Coronavirus : l'Etat s'est trouvé un ennemi sur lequel il n'a aucune prise

Ces dernières années, un état de peur s'est manifesté dans la conscience des individus. D'après la conception de l'Etat par Thomas Hobbes (1588-1679), le pouvoir doit produire et instiller la peur, tout en assurant la sécurité de ses citoyens. Quitte à se trouver un ennemi planétaire.

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La philosophie politique qui apparaît aujourd'hui très clairement, radicalement matérialiste et rationaliste, est inspiré de la pensée de Thomas Hobbes, un philosophe anglais dont l’œuvre majeure, Le Léviathan, eut une influence considérable sur la philosophie politique moderne, par sa conceptualisation du contrat social qui fonde les bases de la souveraineté mais aussi du libéralisme.

L'État nous rend responsable des résultats

La pandémie du coronavirus offre un prétexte idéal à la panique collective, dont le peuple a paradoxalement besoin. Ainsi, ce cercle vicieux entre les gouvernants et les citoyens permet une limitation importante des libertés, acceptée au nom d'une volonté d'augmenter la sécurité. Ce sont les gouvernements eux-mêmes qui interviennent désormais pour satisfaire la sécurité des personnes.

Quand il n'y a pas d'ennemis, il faut en inventer. L'état d'exception est devenu le paradigme normal du gouvernement; Il nous invite évidemment à penser au renouvellement incessant de la figure de l'ennemi, en plus des nouvelles lois terroristes et de la militarisation de nos villes. Une fois le terrorisme épuisé comme cause de mesures exceptionnelles, une épidémie meurtrière devient opportunément le prétexte idéal pour les étendre au-delà de toutes limites.

Ce besoin réel de panique collective est au centre du contrat social de Hobbes. Pour passer de l'état naturel, défini par la guerre de tous contre tous, à la société civile qui régule les animosités, il est nécessaire et raisonnable d'accepter un contrat par lequel chaque citoyen est en mesure de gagner, en se soumettant, la sécurité et la liberté. Même s'il s'agit de remplacer une fiction par une autre, ces histoires produisent évidemment des effets réels. Afin d'assurer la stabilité de l'État, le pouvoir doit produire et instiller la peur, tout en assurant la sécurité de ses citoyens.

Ce n'est donc pas un hasard si Hobbes, l'un des philosophes les plus étudiés aujourd'hui dans les facultés de sciences politiques, a été l'un des premiers à considérer le corps comme une métaphore de l'État. Du corps politique au corps individuel, la novlangue nous vend l'idée que nous devons prendre soin de nous, alors qu'au contraire, il est évident que le corps est la cible par excellence du pouvoir souverain. Le pouvoir dévoile un approfondissement de la société de contrôle, puisqu'il s'exerce à la fois sur l'individu et sur la population, changeant radicalement les termes du contrat. L'échange de droits et de devoirs entre l'Etat et les citoyens subit alors une transformation en intégrant des devoirs de l'État en chaque citoyen. Le peuple se doit d'assumer des droits réservés à l'Etat. En langage plus simple, l'État nous rend responsable des résultats, si la crise est correctement résolue, c'est grâce à l’État, dans le cas contraire, l'échec sera celui du peuple.

Le vrai et le faux sont interchangeables

Aujourd'hui, les citoyens s'organisent entre voisins, de façon volontaire et autonome, afin d'éloigner le danger de leur quartier. Mais si la situation tournait mal, il faudrait tristement étendre le concept de "camp de concentration" à la planète entière ! Le coronavirus deviendrait alors la cause d'un état d'exception planétaire, une arme de destruction massive de la peur. Aucun théoricien du complot n'aurait osé imaginer une telle chose.

On ne sait jamais toute la vérité sur quoi que ce soit. Dans le monde spectaculairement inversé, le vrai et le faux sont interchangeables. La vie réelle de chaque individu s'est dégradée en un univers spéculatif. Nous sommes tous philosophes par essence car nous sommes tous capable de penser, et nous apprenons à le devenir par nécessité, et commençons à remettre automatiquement en question tout ce que nous portons, tout ce que nous transmettons, tout ce que nous vendons. L’'état d'exception est devenu le paradigme normal du gouvernement qui cultive un imaginaire de catastrophe dont les problèmes nous concernent sans aucun doute, mais sur lesquels nous n'avons aucune prise.

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