Qu'elles soient sociétales, économiques ou écologiques, les crises se ramassent à la pelle

Les crises fondamentales, qu'elles soient économiques, hégémoniques ou écologiques, s'additionnent simultanément et leurs conséquences bousculent les pouvoirs du monde entier. De nombreux chercheurs, concernés par l'étude de ces crises, prétendent que l'organisation économique et sociale actuelle est destinée à s’écrouler, de manière plus ou moins traumatisante, dans un délai proche estimé au maximum à quelques décennies.

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Un peu partout, le courant de pensée de la collapsologie fait de plus en plus d'adeptes. Cette nouvelle discipline, plus ou moins scientifique, et souvent sujette à dérision, étudie les conséquences probables d'un effondrement planétaire et systémique imminent sur l'organisation sociale existante. Dans leurs arguments, les adeptes de cette matière justifient la crainte d’une prochaine crise mondiale amenant à un effondrement dramatique des sociétés sur la quasi-totalité de la planète. Evidemment, rien ne permet de fixer des délais précis, ni même approximatifs. Les hypothèses avancées, pour décrire ce que pourrait être la nouvelle forme d'organisation sociale susceptible de remplacer l'actuelle, ne sont que de vagues élucubrations.

L’économie stagne depuis bientôt 20 ans

Malgré le regain de vitalité de certains pays, dont les nouveaux taux de croissance économique sont soutenus, la crise économique, qui a éclaté dans les pays occidentaux en 2007 et 2008, a laissé des traces qui persistent encore aujourd'hui. En particulier pour les membres de l’Union européenne. L’économie stagne depuis bientôt 20 ans pour de nombreux pays européens comme la France. L’économie réelle, sensiblement stagnante, est toujours suspendue à un développement de bulles financières qui finissent toujours par éclater en produisant une crise économique, suivie et surmontée, à son tour, du développement d'une nouvelle bulle.

La stagnation économique, avec pour conséquences le chômage et l’atteinte du pouvoir d’achat des classes populaires, concerne essentiellement les pays développés. Les nombreux pays en développement résistent assez bien et connaissent une croissance économique plutôt robuste. Cela signifie qu’il s’agit d'une crise générale de l'organisation sociale actuelle, le signe d'un changement possible au sommet du pouvoir mondial. Il s’agit avant tout d’une phase historique qui voit la prédominance des pays occidentaux défiée par une nouvelle centralité des pays en développement dont des pays asiatiques et notamment la Chine.

Les nations hégémoniques déclinent et les nouvelles nations s'élèvent

Les nations hégémoniques déclinent et les nouvelles nations s'élèvent. Le système est entré en crise quand l’investissement productif a cessé de garantir un niveau de profit acceptable. C’est cette perte de profit qui a conduit les puissances bancaires à se financiariser à la recherche d'un taux de profit élevé. Par les spéculations qu’elle entraîne, cette financiarisation représente la source de la crise. Par le biais de tensions, de drames, de guerres, la crise économique et hégémonique actuelle est résolue avec l’ouverture d’une nouvelle phase de forte croissance économique dominée par la Chine, peut-être liée à des innovations technologiques actuellement imprévisibles.

Une des caractéristiques spécifiques aux crises actuelles est forgée par la dégradation accélérée de la nature, sous toute ses formes, et par les conséquences humaines liées aux phénomènes climatiques. L’écologie est devenu à la fois un terrain de manipulation des peuples, mais malheureusement également un sujet majeur de préoccupations et de craintes pour la vie, voire la survie de l’humanité, d’ici la fin du siècle.

La crise écologique concerne essentiellement le changement climatique

Cependant, ce phénomène climatique peut être maîtrisé grâce à de nouvelles avancées technologiques et à la bonne volonté des pays pour mettre en place de nouvelles conditions et pratiques de vie. En attendant de nouvelles découvertes scientifiques ou d’innovations technologiques de grande portée, le monde risque de manquer de ressources peu coûteuses à exploiter. Tous les bassins de ressources utilisés s'épuisent rapidement. La crise écologique actuelle représente les premiers temps de la fin de l’organisation sociale sur laquelle le monde a été ordonné au cours des deux derniers siècles.

La crise écologique concerne essentiellement le changement climatique, l'épuisement des ressources carbonées, la pollution des terres et des mers, sans oublier les conséquences de la démographie surtout en Afrique. Il est difficile de réaliser les conséquences véritables sur la survie de l’humanité dans le court laps de temps qui nous est attribué avant que le changement climatique ne devienne irréversible.

Une vague de contestation qui risque de balayer la planète

C’est cette accumulation de phénomènes qui conduit aux crises économiques et au choc des impérialismes, ainsi qu'à la prédation contre la nature, considérée à tord comme une réserve infinie de ressources. La fin de l’organisation sociale actuelle ne découlera pas d’un des facteurs de crise mais de leur interaction. Les décennies à venir risquent d’être dominées par le contraste entre les États-Unis et la Chine, chacune des deux puissances étant vraisemblablement au centre d’un système d’alliances.

Probablement aucun de ces problèmes, pris isolément, ne serait de nature à provoquer l’effondrement de notre civilisation actuelle. Cependant, il semble raisonnable de croire que leur accumulation peut finalement provoquer une rupture décisive. Il est donc nécessaire de réfléchir à la manière de prévoir le maintien de niveaux minimaux de civilisation pour faire face au monde de la période de l’effondrement. La prise de conscience des organisations sociales et des peuples inaugure une vague de contestations qui a déjà commencé et qui risque de balayer la planète.

Les masses populaires manifestent pour revendiquer plus d’autonomie

Deux tendances principales caractérisent notre époque en ce qui concerne la politique et la gouvernance des Etats. La prédominance de la montée en puissance de dirigeants autoritaires est portée par une vague nationale et populaire. Dans les pays où ce profil dirige, la volonté affirmée de reprendre le contrôle de la conduite de leur pays, face à la mondialisation, est réaffirmée et entraîne un désir de souveraineté nationale. Par ailleurs les nombreux mouvements de contestation populaires, un peu partout sur la planète, avec des objectifs variés présentent des ressemblances formelles incontestables.

Que ce soit à Hong Kong ou à Barcelone, les masses populaires manifestent pour revendiquer plus d’autonomie ou obtenir plus de reconnaissance de leur besoins. Ailleurs, comme par exemple dans les villes libanaises, les manifestants réclament le départ d’une classe politique estimée incompétente et corrompue. En Irak, une situation semblable pousse à la révolte contre la mainmise d’une classe dirigeante, conservatrice et théocratique, qui s’est accaparée le pouvoir. En Iran, des mouvements de rue sont réprimés avec une grande violence par les forces de police et l’armée tenues par des religieux quasi-fascistes. Des événements similaires apparaissent un peu partout comme à Santiago, à Moscou, en Argentine, au Brésil et dans nombre de régions d’Afrique, ce qui provoquent les vagues massives de migration vers l'Europe.

Les causes des protestations sont toujours spécifiques, mais l’atmosphère actuelle est emplie d’un air de révolte qui s’étend partout sur la planète. Un sérieux risque d’embrasement dont personne ne sait sur quoi il peut déboucher n’est plus une chimère. Le succès ou l’échec de ces mouvements de protestation de masse dépendent dans une très large mesure de la manière dont les médias décrivent les événements à travers les messages véhiculés.

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Commentaires (1)

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Ce commentaire a été minimisé par le modérateur du site

Très bon article, même s'il fait peur il dépeint les réalités de notre société. Peut être que la prochaine génération, étant né au milieu de tout ça réagira davantage.

Emmanuelle Palla
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