L'école est victime de la transformation de la société

Toutes les études concernant le niveau scolaire des jeunes Français montrent que les élèves de l'année 2019 en savent moins que ceux de la génération précédente qui était déjà entachée d’un niveau plus faible que celui des années 1970-2000.

Plus les enquêtes se succèdent et moins le doute est permis. Les élèves français maîtrisent moins bien les fondamentaux que leurs homologues des pays voisins. Les réformes récurrentes mises en place par les ministres de l’Education nationale successifs n’ont modifié cette tendance que vers le bas. Une société fonctionnelle est le produit d'un bon système d'éducation, en tant qu’institution sociale, influencée par les diverses structures et forces sociales qui façonnent les politiques, les pratiques et les résultats de la scolarisation.

Dans la plupart des sociétés, l'éducation est considérée être comme l'un des principaux moyens de développement personnel, de réussite et de mobilité sociale. Pierre angulaire de la démocratie, le fonctionnement réel de cette institution au sein de la société est essentiel. Le système éducatif est devenu un mirage chargé de trop de fonctions sociales. Pour que l’éducation remplisse ses nombreuses fonctions, divers types de transformations doivent être mis en place pour que les écoles et le processus d’éducation soient aussi opérationnels que possible. Tous les problèmes rencontrés dans le système éducatif peuvent devenir très préjudiciables à la société dans son ensemble, s'ils ne sont pas étouffés dans l'œuf, rapidement.

Les problèmes du système éducatif ne sont pas uniquement d'origine politique. Peu importe qui est au gouvernement, la nature de l'éducation sera toujours gravée dans le marbre pour atteindre ou servir un objectif donné, dans une société et une nation démocratiques. En tant que schéma, ou méthode, organisé selon un ensemble de principes ou de procédures. Les progrès technologiques ont sans aucun doute contribué à transformer l'environnement d'apprentissage dans les écoles, grâce à l'introduction de tableaux intelligents et à l'utilisation généralisée des ordinateurs.

À une époque où les gens attendent beaucoup plus des services publics que la moyenne et où les parents peuvent à juste titre demander plus aux écoles de leur quartier, il n’est plus propice pour certaines écoles de se débrouiller. Les problèmes du système ne font que s'aggraver, car il ne concerne plus seulement ceux du système, mais la société elle-même. Les données confirment l’idée que la fracture socio-économique est le problème le plus important en matière d’éducation. Les écoles devraient faire plus pour défier les stéréotypes liés au sexe et à la couleur de peau.

Si l’Education nationale ne redresse pas rapidement la barre, les conséquences à plus ou moins long terme seront désastreuses pour tout l'économie du pays. Mais heureusement il semble enfin que pour la première fois depuis bien longtemps une prise de conscience a émergé chez les responsables politiques et de la fonction publique. Encore faut-il qu’elle permette de se transformer en actes. Déjà de nombreux pays ont réussi à redresser la barre. Il faut se donner les moyens d’inverser la tendance grâce à une détermination sans faille.

Un constat désastreux

En 2013, l’enquête Pisa de l’OCDE a provoqué, cette fois, de vrais remous. La France n’a jamais été classé en haut de la liste mais dans le classement international destiné à comparer les niveaux des élèves des pays de l’OCDE, ses résultats rendus publics en décembre ont fait l'effet d’une bombe. Non seulement il s'agit d'un décrochage sans précédent de la France par rapport à nos voisins, mais il faut y voir un accroissement des inégalités entre les élèves jamais constaté auparavant.

Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon de l'époque, qui a opéré sous la présidence de François Hollande, a pris un vrai coup de poing. Le choc a été tel qu'il n’a eu d’autre choix que de reconnaître publiquement que les résultats des élèves français étaient "de plus en plus mauvais", d'autant plus que le classement Pisa n’est pas la seule enquête à aboutir à un constat aussi désastreux. L’étude internationale PIRLS, qui mesure les performances en compréhension de l’écrit des élèves en fin de quatrième année de scolarité obligatoire (CM1 pour la France) avait déjà montré qu'en 2011, les écoliers de CM1 lisaient moins bien que leurs homologues Européens (54 pays pris en compte par l'étude). Elle aussi soulignait alors les inégalités grandissantes entre les meilleurs élèves et les moins bons. Les résultats PIRLS de 2016 ont présenté une nouvelle chute, encore plus importante, du niveau en lecture des écoliers. Et les choses ne semblent pas s'arranger.

La compétition du mérite n'empêche pas les inégalités

Pour expliquer les raisons de cette faillite, tous les arguments sont de sorti sauf un : celui du changement de sociologie du pays. C'est pourtant celui qui explique la difficulté à attirer les enseignants expérimentés dans les établissements difficiles. Ce serait aussi une des raisons de la baisse du niveau dans les zones d’éducation prioritaire.

Depuis la Libération, le Parti communiste (PC) et ses "compagnons de route" ont fait peser sur la société française une chape de plomb dont l'ouvrage de Jean Sévilla, Le terrorisme intellectuel, ne donne qu'une assez faible idée. Aujourd'hui ultra-minoritaire dans les urnes, cette chapelle dans l'Éducation nationale continue à régir un peu tout en sous-main. Les votes au sein des syndicats enseignants donnent une majorité sans appel à la tendance issue du PC.

L'école doit distinguer le mérite de chacun indépendamment de sa naissance ou de son origine sociale. Mais en pratique, la compétition du mérite n'empêche pas les inégalités sociales et ne préserve nullement les perdants d'une humiliation d'autant plus cruelle qu'on les a persuadé de leur médiocrité. L'avenir de l'école ne se tient pas dans son passé.

Devenez auteur, devenez weborateur !
Connectez-vous et proposez vos articles à la rédaction. Ils pourront être publiés dans le Journal.

Commentaires (0)

Proposer un article
Aucun commentaire publié pour l'instant. Soyez le premier !