Esquisse d'une critique du monde moderne

Fondamentalement narcissique, la société capitaliste se présente avec la promesse de la plénitude permanente pour les consommateurs aliénés et se perçoit comme une sorte de nouveau paradis centré sur le besoin et le désir qui doit toujours être satisfait. Mais à quel prix ?

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A l’écoute de tous les changements de la société humaine engendrés par le mondialisme économique et financier, les émergences de pays-continents, les mutations de populations et la déculturation de masse, le charme du nouveau monde, envahi de technologique et d’immatériel, est le fruit de l’imaginaire qu’il provoque dans sa description.

La vie réelle se dissout, remplacée par l’enchantement d’une promesse

Tout repose sur les besoins et les désirs impératifs et individuels qui conditionnent la vie terrestre devenu le temps nécessaire pour désirer et consommer. Cependant, les désenchantements, inhérents à tout désir, sont aussitôt compensés par un nouveau désir, un nouveau rêve. L’humanité bascule sous l’emprise de l’asservissement, ce qui lui laisse peu de temps pour prendre conscience de son état d’être vivant sur une scène dont le scénario, écrit par d'autres, lui donne l'illusion d'être l'acteur principal de sa propre vie, alors qu’il est une marionnette du spectacle.

Le système ne fonctionne plus que pour stimuler les désirs, les émotions, les rêves dont le but est de créer et de renouveler des produits et services qui attirent les consommateurs et les affectent. Le temps est compté pour agir afin de freiner la régression de masse alors que les petites et illusoires émotions, qu’offre le spectacle de biens, nous invitent à rêver et à nous échapper de notre propre histoire. Même le mot culture, censé être le processus de libération par excellence, est étroitement associé au divertissement et même purement et simplement remplacé par l’amusement, le comique ou le dérisoire.

Le monde immatériel fait du peuple une masse de consommateurs-séducteurs stérilisés

Ainsi toute activité culturelle doit d’être économiquement rentable et en même temps captivante, étonnante, divertissante, ludique. Avec ses lumières, ses spectacles, ses stations multimédias, ses réseaux sociaux, ses séries TV, le nouvel appât pour enchanter le spectateur-consommateur doit provoquer l'émerveillement, la stupeur, stimuler, séduire, préparer à l'achat. La pensée est ainsi remplacée par une émotion fugace. La multiplication des émissions de télé-achat sur toutes les chaines de tous les pays, le nombre inimaginables de sites de vente accessibles sur le web dont les publicités innombrables font la fortune des Google, Amazon, Facebook et consorts, sont les signes tangibles du changement du monde.

Les voyageurs-consommateurs qui voyagent, par millions, partout dans le monde, visitent des monuments, sans rien voir vraiment, occupés à faire leurs "selfies" garantes des expériences sensorielles rapidement remplacées par d’autres émotions du même genre. Le corps, devenu un réceptacle où circulent les moments émotionnels, sans réflexion, mais empreint de jouissance rapide, est l’objet de la guerre commerciale, est devenu de la viande de marché.

Le consommateur-captif cultive des rêves de grandeur sous la forme d'un destin personnel et privé, mais les vit comme étranger distant de son narcissisme. L’abstraction prend le pas et s’affirme, la vie réelle se dissout, remplacée par l’enchantement d’une promesse qui le concerne, déconnecté de toute réalité. Il vit alors le délire régressif du droit à tout et la possibilité que tout ne se réalise que pour lui. "Il ou elle veut", "il ou elle désire", "il ou elle a le droit à ou de", "il ou elle est seul-e maître de sa vie", autant d'expressions signifiantes pour le nouveau paradis terrestre.

Nous payons déjà l’addition que les nouveaux comportements impliquent

L’accélération du rythme des désirs crée un fossé en passe de devenir infranchissable entre le principe de plaisir et le principe de réalité. Le monde immatériel fait du peuple une masse de consommateurs-séducteurs stérilisés et vidés de leurs traditions culturelles et de l’esprit de leur culture et de leur langue maternelle. Alors qu’ils rejettent et refusent ce que les générations précédentes leur proposaient, ils n’ont déjà plus rien à transmettre aux générations futurs.

C’est dans ce contexte que toutes les nouvelles embûches apparaissent comme une réponse à ce dérèglement général, alors que le nouveau paradigme se distingue par son utopisme et sa non-pertinence, il ne reste que la séduction dans laquelle l’autre est le moyen de satisfaire son propre narcissisme. La politique, le sacré, l'idéologie ne sont plus partie prenante de l’offre concrète, multiforme, en perpétuelle mutation, qui ne s'adresse qu’au particulier et à ses plaisirs. Une nouvelle force d'attraction centrée sur la relation à soi a pris le relais, soutenue non pas par l'imagination d'un avenir meilleur pour l'humanité mais par les promesses d'une jouissance immédiate de l'individu.

Le jeu de la séduction n'exclut personne et s’installe partout et chez tout le monde. Les grandes ambitions de changer le monde disparaissent au profit de la magie car elle permet de faire l'expérience de la joie de voir, de montrer, de vivre le plaisir narcissique de la satisfaction et de la divinisation de soi. Mais nous payons déjà l’addition que les nouveaux comportements impliquent avec les dérèglements climatiques, l’hyper démographie, le saccage de la planète, des crispations économiques et sociales, les débats idéologiques, les prétentions communautaires, les remises en cause sociétales, les tensions pré-guerrières. Le mondialisme dévoile ses limites.

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