En France, la liberté d'expression est régulièrement attaquée

En France, dans notre démocratie d’après-guerre, les premiers signes tangibles d’atteintes à la liberté d’expression remontent à la loi Pleven de 1972 qui introduit le délit de provocation publique à la haine raciale. Depuis, la liberté d'opinion subit une pression restrictive de plus en plus forte.

Les dirigeants ont pris la mauvaise habitude de légiférer, pour une cause ou une autre, en fonction du bruit entonné dans les médias par des groupes de pression déterminés. Ainsi, les lois sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus liberticides pour plaire à toutes les minorités revendicatives.

Bien entendu a liberté d'expression ne consiste pas à dire ce que l'on veut sans aucune restriction. La loi a depuis longtemps tracé des limites raisonnables et essentielles de ce qui est permis de dire ou non. Mais aujourd'hui la pensée unique est à l'affût de tous mots qu’elle peut censurer selon son humeur. Ainsi, la loi a crée une situation qui rend le débat difficile, parfois impossible, et amène à considérer l'utilisation des sites communautaires peu sûr pour émettre ses réelles opinions. Même les expressions ont la vie dure. "Montrer pâte blanche" est possible. Prendre "un petit noir", à la terrasse ou au comptoir du bar d’à coté, est plus risqué.

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions

La liberté d'expression est comme un filet de pêche dans lequel 400 lois et articles des Codes pénal et civil vous harponnent, encouragés par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, pourtant très mesurée. Cette Déclaration affirme dans ses articles 10 et 11 que :

"Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi […] la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi."

Chaque nouvelle loi a pour objectif de serrer le maillage du filet pour que l’audacieux contrevenant à une de ces lois de circonstances soit d’abord ostracisé socialement puis poursuivi juridiquement. Fort heureusement, certains médias lucides, ou simplement opposés aux discours et interprétations tyranniques des bien-pensants, comme l’a écrit le magazine Valeurs actuelles, se retrouvent investi d’une mission à accomplir, celle de parler au peuple.

La censure la plus courante est l’œuvre des médias

Certains sont convaincus que toute forme de censure doit être proscrite. Cependant, il est nécessaire de censurer les propos nauséabonds prononcés par les islamistes radicaux tout en refusant par contre de considérer que ce qui est assimilé à de l’islamophobie et au blasphème le soit aussi. La suprématie des idées théocratiques, en l’occurrence islamiques, prétend à la liberté d'expression en la niant. C'est là le paradoxe actuel. Ils utilisent la liberté d'expression pour interdire la critique de l'islam.

La censure la plus courante est l’œuvre des médias et de leurs représentants journalistes et éditoriaux, mais les politiciens sont également à mettre dans le même panier. Comme a pu le montrer l’affaire Nutella, et comme l’exigent les sponsors et publicitaires, les médias ont besoin de s'appuyer sur des sources de financement, d’où l’asservissement à la publicité commerciale. Les journaux qui refusent l'influence des sponsors, philanthropes, mécènes ou lobbys, sont contraints de privilégier la production de nouvelles et de réflexions ciblées pour des publics partisans. La publicité produit une censure implicite que tout journaliste applique parfaitement.

Nous sommes au point où le principe selon lequel la liberté de chacun de décider du contenu est mis en cause et où la protection de l'anonymat de la source d'informations nécessaire pour prévenir les représailles est bafouée. En dehors des atteintes à la loi telle qu’elle était en 1972, toute opinion devrait pouvoir être exprimée et être licite sans risque de censure et de coup de ciseau. Sans liberté d’expression, aucun débat ne peut se dérouler sans langue de bois et non-dit, sans confrontation d’idées.

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