'ennemi n°1 du monde arabe ?

Le désir et la volonté d’exporter la révolution khomeyniste et le défi religieux que se sont lancées les deux branches de l’Islam, Chiites et Sunnites, depuis son origine, ont créé une exacerbation des tensions communautaires, entraînant une déstabilisation généralisée du monde musulman en particulier des pays du Proche-Orient.

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Le régime iranien des mollahs, qui sont les seuls détenteurs légitime de l'autorité légale, a su profiter d’une succession d’événements pour imposer son hégémonie sur le Proche-Orient. L’Iran, de la période qui suivit la mort de l’Ayatollah Khomeini, s’est engouffré dans toutes les brèches possibles des politiques que le Moyen Orient désordonné lui offrait. Le régime chiite théocratique et autoritaire - face à des régimes arabes plutôt apathiques, gavés de pétrodollars et soutenus par la hausse des prix du pétrole - a profité notamment de l’invasion de l’Irak en 2003 et de la signature de l’accord nucléaire en 2015, œuvres d’une politique américaine incohérente.

Les Iraniens ont utilisé avec succès l’escalade religieuse pour s’imposer face aux Arabes dont la population est essentiellement sunnite. En se déclarant ouvertement en ennemis déclarés d’Israël, pour officiellement défendre d’abord la cause des Palestiniens, les Iraniens, en visant les Etats-Unis, se sont appropriés les combats anticolonialistes et anti-impérialistes en devenant les chefs de file, les Rambos des actions terroristes et en remettant au goût du jour la doctrine initiale de l’Islam : l’islamisme politique.

C’est l’avènement de la République islamique qui a fait émerger une force chiite particulièrement puissante au sein du processus du renouveau de l’islamisation politique du Moyen-Orient. L’antagonisme entre les deux entités est le principal moteur des crises et guerres dans la région depuis plus de 40 ans, et il se propage en dehors de celle-ci, touchant en particulier l’Europe avec l’exportation récurrente du terrorisme islamiste sur son sol.

L’Iran a inversé le statu quo qui prévalait depuis les années 1950

C’est pour contrer l’exportation de la révolution et de l’idéologie khomeyniste que l’Arabie saoudite a de son côté multiplié son soutien financier aux groupes salafistes, en construisant notamment des écoles coraniques et des mosquées, non seulement dans les pays arabes, mais aussi en Occident et en Europe, pour propager le wahhabisme.

Les attentats du 11 septembre 2001 et la réponse américaine d’envahir d’abord l’Afghanistan et ensuite l’Irak en 2003 ont donné des ailes aux ambitions iraniennes d’étendre son hégémonie sur le Proche-Orient, face à un monde arabo-musulman affaibli et divisé. Et la politique de désengagement de l’ancien président américain Barack Obama du Proche-Orient, conjuguée à l’accord sur le nucléaire iranien en 2015, a octroyé à Téhéran plus de moyens, laissant le monde Arabe dans le désarroi.

Les Iraniens se sont alors infiltrés dans les pays arabes où la présence de musulmans chiites a permis la création de connivences transnationales et même de milices, permettant ainsi à Téhéran un retour en force sur la scène moyen-orientale. Les dirigeants iraniens ne cachent plus leurs ambitions sur le monde musulman du Moyen Orient mais les succès politiques à caractère expansionniste ont comme conséquence majeure de transformer la guerre que faisait les djihadistes d’el Qaeda contre l’Occident en guerre ouverte entre sunnites et chiites.

C’est la frustration des sunnites se sentant écrasés par des régimes chiite en Irak et alaouite en Syrie, soutenus par l’Iran, qui a été l’un des facteurs déclencheurs de l’émergence de l’État islamique en Irak et en Syrie, tristement célèbre par l’horreur absolue de sa violence.

Aujourd’hui, Israël a signé des accords de paix avec l’Égypte et la Jordanie. Discrètement mais activement Israël coopère aussi avec plusieurs pays du Golfe comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Oman, Bahreïn, etc., pour se prémunir, en matière de sécurité et combattre le terrorisme.

Au lieu d’unir les musulmans, arabes et sunnites derrière lui, l’Iran a inversé le statu quo qui prévalait depuis les années 1950. En cherchant à être hégémonique et leader du monde musulman, la révolution iranienne qui se voulait révolution islamique, incluant l’ensemble des musulmans, s’est transformée finalement en une guerre fratricide entre musulmans. Il y a une polarisation extrême du conflit communautaire qui déstabilise toute la région du Moyen Orient plongée dans le chaos.

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Commentaires (1)

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Ce commentaire a été minimisé par le modérateur du site

C'est un peu compliqué toutes ces histoires de chiites et sunnites. Avec l'islam, difficile de s'y retrouver. Même les Arabes entre eux ne peuvent pas se supporter à cause de cette religion de "paix".

Arnaud Borriello
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