Retour des djihadistes : le maître chanteur Erdogan tient ses promesses

Les combattants de l'Etat islamique, emprisonnés par les forces présentes aux Moyen-Orient, devraient être renvoyés vers leur pays d'origine, selon les récentes annonces de la Turquie. Le Président Erdogan prouve ainsi que ses menaces adressées sous forme de chantage d'une invasion de l'Europe par des criminels dangereux n'étaient pas fictives.

Après le retrait décidé le 9 octobre par Donald Trump des forces militaires américaines installées dans le nord-est de la Syrie, le gouvernement turc s'est empressé d'intervenir militairement dans la région. Erdogan attendait patiemment depuis des mois que pareille situation lui permette de s'en prendre à ses ennemis "de l'intérieur", les milices Kurdes présentes sur les front de la Syrie. Le moment était propice pour "nettoyer" la région en renvoyant vers leur pays d'origine les quelques milliers de prisonniers, combattants de l'Etat islamique et leur famille, qui ne sont pas de citoyenneté syrienne ou turque.

Erdogan compte éviter ainsi toute polémique au sujet de leur jugement et les coûts afférents à leur emprisonnement, et surtout faire un pieds de nez aux dirigeants européens dans la mesure où de nombreux prisonniers sont originaire de pays membres de l'Union européenne. Les premiers retours ont commencé et déjà dans la matinée du 10 novembre un combattant de l'Etat islamique muni d'un passeport américain a été renvoyé dans son pays d'origine.

D'ici 2025 ou 2030, 90% de ces condamnés seront libérables

Selon les informations fournies par le ministre de l'Intérieur turc, Suleiman Soylu, la Turquie aurait fait prisonniers, lors de son intervention du mois d'octobre, 287 combattants de l'Etat islamique. Dans l'ensemble des prisons turques, environ 1 200 autres combattants sont emprisonnés. Ankara est décidé à renvoyer tous les détenus étrangers vers leur pays d'origine, qu'ils possèdent encore leur citoyenneté ou non. Les déchéances de citoyenneté ne seront pas prises en compte.

Dans sept camps d'internement des Forces démocratiques syriennes (SDF), environ 12 000 prisonniers, dont 2 000 citoyens qui ne seraient ni syriens ni irakiens, sont entassés dans des conditions très difficiles. C'est grâce à une alliance formée de forces de défense israéliennes, soutenue militairement par la Russie et par les Etats-Unis, dirigée par les Kurdes, que les djihadistes de l'Etat islamique ont été vaincus. Plusieurs dizaines de milliers de sympathisants et membres de leurs familles sont également détenus dans le centre de détention d'Al-Hol.

A maintes reprises et sans succès, le gouvernement "autonome" kurde avait demandé à leurs homologues occidentaux de bien vouloir récupérer leurs criminels djihadistes. Les dirigeants européens, en particulier Français et Allemands, dont le manque de courage fait encore ses preuves, espérait pouvoir jouer le rôle de Ponce Pilate en reportant "la patate chaude" sur une instauration improbable d'un tribunal pénal international pour juger leurs djihadistes. Evidemment, la plupart des États n’ont pas reconnu la région autonome kurde en tant que partenaire au regard du droit international, et donc le tribunal pénal international est devenu ce qu'il a toujours été, une tarte à la crème.

Plusieurs dizaines de détenus auront vite purger leur peine

Si la France récupère, comme il faut maintenant s'y attendre, ses djihadistes, leurs avenirs dépendra de la justice française. Il est à craindre que les peines prononcées seront très nettement inférieures à ce que la majorité du peuple français pourrait s'attendre. Après les jugements et la prison, il faut dès à présent prévoir une nouvelle disposition pour se prémunir des risques, qui pourraient devenir des certitudes, de voir de nouveaux attentats perpétrés sur le sol français, par ces djihadistes déterminés, aujourd'hui incarcérés en France et qui, d'ici quelques années, retrouveront leur liberté.

Cela concerne plusieurs dizaines de détenus condamnés pour des faits de terrorisme, parfois abominables, qui auront vite purger leur peine. Ce nouveau défi est posé à la justice française qui tient entre ses mains la responsabilité des conséquences de drames dont la probabilité qu'ils adviennent est très forte. D'ici 2025 à 2030, 90% de ces condamnés seront libérables, et sans doute libérés, dans la mesure où ils n’encourent tout ou plus qu'un maximum de 10 ans de prison.

Déjà des mesures spécifiques ont été prises pour la surveillance et l'administrations des détenus. Pendant toute la durée de la détention, les détenus estimés les plus dangereux sont placés à l'isolement et des dispositifs spéciaux sont mis en place dans les quartiers réservés à déterminer le niveau de radicalisation des prisonniers. La question du dispositif de suivi après la libération d'hommes et de femmes dont la dangerosité est difficile à évaluer se posera ensuite.

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